Entorse de la cheville

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Entorse de cheville
Classification et ressources externes
Ankle.PNG
Vue latérale d'une cheville humaine et de ses ligaments
CIM-10 S93.4
CIM-9 845.00
DiseasesDB 726
MedlinePlus 003167
eMedicine topic list
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Épidémiologie et coût financier[modifier | modifier le code]

L'entorse de cheville touche en moyenne 1 personne pour 10 000 habitants par jour[1] en France. Elle est rare avant la puberté et après l’âge de 55 ans[2]. Ces chiffres se retrouvent dans la plupart des pays industrialisés développés. Son coût représente environ 1 milliard d'euros par an[réf. souhaitée].

Définition[modifier | modifier le code]

Une entorse de la cheville est l'étirement plus ou moins important d'un ou plusieurs des ligaments de l'articulation de la cheville. La définition médicale d'une entorse est une lésion ligamentaire consécutive à un traumatisme par mécanisme indirect sans perte des rapports normaux entre les surfaces articulaires, contrairement à ce qui se passe lors d'une luxation.

Au niveau de la cheville, c'est l'entorse du ligament collatéral latéral, ou ligament latéral externe ou LLE qui est de loin la plus fréquente (90 % des cas). Elle survient lors d'un mouvement d'inversion forcée du pied, c'est-à-dire lorsque le pied « part » vers l’intérieur alors que le reste de la jambe « part » vers l’extérieur.

L'entorse externe de la cheville touche dans la très grande majorité des cas le faisceau antérieur (ou talo-fibulaire antérieur). Néanmoins, on classe l'entorse en différents stades en fonction de la gravité et de la localisation de la lésion.

Classification[modifier | modifier le code]

  1. Le stade 1 correspond à un étirement (avec rupture fibrillaire) du ligament talo-fibulaire antérieur sans atteinte capsulaire. Cette lésion va entraîner une réaction vasomotrice ainsi qu'une diminution de la proprioception liés à l'atteinte des récepteurs qui sont présents dans le ligament.
  2. Le stade 2 se définit comme une rupture fasciculaire du ligament associé à une atteinte de la capsule articulaire.
  3. Le stade 3 correspond à une rupture d'un ou de plusieurs faisceaux du ligament latéral externe (le talo-fibulaire antérieur, le fibulo-calcanéen ou le talo-fibulaire postérieur).

La guérison va dépendre du type de lésion et la durée de la rééducation sera d'autant plus longue que le stade de l'entorse est important.

Traitement et rééducation[modifier | modifier le code]

Le traitement d'urgence de l'entorse de cheville doit se faire le plus tôt possible. Il correspond au protocole GREC (en anglais : RICE)[3],[4] :

  • Glaçage
  • Repos
  • Élévation
  • Compression

Le but est de protéger la lésion, de limiter l'apparition d'un œdème et de bloquer les phénomènes douloureux. Pour la suite des soins, il convient d'évaluer l'importance de la lésion (travail du médecin) et de décider si une radiographie est nécessaire. Pour cela il existe un certain nombre de critères (critères d'Ottawa[2]) qui permettent d'orienter la prise en charge. Le traitement médicamenteux qui suit une entorse de cheville est souvent composé d'anti-inflammatoires ou AINS et d'antalgiques.

Concernant la rééducation, il parait impératif de suivre des séances de kinésithérapie (entre 6 et 12 suivant la gravité de la lésion) afin d'optimiser la guérison. L'objectif du kinésithérapeute étant dans un premier temps de diminuer les douleurs et l’œdème et de récupérer les amplitudes articulaires. Pour cela, le kinésithérapeute dispose de techniques variées (cryothérapie, électrothérapie, physiothérapie, massage, utilisation de bande compressive, mobilisation active/passive, mobilisations spécifiques...).

Le second temps de la rééducation de l'entorse de cheville passe par un renforcement des muscles stabilisateurs de la cheville (muscles court et long fibulaires principalement) et un travail proprioceptif. Ce second temps est appelé reprogammation neuro-musculaire, il doit être réalisé avec des outils validés scientifiquement (Myolux par exemple) qui permettent de replacer la cheville dans des conditions qui se rapprochent le plus possible de la situation traumatique (marche, changements de direction, réception de saut...). Le but de cette reprogrammation neuro-musculaire est d'entraîner le cerveau à se protéger des entorses de cheville soit par des phénomènes de pro-activation (anticipation de la contraction musculaire) soit par des phénomènes de délestage (on évite l'entorse en « diminuant » le poids du corps appliqué sur la cheville). Ce phénomène est permis par une triple flexion hanche, genou et cheville lors du mouvement d'inversion en charge.

Ce sont ces deux stratégies qui permettent d'éviter les entorses et ainsi de prévenir les récidives à la suite d'une rééducation.

Critères et délais de reprise[modifier | modifier le code]

La reprise des activités sportives dépendra de la gravité de l'entorse et du type de sport du patient, pour cela il faut prendre en compte plusieurs critères : pas de douleur, pas d’œdème, mobilité complète, marche dans les escaliers en pente, course ... De manière générale on considère que pour une entorse de stade 1 ou 2 il faut 21 jours d'arrêt d'activité et de protection de la lésion. Pour une entorse de stade 3 il faut compter 45 jours de mise au repos.

Symptômes résiduels et risque de récidives[modifier | modifier le code]

Un des problèmes principaux lié à l'entorse de cheville vient du fait que 72 % des patients se plaignent de symptômes résiduels dans les 6 à 18 mois qui suivent l'entorse. Par ailleurs plusieurs auteurs ont montré qu'entre 50 % et 70 % des patients ont subi des récidives. C'est pourquoi la rééducation des entorses de chevilles doit se faire de manière à prévenir les récidives en utilisant les outils les plus adaptés.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (rédaction), « Reconnaître et traiter les entorses simples de cheville », Rev Prescrire, vol. 24, no 247,‎ février 2004, p. 129-134.
  2. a et b A. Leuret et al., « Actualisation 2004 de la Conférence de Consensus concernant l’entorse de cheville » [PDF], Commission de veille scientifique SFMU,‎ 28 avril 1995 (consulté le 13 juillet 2013)
  3. (en)Elizabeth Quinn, « First Aid for Soft Tissue Injuries - Start with the PRICE Protocol », About.com,‎ 27 mars 2011 (consulté le 13 juillet 2013)
  4. Lee Mancini, « RICE: Rest, Ice, Compression, and Elevation for Injuries », University of Michigan Health System,‎ 2 novembre 2005 (consulté le 13 juillet 2013)