Enstatite

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Enstatite[1]
Catégorie IX : silicates[2]
Enstatite de Birmanie

Enstatite de Birmanie
Général
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule brute Mg2O6Si2Mg2Si2O6
Identification
Masse formulaire[3] 200,7774 ± 0,0036 uma
Mg 24,21 %, O 47,81 %, Si 27,98 %,
Couleur blanc, gris, verdâtre, brun
Classe cristalline et groupe d'espace dipyramidale ; P bca
Système cristallin orthorhombique
Réseau de Bravais primitif P
Macle macle lamellaire sur {100}
Clivage distinct sur {110} et {010}
Cassure irrégulière
Habitus prismatique, lamellaire
Échelle de Mohs 5 - 6
Trait gris à blanc
Éclat vitreux, nacré
Propriétés optiques
Indice de réfraction α=1,650-1,668 β=1,652-1,673 γ=1,659-1,679
Pléochroïsme fort
Biréfringence Δ=0,009-0,011 ; biaxe positif
Propriétés chimiques
Densité 3,2 - 3,3
Propriétés physiques
Radioactivité aucune
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

L’enstatite est une espèce minérale du groupe des silicates sous groupe des inosilicates. Il fait partie de la famille des pyroxènes, de formule Mg2Si2O6 avec des traces de Fe;Ca;Al;Co;Ni;Mn;Ti;Cr;Na;K. Les cristaux peuvent atteindre 40 cm [4]

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

Décrite par le minéralogiste allemand Gustav Adolf Kenngott en 1855 ;le nom provient du grec enstates, je résiste ; en raison de l’infusibilité de ce minéral.

Topotype[modifier | modifier le code]

Berge (colline) Zdár, Ruda nad Moravou, Moravie, Tchéquie.

Cristallographie[modifier | modifier le code]

Il existe trois polymorphes.

  • le polymorphe de haute température et basse pression (protoenstatite) existe seulement pour le pôle magnésien.
  • les polymorphes de basse température sont monocliniques :
la clinoenstatite
la clinoferrosilite

Il existe deux polymorphes monocliniques, de haute (clinoenstatite haute, clinoferrosilite haute : groupe d'espace C 2/c) et basse température (clinoenstatite basse, clinoferrosilite basse : groupe d'espace P 21/c).

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

  • L'enstatite forme une solution solide complète avec la ferrosilite Fe2Si2O6.

La composition intermédiaire MgxFe2-xSi2O6, est connue sous le nom d'hypersthène bien que ce nom soit abandonné et remplacé par orthopyroxène. Quand il est déterminé on en donne les proportions d'enstatite (En) et de ferrosilite (Fs), par ex. (En80Fs20).

Synonymie[modifier | modifier le code]

  • amblystegite
  • chladnite
  • ficinite

Variété[modifier | modifier le code]

Gîtologie[modifier | modifier le code]

Les cristaux isolés sont rares mais l'orthopyroxène est un constituant essentiel de différents types de roches ignées ou métamorphiques. Les orthopyroxènes magnésiens existent dans les roches plutoniques comme les gabbros et la diorite. Ils peuvent former des phénocristaux ou des masses de grains dans les roches volcaniques comme les basaltes, les andésites ou la dacite.

L'enstatite (En90Fs10) est un minéral essentiel des péridotites et pyroxénites typiques du manteau terrestre.

Les xénolithes de péridotite se trouvent aussi fréquemment dans les kimberlites et dans certains basaltes. Les mesures des quantités de calcium, aluminium et chrome de ces xénolithes sont essentielles pour déterminer à quelles profondeurs se sont formées ces xénolithes lors de la remontée des magmas.

L'orthopyroxène est un constituant important de certaines roches métamorphiques comme les granulites.

L'orthopyroxène très proche de l'enstatite pure existe dans certaines serpentines métamorphosées.

L'enstatite est un minéral commun des météorites : on en a trouvé des cristaux dans les météorites pierreuses et ferreuses. Elle peut se présenter sous forme de petites masses sphériques appelées chondrules ou petits chondres avec une structure interne radiée.

Minéraux associés[modifier | modifier le code]

clinopyroxène, diopside, olivine, phlogopite, pyrope, spinelle.

Critères d'identification[modifier | modifier le code]

L'enstatite et les autres pyroxènes orthorhombiques se distinguent de la série monoclinique

  • par leurs caractéristiques optiques comme une extinction directe, une beaucoup plus faible double réfraction et un pléochroïsme plus important.
  • par un clivage parfait dans deux directions à 90 degrés.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zeitschrift für Kristallographie, volume 176, pp. 159(1986)
  2. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  3. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  4. (en) John W. Anthony, Richard A. Bideaux, Kenneth W. Bladh et Monte C. Nichols, The Handbook of Mineralogy : Silica, Silicates, vol. II, Mineral Data Publishing,‎ 1995