Environnement en Chine

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
L'air de Pékin un jour après la pluie (gauche) et un jour ensoleillé mais avec le smog (droite)

L'environnement en Chine est une source très sérieuse de préoccupation depuis que la République populaire de Chine s'est lancée dans un développement sur le modèle occidental. Depuis les années 1980, la Chine a en effet privilégié un modèle de développement qui donne la priorité à la croissance économique tirée par les exportations, similaire à celui de nombreux autres pays émergents d'Asie de l'Est. La Chine a de ce fait de piètres performances sur le plan environnemental : elle se classe en effet en 2012 au 116e rang mondial de l'Environment Performance Index de l'Université de Yale[1].

Une des conséquences négatives sérieuses du développement économique chinois de ces dernières décennies est la surexploitation des ressources naturelles, l'augmentation de la pollution et du smog. De nombreux déchets encombrants ne sont pas convenablement éliminés. La pollution de l'eau est une source de problèmes de santé à travers le pays, et la pollution atmosphérique entraîne jusqu'à 1 750 000 morts prématurées chaque année[réf. nécessaire] Le Figaro en indique 300000. L'environnement pollué de la Chine est pour l'essentiel un résultat du développement rapide du pays et donc d'une grande augmentation de la consommation d'énergie primaire, qui est principalement fournie par les centrales électriques au charbon. La Revue Forbes rapporte que 10 des 10 des villes les plus polluées dans le monde sont en Chine[2].

Politique environnementale en Chine[modifier | modifier le code]

Pollutions[modifier | modifier le code]

Pollution de l'air[modifier | modifier le code]

Le développement industriel rapide de la Chine provoque une augmentation de la pollution atmosphérique, en particulier dans les grandes agglomérations du pays[3]. 29 villes chinoises, rassemblant 90 millions de citadins, ont ainsi connu plus d'un mois d'alerte à la pollution en 2013 (seuil d'alerte déclenché à partir de 150 microgrammes par mètre cube d'air de particules fines)[4]. Dans ce contexte, Li Keqiang, Premier ministre chinois, a déclaré le 13 mars 2014 que « le gouvernement punira sévèrement les émetteurs (polluants) illégaux » et ajouté que « nous allons déclarer la guerre à notre propre modèle de développement et notre mode de vie non durable et inefficace »[5].

Une étude, publiée en juin 2013, réalisée par l’ONG Greenpeace et des experts américains, est centrée sur les 196 centrales à charbon situées à la périphérie de Pékin. Cette pollution a fait mourir près de 2 000 Pékinois en 2011, et environ 8 000 dans la province du Hebei[6]. Dans le nord de la Chine, de 1981 à 2001, la pollution liée au chauffage gratuit au charbon a diminué de 5 ans et demi l'espérance de vie[7]. Au total, la pollution de l'air en Chine aurait provoqué 1,2 million de morts prématurées en 2010, soit près de 40 % du total mondial des morts prématurées dues à la pollution dans le monde[4].

Selon une étude de l'Académie américaine des sciences, les pluies acides générées par l'industrie chinoise seraient responsables de près d'un quart de la pollution aux sulfates constatée dans l'ouest des Etats-Unis[8].

Pollution de l'eau[modifier | modifier le code]

Chaque année, la Chine consomme 600 milliards de mètres cubes d'eau, soit les trois-quarts des ressources hydriques exploitables. Cette situation se traduit par d'importantes pénuries d'eau, une augmentation de la pollution des cours d'eau et la dégradation des écosystèmes aquatiques. En 2011, selon le ministère chinois des ressources hydrauliques, 40 % des cours d'eau du pays ont été sérieusement pollués par le déversement de 75 milliards de tonnes d'eaux usées et de déchets divers[9].

Le cadmium présent dans l'eau, qui sert à l’arrosage des rizières, se retrouve dans une partie importante de la production de riz[10].

Tibet : pollution de l'eau et protection[modifier | modifier le code]

Avant 2011, les eaux usées de Lhassa étaient rejetées sans traitement dans les rivières. En juillet 2011, la première usine de traitement des eaux usées, conçue pour traiter 50 000 tonnes d'eaux usées par jour, a été mise en service[11].

Gestion des déchets[modifier | modifier le code]

En raison de leur mode de vie et aussi parfois pour des raisons d'hygiène, les Chinois utilisent une part d'objets jetables en plastique, comme les couverts jetables (la production de couverts jetables atteindrait 50 milliards de pièces[12]) qui contribuent au volume de déchets.

Impacts sur les milieux naturels[modifier | modifier le code]

Impacts de l'urbanisation[modifier | modifier le code]

L'artificialisation des sols est très importante à la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle. D'après Jean-François Doulet[13], dans les années 2010, la surface urbanisée en Chine a quasiment quadruplé depuis le début des années 1980. L'artificialisation est estimée[Quand ?] à l'équivalent de deux fois la surface de l'Île-de-France chaque année ; et une estimation à 15 ans porte sur une surface équivalente à la surface actuellement urbanisée de l'Europe[14].

