Equilibrium (film)

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Equilibrium

Réalisation Kurt Wimmer
Scénario Kurt Wimmer
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Fantastique, science-fiction
Sortie 2002
Durée 107 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Equilibrium est un film américain de science-fiction de Kurt Wimmer sorti en 2002.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le monde[modifier | modifier le code]

Libria, 2070. Le monde a vécu un terrible holocauste nucléaire. Les survivants, atterrés par leur propre déchéance, ont cherché à trouver un remède à l'inhumanité de l'homme envers l'homme. D'aucuns pensèrent alors que ce qui conduit l'homme à ces extrémités est sa faculté émotionnelle, sa capacité à ressentir, à désirer, à haïr.

Ils proposèrent alors un remède simple mais efficace contre ce mal : le prozium.

Le prozium est une substance puissante qui a pour effet de neutraliser les sentiments, de ne plus permettre à la haine, à la violence ni à la colère d'exister… tout comme les nobles sentiments qui ne peuvent plus s'exprimer. Ainsi, amour, passion, joie, tristesse et toutes les autres formes de sentiments existants ont été « sacrifiés » pour permettre à la société de vivre en harmonie, en paix.

Ce prozium, que tous prennent désormais sans réfléchir, dans un automatisme extrême, a permis à une société pseudo-religieuse de s'installer. Ainsi, il existe une vraie société hiérarchisée autour de l'ordre des Tetra-Grammatons dont la tête est le Père et dont la main exécutive, les soldats de l'ordre, sont les recteurs Grammatons ou ecclésiastes.

Ces ecclésiastes sont formés à la détection et l'éradication des déviants émotionnels (des rebelles qui refusent de prendre leur prozium ou qui osent avoir des sentiments et protègent des œuvres d'art — des tableaux, des livres proscrits par les Tetra-Grammatons). Ils ont, pour les aider dans leur tâche, développé un art martial d'une terrible efficacité : le « gun-kata » (kata des armes à feu) qui leur permet d'être bien plus efficaces et meurtriers (l'efficacité au combat augmente de 120 % avec 63 % de tirs mortels en plus) que tout autre belligérant tout en restant statistiquement en dehors des trajectoires les plus fréquentes de ripostes.

Cela leur permet de juguler la montée des rebelles, et même de les affaiblir, voire de les faire disparaître à courte échéance.

Le scénario[modifier | modifier le code]

Au cours d'une « descente aux enfers » (comprendre « éradication d'un groupe de rebelles »), John Preston (Christian Bale), le plus haut gradé (et le plus doué) des Ecclésiastes Grammaton, s'aperçoit que son coéquipier Partridge (Sean Bean) montre quelques signes d'une possible déviance émotionnelle. En parfait Ecclésiaste Grammaton, Preston le dénonce à son supérieur Dupont (Angus Macfadyen) et se charge de l'éliminer. Mais cet évènement le perturbe quelque peu, malgré le prozium.

Preston se retrouve alors avec un nouveau coéquipier, Brandt (Taye Diggs), et tout recommence comme avant… ou presque. Puis, un jour, Preston casse par maladresse son ampoule de prozium et ne parvient pas à s'administrer sa dose à temps. Il commence alors à ressentir des émotions. Mais étant premier des ecclésiastes Grammaton, il ne peut pas le montrer sous peine de mort. Les sentiments qui l'assaillent — depuis qu'il a refusé de prendre sa dose — commencent à le pousser à la révolte contre le système.

C'est alors que le Père (Sean Pertwee) décide de lancer la destruction totale et définitive de tous les déviants émotionnels.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

  • Titre original : Equilibrium
  • Réalisation: Kurt Wimmer
  • Scénario : Kurt Wimmer
  • Décors : Wolf Kroeger
  • Costumes : Joseph A. Porro
  • Photographie : Dion Beebe
  • Montage : Tom Rolf et William Yeh
  • Musique: Klaus Badelt
  • Effets spéciaux : Gerd Feuchter, Torsten Knapp
  • Producteurs : Lucas Foster et Jan De Bont
  • Sociétés de production : Dimension Films, Blue Tulip Productions
  • Sociétés de distribution : Miramax Films, Buena Vista International, RCV Film Distribution, TFM Distribution
  • Budget : 20 000 000 $
  • Pays : Drapeau des États-Unis États-Unis
  • Langue : anglais
  • Format : couleur - 35 mm - 2,35:1 - son DTS, Dolby Digital, SDDS
  • Dates de sortie : 6 décembre 2002 (États-Unis), 9 juillet 2003 (France)

Distribution[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

  • 2003 : American Choreography Awards, États-Unis, Jim Vickers (Fight Choreography)
  • 2003 : PFCS Award, Phoenix Film Critics Society Awards

Autour du film[modifier | modifier le code]

Equilibrium est une œuvre très controversée, principalement pour son scénario qui lorgne de manière très nette sur certaines œuvres littéraires (1984 , Fahrenheit 451). L'histoire du film ressemble d'ailleurs fortement au roman Le Meilleur des mondes, d'Aldous Huxley. Une comparaison de ces deux histoires révèle une analogie marquante entre le Prozium d'Equilibrium et le Soma d'A. Huxley ainsi que le signe de T repris à plusieurs endroits.

