Enrico Scrovegni

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Sculpture en plâtre d'Enrico Scrovegni, par Marco Romano.
Sacristie de la chapelle des Scrovegni à Padoue (Italie)

Enrico Scrovegni membre de la famille du même nom est un banquier et prêteur qui a vécu à Padoue dans la seconde moitié du XIIIe siècle et est mort à Venise en 1336, à l'époque du peintre Giotto et du poète et écrivain Dante.

Mécène, il est connu comme le commanditaire de Giotto, demandant au grand peintre de réaliser des fresques dans l'église de l'Arena de Padoue c.1303-5, connue usuellement sous l'appellation chapelle des Scrovegni.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enrico Scrovegni, fils de Reginaldo Scrovegni (ou Rainaldo, ou Rinaldo Degli Scrovegni selon les ouvrages[1]) et de Capellina Malacapelli, a été marié deux fois, d'abord avec la sœur d'Ubertino da Carrara, puis à Jaco Pina (Giacomina) d'Este, fille de Francesco d'Este, marquis de Ferrare[2].

Il poursuit la politique monétaire initiée par son père — placé par Dante Alighieri dans le septième cercle de l'Enfer de la Divine Comédie à cause de ses gains notoirement mal acquis[3] — et l'utilise afin d'assurer son ascension politique. Étant lui-même étant un prêteur à grande échelle, la tradition veut qu'il ait fait construire la chapelle des Scrovegni et embauché Giotto pour expier ses propres péchés d'usure ainsi que ceux de son père. Ce qui peut infirmer cette idée aujourd'hui controversée est que la somptueuse chapelle était destinée à son usage personnel et reliée au grand palais attenant qu'il s'était fait construire[2]. Cette construction lui a permis de renforcer ses liens d'amitié avec l'Église et de consolider ses liens avec la noblesse et lui permettra ses deux mariages.

Giotto, chapelle des Scrovegni (fresque - 1302)
Enrico Scrovegni offre aux anges une reproduction de la chapelle des Scrovegni

À Padoue, le mécène avait auparavant fait construire le couvent des Ursulines à San Gregorio en 1294[2].

En 1320, fuyant les guerres et les troubles qui sévissent à Padoue et pour marquer son désaccord avec Jacopo de Carrara à l'encontre de Cangrande della Scala, Enrico Scrovegin s'installe avec sa famille à Venise. En 1328, il retourne à Padoue pour une courte période avant d'être officiellement banni de cette ville la même année. Marsilio da Carrara le fait revenir dans la ville de la lagune, où il a commence une nouvelle organisation du prêt. Il meurt à Venise en 1336[2].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Laura Jacobus, Giotto and the Arena Chapel: Art, Architecture and Experience, Turnhout ; New York : Brepols/Harvey Miller, 2008 (ISBN 978-1-905375-12-7)
  • (en) Anne Derbes, Mark Sandona, The Usurer's Heart: Giotto, Enrico Scrovegni, and the Arena Chapel in Padua, Pennsylvania State University Press, 2008 (ISBN 978-0-271-03256-6)
  • (it) Clario Di Fabio, « Memoria e modernità. Della propria figura di Enrico Scrovegni e di altre sculture nella cappella dell’Arena di Padova, con aggiunte al catalogo di Marco Romano », in Medioevo: immagine e memoria, I convegni di Parma, 11, atti (Parma, 23-26 sept. 2008) a cura di A.C. Quintavalle, Milan, 2009, 532-546

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Pézard le nomme Reginaldo Scrovegni (Dante, Œuvres complètes, Gallimard, 1965)
  2. a, b, c et d Laura Jacobus, Anne Derbes, Mark Sandona, 2008
  3. Divine Comédie, Enfer, XVII, 64-75, traduction et notes André Pézard, Gallimard, 1965

Source de la traduction[modifier | modifier le code]