L'urbanisation consomme énormément de ressources non renouvelables (pétrole, eau, sable...). Elle s'est réalisée en grandes zones monofonctionnelles et en infrastructures imposantes, ce qui a créé un surcroît de mobilité avec un impact négatif sur le bilan environnemental. De plus, la construction des logements s'effectue sans adéquation avec la demande réelle, certaines villes devenant des villes fantômes[14]. On estime à 65 millions le nombre de logements vides en Chine[15].

Les politiques de villes nouvelles ou de grands projets d'infrastructures se réalisent souvent sans aucune prise en compte du site, avec des impacts environnementaux très forts (en termes de destruction de paysage, de perturbation du fonctionnement hydrologique, géologique et climatique local et donc du fonctionnement écologique des sites) : montagnes arasées (par exemple 700 sommets à Baidaoping près de Lanzhou !)[16], plaines forestières ou agricoles inondées (Barrage des Trois-Gorges dans les années 2000)... Les impacts sociaux sont également importants : populations déplacées (plus de 1,8 million d'habitants pour le barrage), destruction de sites historiques et archéologiques...

Enfin, la Chine pratique plutôt la démolition pour reconstruire que la réhabilitation, même pour son patrimoine bâti remarquable. Mais il existe aussi des projets d'écovilles et d'écoquartiers.

Pression sur les ressources non renouvelables[modifier | modifier le code]

Plaine de la Chine du Nord : pénuries d'eau[modifier | modifier le code]

Dans la grande plaine du Nord de la Chine, la pénurie d'eau s'élève à quelque 5 000 millions de mètres cubes d'eau pour les collectivités et l'industrie, et à 35 000 millions de mètres cubes pour les activités agricoles. Cela représente environ 70 % du débit total moyen à long terme du fleuve Jaune. L'importance des prélèvements dans cette zone et en aval provoque l'assèchement du fleuve avant qu'il n'atteigne la mer pendant environ 200 jours par an[17]. Cela prive l'agriculture du delta de l'eau d'irrigation nécessaire pour porter la production au maximum sur les plaines fertiles en aval, et cela incite à pomper l'eau dans la nappe phréatique, dont le niveau baisse inexorablement[18].

Ressources énergétiques[modifier | modifier le code]

La Chine est le premier consommateur d'énergie au monde (depuis 2010)[19] et le premier importateur mondial de pétrole (depuis septembre 2013)[20].

Ressources minérales[modifier | modifier le code]

Au début des années 2010, la Chine consomme 1/4 du sable extrait sur la planète, alors qu'elle compte 65 millions de logements vides[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Environment Performance Index établi par l'Université de Yale
  2. http://www.forbes.com/logistics/2006/03/21/americas-most-polluted-cities-cx_rm_0321pollute.html
  3. Chine : la très forte pollution suscite une irritation croissante Le Monde, 14 janvier 2013
  4. a et b Audrey Garric, La carte des villes chinoises les plus touchées par la pollution, blog du Monde "Chroniques pour une économie sociale et durable", le 26 mars 2014, consulté le 28 mars 2014
  5. La Chine veut relever un triple défi: emploi, corruption et environnement , dépêche AFP, site Le Point.fr, le 13 mars 2014, consulté le 13 mars 2014
  6. Pékin empoisonné à l'arsenic, cadmium et autre nicke Libération, juin 2013
  7. Harold Thibault, « Dans le nord de la Chine, le charbon gratuit a coûté cinq ans et demi d'espérance de vie », Le Monde,‎ 10 juillet 2013 (lire en ligne).
  8. Quand la pollution chinoise voyage jusqu’aux Etats-Unis, Les Echos, le 21 janvier 2014, consulté le 24 janvier 2014
  9. Yang Jian, China's river pollution 'a threat to people's lives, Shangai Daily, repris par People's Daily Online, consulté le 28 août 2013
  10. Le riz au cadmium sème la panique en Chine Le Point, juin 2013
  11. Chine : fin de la construction de la première entreprise de traitement des eaux usées à Lhassa, Le Quotidien du peuple en ligne, 15 juillet 2011.
  12. « CHINE • A table ! 50 milliards de couverts jetables », Courrier international,‎ 17 novembre 2011 (lire en ligne).
  13. géographe, directeur adjoint du Centre franco-chinois Villes Territoires
  14. a et b Sophie Landrin, « L'urbanisation chinoise, « une architecture de la photocopieuse » », Le Monde,‎ 13 février 2013 (lire en ligne).
  15. a et b Denis Delestrac, « Le sable, enquête sur une disparition. », sur Arte, Arte (consulté le 25 mai 2013).
  16. Brice Pedroletti, « Quand la Chine déplace les montagnes pour créer ses villes », Le Monde,‎ 13 février 2013 (lire en ligne).
  17. Eau et agriculture, sur le site de la FAO
  18. Lester Brown, Éco-économie, une autre croissance est possible, écologique et durable, Seuil, 2001, p. 69
  19. La Chine est le premier consommateur d'énergie en valeur absolue, mais, par habitant, elle reste loin derrière les États-Unis (quatre fois plus) ou certains États du Golfe arabo-persique.
  20. Jean-Michel Bezat, « La Chine, premier importateur de pétrole du monde », Le Monde,‎ 9 octobre 2013 (lire en ligne).

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]