Erlkönig (créature)

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Erlkönig

Description de cette image, également commentée ci-après

The Erlking, par Albert Sterner vers 1910.

Créature

Autres noms Ellerkonge, Roi des aulnes
Groupe Créature du folklore
Proches Elfe

Origines

Origine Folklore scandinave
Région Europe
Première mention Ballades scandinaves
Erlkönigs Tochter 1778
Le Roi des aulnes, 1782

L'Erlkönig (Roi des aulnes) est un personnage représenté dans un certain nombre de poèmes et ballades allemands comme une créature maléfique qui hante les forêts et entraîne les voyageurs vers leur mort. Le nom allemand Erlkönig est une erreur de traduction remontant au XVIIIe siècle du danois Ellerkonge qui signifie « roi des elfes ».

La créature a été rendue populaire par le poème de Goethe Der Erlkönig [Le Roi des aulnes] , et par le lied du même nom de Schubert.

Origines[modifier | modifier le code]

En tant que personnage littéraire, l’Erlkönig tient ses origines dans un archétype européen commun : la fée ou la sirène, créature séduisante mais mortelle (que l’on peut comparer à La Belle Dame sans merci et à la Nixe)[1].

Dans sa forme originale présente dans le folklore scandinave, la créature féminine légendaire est la « fille du Roi des elfes » (Ellerkongens datter)[citation nécessaire]. Des histoires semblables existent dans de nombreuses ballades scandinaves où une ellerkone (« femelle elfe ») a été chargée d’attraper des humains pour satisfaire leur désir, la jalousie et la soif de vengeance[2].

La fille du Roi des Elfes[modifier | modifier le code]

Johann Gottfried von Herder a introduit ce personnage dans la littérature allemande avec Erlkönigs Tochter, une ballade publiée en 1778 dans son recueil Stimmen der Volker en Liedern. L’œuvre était fondée sur une ballade populaire danoise publiée en 1739 dans la Danske Kaempevisor[2]. Herder a entrepris une traduction libre, mais incorrecte du nom danois « Ellerkonge » comme « Erlkönig », « Roi des aulnes ». La confusion semble avoir pour origine le mot allemand « Erle », « Aulne » en français. Outre cette erreur de traduction, on a supposé qu’Herder essayait d'identifier l’esprit malveillant du conte original avec un démon des bois (d'où le roi des aulnes)[3].

L'histoire, comme racontée par Herder, dépeint un homme du nom de Sir Oluf chevauchant pour son mariage mais attiré par la musique des elfes. Une elfe vierge, la fille du Ellerkonge, apparaît et l'invite à danser avec elle. Il refuse la proposition et son offre de cadeaux et d'or. De colère, elle le frappe et l'envoie à terre, le visage pâle de mort. Le lendemain matin, le jour de son mariage, son épouse le retrouve à cet endroit mort, sous son manteau d'écarlate[2].

La version de Goethe[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Roi des aulnes (poème).

Bien qu’inspiré par la ballade de Herder, Goethe ne retient pas la description par l’auteur et l’origine scandinave du personnage. Le protagoniste du poème de Goethe, der Erlkönig est, comme son nom l'indique, le Roi lui-même plutôt que sa fille. En outre, dans la version de Goethe, le Roi s’attaque à des enfants plutôt qu’à des adultes du sexe opposé, et les motivations du Roi ne sont pas clairement exposées. L'"Erlkönig" de Goethe est beaucoup plus proche de la représentation germanique des elfes et Valkyries - une force de la mort plutôt qu'un simple esprit magique[2].

La ballade a été mise en musique par Franz Schubert, qui en a fait l'un des lieder Romantiques les plus connus.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joep Leerssen, On the Celtic Roots of a Romantic Theme, dans Configuring Romanticism: Essays Offered to C.C. Barfoot, p.3. Rodopi, 2003 (ISBN 904201055X)
  2. a, b, c et d Lorraine Byrne, Schubert's Goethe Settings, pp. 222-228 (ISBN 0754606953)
  3. John R. Williams, The Life of Goethe: A Critical Biography, pp. 86-88. Blackwell Publishing, 2001. (ISBN 0631231730)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]