Eric Temple Bell

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Eric Temple Bell (né le à Peterhead (en), Écosse – mort le à Watsonville, États-Unis) est un mathématicien et auteur de science-fiction. Ses œuvres de fiction ont été publiées sous le pseudonyme de John Taine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eric Temple Bell naît le à Peterhead (Écosse). La famille déménage pour San José, Californie alors qu'il est âgé de 15 mois. La famille retourne à Bedford, Angleterre après la mort de son père, le . En 1902, Bell retourne aux États-Unis en passant par Montréal.

Bell étudie à l'université Stanford et à l'université Columbia (où il est étudiant de Cassius Jackson Keyser), puis à l'université de Washington et plus tard au California Institute of Technology.

Ses recherches portent sur la théorie des nombres, en particulier les séries de Bell. Il a essayé, bien que sans succès, de donner une rigueur logique au traditionnel calcul ombral (à l'époque connu sous le nom de « méthode symbolique » de Blissard). Il travaille aussi beaucoup sur les fonctions génératrices, traitées comme des séries entières, sans se soucier de leur convergence. Il est à l'origine des polynômes de Bell et des nombres de Bell en combinatoire. En 1924 il reçoit le prix Bôcher pour son travail en analyse.

Eric Temple Bell meurt le à Watsonville, États-Unis).

Fiction et poésie[modifier | modifier le code]

Au début des années 1920, Bell a écrit quelques longs poèmes. Il a aussi écrit quelques romans de science-fiction, et a de façon indépendante inventé certains des premiers artifices et des idées de science-fiction[1]. À cette époque, seul The Purple Sapphire était publié, sous le pseudonyme de John Taine ; ceci avant Hugo Gernsback et la publication du genre science-fiction. Ses autres nouvelles ont été publiées plus tard, sous forme de livres et en épisodes dans des magazines.

Écrits sur les mathématiques[modifier | modifier le code]

Les Grands mathématiciens, un livre de biographies, a poussé beaucoup de personnes vers les mathématiques. Cependant les historiens des mathématiques ont mis en doute la précision de beaucoup de ses récits :

  • un chapitre fit pour la première fois un récit populaire sur une mathématicienne du XIXe siècle, Sofia Kovalevskaïa.
  • Bell a fait d'Évariste Galois un personnage romanesque, à tel point que Tony Rothman décrit sa biographie par Bell comme une fiction, la création d'une légende[2].
  • sa biographie de Georg Cantor, qui a réduit l'importance de ses relations avec son père et avec Leopold Kronecker à des stéréotypes, a été depuis souvent et sévèrement critiquée[3].

Développement des mathématiques, son dernier livre, a eu moins de succès. Constance Reid pense pourtant qu'il a moins de faiblesses.

Le dernier problème, de publication posthume, est un hybride entre histoire sociale et histoire des mathématiques.

Publications[modifier | modifier le code]

Publications mathématiques[modifier | modifier le code]

  • The Cyclotomic Quinary Quintic, Lancaster, Pennsylvania, The New Era Printing Company, 1912, 97p. (sa thèse)
  • An Arithmetical Theory of Certain Numerical Functions, Seattle Washington, The University, 1915, 50p.
  • Algebraic Arithmetic, New York, American Mathematical Society, 1927, 180p.

Livres sur les mathématiques[modifier | modifier le code]

Traduction de Men of mathematics, Bibliothèque scientifique, Payot
  • Debunking Science, Seattle, University of Washington book store, 1930, 40 p.
  • The Queen of the Sciences, Stechert, 1931, 138 p.
  • The Search for Truth
    • Baltimore, Reynal and Hitchcock, 1934, 279 p.
    • Williams and Wilkins Co, 1935
  • Man and His Lifebelts
    • New York, Reynal & Hitchcock, 1938, 340 p.
    • George Allen & Unwin Ltd, 1935, 2nd printing 1946
    • Kessinger Publishing, 2005
  • Men of Mathematics (en)
    • New York, Simon and Schuster, 1937, 592 p.
    • (fr) Traduction : Les grands mathématiciens, trad. et préf. de Ami Gandillon, Payot, vii + 615 p., 1939 (rééd. 1950, 1961)
  • The Development of Mathematics
    • New York, McGraw-Hill, 1945, 637 p.
    • Dover Publications, 1992
  • The Magic of Numbers
    • Whittlesey House, 1946, 418 p.
    • New York, Dover Publications, 1991, (ISBN 0-486-26788-1), 418p.
    • Sacred Science Institute, 2006
    • (fr) Traduction : La Magie des nombres, tr. de S. Fabre et P. Goyard, Payot, 319 p., 1952
  • Mathematics: Queen and Servant of Science (1951)
    • (fr) Traduction : La Mathématique, reine et servante des Sciences, tr. de R. de Saint-Seine, 361 p., Payot, 1953.
  • The Last Problem
  • Numerology, Hyperion Books, 1979, (ISBN 0-88355-774-6), 195 p.

Romans[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • The Singer (1916)

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Time makes fools of us all. Our only comfort is that greater shall come after us. »[5]
  • « En mathématiques, "évident" est le mot le plus dangereux. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Constance Reid, The Search for E.T. Bell, also known as John Taine, Washington, MAA,‎ 1993, x, 372 p. (ISBN 978-0-88385-508-9, LCCN 93078369) :

    « "La plupart des écrivains de fiction sont, après tout, principalement des écrivains de fiction," écrivit Glenn Hughes, professeur de littérature anglaise à propos de Bell. "Certains peuvent montrer une certaine finesse dans la création de personnages et d'actions, mais aucun ne surpasse Bell dans la grandeur de conception et la précision du détail. On a toujours la sentiment mystérieux qu'il joue avec les probabilités, et la plupart de ses rêves les plus extravagants ne sont rien que la prévisualisation des pires cauchemars de la race humaine. »

  2. (en) Tony Rothman, « Genius and Biographers: The Fictionalization of Evariste Galois », Amer. Math. Monthly, vol. 89, no 2,‎ février 1982, p. 84-106, JSTOR 2320923, citation p. 103
  3. Voir (en) Ivor Grattan-Guinness, « Towards a Biography of Georg Cantor », Ann. Sci., vol. 27,‎ 1971, p. 345-391.
  4. Brève présentation de Le flot du temps (The time stream) et de son auteur, sur un site personnel
  5. Site brainyquote, Traduction : « Nous sommes tous affolés par le [manque de] temps. Notre seul réconfort est qu'il y en aura bien plus après nous. »

Liens externes[modifier | modifier le code]