Entrée (architecture)

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Une entrée désigne le passage de l'espace public (la rue) à l'espace privé (l'intérieur du bâtiment) [1].

L'entrée présente des enjeux architecturaux à la fois esthétiques et fonctionnels. Sur le plan esthétique, l'entrée est un élément visible de l'extérieur, ce qui influence fortement la perception du bâtiment. Il est donc important pour l'architecte de concevoir avec attention ce rôle d’accueil [2] afin d'optimiser cette "première impression" du visiteur. Ainsi, les éléments structuraux composants l'entrée sont souvent marqués par lestyle architectural de l'époque de leur conception (gothique, baroque, minimaliste, ...).

Sur le plan fonctionnel, l'entrée correspond à la séparation entre l'espace public et l'espace privée, et doit donc être conçue en adéquation avec le rôle du bâtiment  : entrée fortifiée d'un château-fort ou d'une prison, entrée permettant l'accès aux handicapés dans le cas d'un bâtiment ouvert au public, ... De même, la conception de l'entrée dépendra de l'environnement du bâtiment  : porche et avant-toits pour se protéger de la pluie dans les régions humides, hall et vestibule ayant un rôle de sas dans les régions froides,...

Selon son rôle, l'entrée peut être plus ou moins identifiée : l'entrée d'un bâtiment industriel ou d'un chantier est normalement clairement matérialisée, et il y est indiqué à l'aide de pictogrammes les risques pouvant être rencontrés une fois l'entrée franchie, alors que l'entrée d'une place publique ou d'un terrain n'est souvent pas matérialisée.

L'aspect structurel de l'entrée[modifier | modifier le code]

L'entrée est composée de plusieurs éléments structuraux, qui vont former une ouverture ménagée dans le mur, appelée la baie. Ce vide dans la paroi requiert un aménagement structurel permettant de dévier la descente de charge qui aurait du être récupérée par la partie de mur manquante : les linteaux, pieds-droits et arc de décharge jouent un rôle de renfort autour de l'ouverture et permettent de reprendre les efforts structuraux.

Le plus souvent, l'entrée peut-être fermée par une porte.

Par son rôle de passage obligé et d'élément de la façade, l'entrée et ses éléments avoisinants (parvis, tympan, narthex, etc.) sont de style différent selon le courant d'architecture.

L'aspect symbolique de l'entrée[modifier | modifier le code]

Dans de nombreux bâtiments religieux, l’entrée joue un rôle important, puisqu’il permet le passage d’un extérieur civil et laïque à un espace consacré. Cette particularité va être exploitée d’un point de vue symbolique de deux façons.

Un espace de séparation[modifier | modifier le code]

C’est d’abord un espace de séparation  : parce que cet espace pourra servir à séparer les fidèles des autres, les initiés des profanes .Le « pronaos » des temples grecs ( qui est réservé aux fidèles alors que le « naos » ,salle du culte, est réservé aux prêtres ) et l’entrée des édifices religieux chrétiens au Moyen-Age jouera en partie ce rôle . Il s’agit alors d’un espace propre, réservé à une catégorie de personnes. ( On retrouve cette idée dans le mot profane qui se compose d’un préfixe pro- au sens spatial de «devant» et de fanum «  le temple » alors qu’initié vient du verbe in-ire, «celui qui peut entrer»).

Un espace de transition[modifier | modifier le code]

C’est ensuite un espace de transition  : parce qu’il sert de lieu de passage, il va aussi être exploité dans le sens symbolique (le passage d’un monde matériel à un monde spirituel). Les basiliques et églises chrétiennes du Moyen-Age l’utilisaient à des fins d’édification, de réflexion en le décorant d’éléments figuratifs qui permettaient d’accueillir le fidèle, d’en élever l’âme et de l’introduire dans la spiritualité chrétienne. G.Duby analyse l’évolution du porche et du portail dans l’architecture romane et gothique: si le portail roman est puissant et empreint de rigueur, en évoquant le Dieu terrible de l’Ancien Testament, le porche gothique s’élève, se développe en figures moins symboliques mais plus représentatives et annonce par le tympan et les statues qui entourent le portail une théologie de l’Incarnation[3].

Dans les cérémonies de la franc-maçonnerie, qui s’inspirent des rituels religieux déjà existants, on retrouve le même sens symbolique au passage de l’extérieur à l’intérieur par le Naos, où le Maître de cérémonie doit établir un climat de recueillement[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]