Le scénario peut être également rapproché du roman contre-utopique Un bonheur insoutenable d'Ira Levin (1970), dans lequel les hommes prennent un traitement médical régulier afin de ne pas éprouver de réelles émotions si ce n'est celle d'un bonheur artificiel. L'analogie avec le prozium d'Equilibrium, inhibant toute émotion, est patente (bien que le film ne se prévale d'aucun lien avec cet ouvrage, pas plus qu'avec 1984 ou Le Meilleur des Mondes).

Par ailleurs, le film comporte quelques erreurs, comme des faux raccords ou des incohérences scénaristiques (notamment, La Joconde sur toile présentée comme authentique alors que l'originale est une huile sur bois, par ailleurs bien plus petite que celle présentée dans le film).

L'erreur la plus troublante est celle de l'échange des pistolets : après avoir assassiné des nettoyeurs, Preston est arrêté par son propre coéquipier, Brandt, et amené devant le vice-consul pour être condamné. Seulement, en consultant le suivi des armes de chacun, le vice-consul se rend compte que c'est l'arme de Brandt qui a tué les nettoyeurs, et non celle de Preston : il en conclut que Brandt est coupable (du moins il fait semblant, puisqu'ils sont de mèche).

Face à la situation, Brandt a un flash-back dans lequel il se rappelle que Preston lui a rendu une arme au cours d'une opération d'élimination menée dans les Enfers. Le spectateur en conclut logiquement (puisque le flash-back le montre) que c'est à ce moment-là que Preston a échangé son arme avec celle de Brandt. Or cette scène se déroule après l'assassinat des nettoyeurs : il n'est donc pas logique que l'échange se produise à ce moment puisque le mal est déjà fait.

Selon imdb[1], qui s'appuie sur le script d'origine, le flash-back aurait dû montrer une autre scène, illustrant véritablement l'échange : il s'agit d'une scène ou Preston et Brandt discutent près d'une voiture blanche, et où Preston troque subrepticement son arme contre celle de Brandt. La scène que l'on voit dans le flash-back n'illustre que la fin du subterfuge : ayant fait son affaire, Preston rend l'arme du crime à Brandt. Notons au passage qu'il ne rend qu'une seule arme, alors qu'il apparait clairement qu'il en utilise deux lorsqu'il abat les nettoyeurs les uns après les autres.

On peut aussi citer le fait que tout au long du film, et malgré l'effet du prozium qu'il est censé prendre régulièrement. Brandt manifeste aussi des sentiments puisqu'il réagit avec colère à l'arrestation de Preston. De même pendant la scène finale avant et dans le bureau de Dupont, Brandt réagit avec un large sourire lorsqu'il sent qu'il domine Preston.

Il faut toutefois replacer ce film vis-à-vis de son budget : 20 millions de dollars, ce qui est environ le prix d'une production de série B de nos jours. Handicapé par un slogan provocateur (« forget the Matrix », référence directe au film The Matrix) et ayant bénéficé d'une sortie en salles très limitée, Equilibrium est passé inaperçu au cinéma. Néanmoins, depuis sa sortie sur VHS et DVD, le film fait aujourd'hui l'objet d'un culte chez bon nombre de cinéphiles pour son esthétique, les thèmes abordés et surtout ses chorégraphies de combat.

Le succès du film à long terme a incité son réalisateur, Kurt Wimmer, à réaliser une suite spirituelle : Ultraviolet.

Pour Equilibrium, Kurt Wimmer s'est surtout inspiré de THX 1138, premier film de George Lucas, dans lequel la police gouvernementale porte un habit de motard avec son casque (dans Equilibrium ils portent des manteaux de cuir avec des casques de moto) et où le héros se révolte lui aussi après la mort de sa compagne avec laquelle il connait l'amour. De plus dans THX 1138 aussi, les hommes vivent sous perfusion ou sédatifs.

Deux versions[modifier | modifier le code]

Il existe deux versions de ce film en français : la version VFF (zone 2) et une version québécoise (VFQ). Leurs différences persistent dans la narration.

Dans la version VFF, on parle d'ecclésiastes, alors que dans la VFQ, ce sont des recteurs. Certaines phrases diffèrent selon les versions. (VFF : la montre « qui fait tic-tac », VFQ : la montre « qui étreint les heures » ; VFF : « j'ai déroulé mes rêves sous tes pieds », VFQ : « sous tes pas j'ai déroulé mes rêves »…).

Références[modifier | modifier le code]

Liens[modifier | modifier le code]