Épitaphe
|
|
Cet article est une ébauche concernant la littérature.
Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.
|
Une épitaphe (du grec ἐπιτάφιος / epi, "sur" et táphios, « tombeau », par exemple des jeux funèbres ou une oraison funèbre) est une inscription funéraire, placée sur une pierre tombale ou un monument funéraire. Cela peut être un objet donné à une civilisation comme signe de paix.
Dans la Grèce antique, l’épitaphe est un genre littéraire : c’est un éloge funèbre ancien.
En littérature française, l'épitaphe est aussi un genre littéraire rimé : c'est surtout ce que l'on aimerait inscrire sur la pierre tombale de quelqu'un que l'on admire, ou, au contraire, que l'on n'apprécie guère. Supposée être inscrite sur le tombeau lui-même, une épitaphe peut débuter par ci-gît ou par la formule plus moderne ici repose ou par leurs pluriels respectifs ci-gisent et ici reposent.
Sommaire |
Épitaphes célèbres [modifier]
Antiquité [modifier]
- Diophante d'Alexandrie (env. 200/214 - env. 284/298)
Son épitaphe attribuée à Métrodore (vers 500) permet de trouver l'âge de Diophante d'Alexandrie à sa mort :
- Passant, sous ce tombeau repose Diophante.
- Ces quelques vers tracés par une main savante
- Vont te faire connaître à quel âge il est mort.
- Des jours assez nombreux que lui compta le sort,
- Le sixième marqua le temps de son enfance ;
- Le douzième fut pris par son adolescence.
- Des sept parts de sa vie, une encore s'écoula,
- Puis s'étant marié, sa femme lui donna
- Cinq ans après un fils qui, du destin sévère
- Reçut de jours hélas ! deux fois moins que son père.
- De quatre ans, dans les pleurs, celui-ci survécut.
- Dis, si tu sais compter, à quel âge il mourut.
- Léonidas et ses 300 Spartiates (480 av. J.-C.)
- Passant, va dire à Sparte que nous sommes couchés ici dociles à ses ordres.
- Thalès (625? - 547 av. J.-C.?)
- Petit est ce tombeau, mais au ciel va sa gloire.
- Regarde, c'est celui de Thalès, grand esprit.
- Scipion l'Africain (235 av. J.-C. - 183 av. J.-C.)
- Ingrate patrie, tu n’auras pas mes os.
XVIe siècle [modifier]
- François Rabelais (1483? (d'après un épitaphier) - Avril 1553) :
- Pluton ! Rabelais reçois,
- Afin que toi, qui es le roi
- De ceux qui ne rient jamais,
- Tu aies un rieur désormais.
XVIIe siècle [modifier]
- Cy-gist, oui, gist, par la mort-bleu !
- Le cardinal de Richelieu ;
- Et ce qui cause mon ennui,
- Ma pension avec lui.
- Ci-gît un fameux Cardinal
- Qui fit plus de mal que de bien
- Le bien qu'il fit, il le fit mal
- Le mal qu'il fit, il le fit bien.
(par Isaac de Benserade, Gentilhomme normand, académicien 1612-1691)
- Du corps du grand Rantzau, tu n'es qu'une des parts,
- L'autre moitié reste dans les places de Mars
- Il dispersa partout ses membres et sa gloire,
- Tout abattu qu'il fut, il demeura vainqueur
- Son sang fut en cent lieux le prix de la victoire
- Et Mars ne lui laissa rien d'entier que le cœur.
- Paul Scarron (1610 - 1660)
- Celui qui cy maintenant dort
- Fit plus de pitié que d'envie,
- Et souffrit mille fois la mort
- Avant que de perdre la vie.
- Passant, ne fais ici de bruit
- Garde bien que tu ne l'éveilles :
- Car voici la première nuit
- Que le pauvre Scarron sommeille.
- Jean s'en alla comme il était venu,
- Mangeant son fonds après son revenu,
- Croyant le bien chose peu nécessaire.
- Quant à son temps bien sut le dispenser,
- Deux parts en fit, dont il soulait passer,
- L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire.
- William Shakespeare ((baptisé le) 26 avril 1564 - 23 avril 1616)
- Mon ami, pour l’amour du Sauveur, abstiens-toi
- De creuser la poussière déposée sur moi.
- Béni soit l’homme qui épargnera ces pierres
- Mais maudit soit celui violant mon ossuaire
XVIIIe siècle [modifier]
- Alexis Piron (1689-1773) :
- Ci-gît Piron, qui ne fut rien,
- Pas même académicien.
- Ci-gît Louis, ce pauvre Roi,
- On dit qu'il fut bon... mais à quoi ?
- Benjamin Franklin (17 janvier 1706 - 17 avril 1790) écrivit sa propre épitaphe à l'âge de 22 ans, mais celle-ci ne fut pas inscrite sur sa tombe.
- Le corps de
- B. Franklin, imprimeur,
- (Tel la couverture d'un vieux livre,
- dépouillé de ses feuilles,
- de son titre et de sa dorure)
- Repose ici, pâture pour les vers.
- Mais l'ouvrage ne sera pas perdu
- et reparaîtra, c'est la foi de Franklin,
- dans une nouvelle édition, plus élégante,
- revue et corrigée
- par l'auteur.
- Passant, ne pleure pas ma mort
- Si je vivais tu serais mort...
XIXe siècle [modifier]
- Here lies one whose name was writ in water.
- (« Ici repose celui dont le nom était écrit dans l'eau »)
- Mes chers amis, quand je mourrai,
- Plantez un saule au cimetière.
- J'aime son feuillage éploré;
- La pâleur m'en est douce et chère
- Et son ombre sera légère
- A la terre où je dormirai.
- Ci-gît Gressly, qui mourut d'un étrange amour pour les pierres;
- qu'il ramenait à la maison, ne calmant pas sa faim.
- Posons cette pierre. De pierre entièrement couvert, par Dieu!,
- Reposant entre des roches, il a assez de pierres..
- Une mémoire pure de sang humain.
- Général Boulanger (29 avril 1837 - 30 septembre 1891), par Georges Clemenceau :
- Il est mort comme il a vécu : en sous-lieutenant.
- Dieu fit Selles,
- Dieu défit Selles,
- Et aux vers mit Selles.
- In Loving Memory of my Beloved Son, Murdered by a Traitor and Coward Whose Name is not Worthy to Appear Here.
- (« À la mémoire de mon fils aimé, assassiné par un traître et lâche dont le nom ne mérite pas de figurer ici. »)
XXe siècle [modifier]
- Alphonse Allais (1850 - 1905)
- Ci-gît Allais - sans retour.
- Je suis un fils des monts, adopté par la mer.
- Je n'aurais pas duré plus que l'écume
- Aux lèvres de la vague sur le sable
- Né sous aucune étoile un soir sans lune
- Mon nom ne fut qu'un sanglot périssable
- Il a donné des ailes au monde.
- Maurice de Vlaminck (4 avril 1876 - 11 octobre 1958), extrait de la fin de son testament :
- Je n’ai jamais rien demandé, la vie m’a tout donné. J’ai fait ce que j’ai pu, j’ai peint ce que j’ai vu.
- En 1955, Marilyn Monroe (1er juin 1926 - 5 août 1962) suggéra elle-même que son épitaphe soit la suivante :
- Ici repose Marilyn Monroe, 97 - 62 - 92 (ne figure pas sur sa plaque)
- Martin Luther King (15 janvier 1929 - 4 avril 1968), d'après un vieux negro spiritual, qu'il a cité à la fin de son discours « I have a dream » :
- Free at last. Free at last, Thank God Almighty, I'm free at last.
- (« Enfin libre. Enfin libre, merci Dieu tout-puissant, je suis enfin libre. »
- Laissez-moi dormir ! J'étais fait pour ça !
- Groucho Marx (1890-1977)
- Je vous l'avais bien dit que j'étais malade ! (ne figure pas sur sa plaque)
- Georges Brassens (1921-1981), extrait de sa chanson Supplique pour être enterré sur la plage de Sète :
- Est-ce trop demander, sur mon petit lopin,
- Plantez je vous en prie une espèce de pin,
- Pin parasol de préférence (figure sur un écriteau près de sa tombe et de l'arbre en question)
- Eugène Ionesco (1909-1994)
- Priez le Je ne sais Qui - j'espère Jésus Christ
- Françoise Sagan (1935-2004), elle écrit sa propre épitaphe en 1998 suite à la proposition d'un journaliste :
- Sagan Françoise. Fit son apparition en 1954, avec un mince roman, Bonjour tristesse, qui fut un scandale mondial. Sa disparition, après une vie et une œuvre également agréables et bâclées, ne fut un scandale que pour elle-même.
Épitaphes d'anonymes [modifier]
- Nouveau cimetière de Villeurbanne, France
- Maudit soit le destin, qui à nous t'a ravi,
- Si ton cœur s'est éteint, dans le nôtre tu vis.
- Par J. du Lorens, France
- Ci-gît ma femme : ho! qu'elle est bien!
- Pour son repos et pour le mien.
- Sur une tombe, au XVIIe siècle, France
- Jean sous cette pierre close
- Repose (si on peut bien
- Sans faillir dire : « Il repose »
- D'un qui ne fit jamais rien).
- D. de La Monnoye sur la tombe de l'abbé de La Rivière, qui avait promis par testament, cent écus à celui qui ferait son épitaphe, France
- Ci-gît un très grand personnage,
- Qui fut d'un illustre lignage,
- Qui posséda mille vertus,
- Qui ne trompa jamais, qui fut toujours fort sage...
- Je n'en dirai pas d'avantage,
- C'est trop mentir pour cent écus.
- Arman. Armand Fernandez (1928-2005) Cimetière du Père-Lachaise France
- « Enfin seul ! ».
- Anonyme
- Un jour vous vous rendrez compte que j'avais raison!
- Anonyme Omar B.
- Live together, die alone. (Vivre ensemble, mourir seul)
- Anonyme
- « J'étais ce que vous êtes, vous serez ce que je suis » (Corneille : « On m'a vu ce que vous êtes, Vous serez ce que je suis. »)
- Anonyme au cimetière de Bernac-Debat, France.
- « J'ai peur mais quand faut y aller, faut y aller. »
- Anonyme
- « A été sauvée par des quenelles une fois... mais ca peut pas marcher à tous les coups ! »