Enrico Baj

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Enrico Baj en 1964.

Enrico Baj, né à Milan le 31 octobre 1924 et mort à Vergiate le 16 juin 2003, est un peintre italien, libertaire anarcho-pataphysicien[1],[2].

Repères biographiques[modifier | modifier le code]

En 1951, avec le peintre Sergio Dangelo (it), il fonde le Mouvement nucléaire (it), considéré comme l'équivalent italien du mouvement CoBrA[3].

En 1953, il fonde avec le peintre Asger Jorn le « Mouvement international pour un Bauhaus imaginatif » et organise les Rencontres internationales de céramique d'Albisola, auxquelles participent les peintres Matta et Roland Giguère[4].

À partir de 1955, il compose ses tableaux avec des éléments les plus hétéroclites comme des morceaux de verre, des écheveaux de laine, de la toile à matelas, des cadrans de montre. Cette même année, avec l'écrivain Édouard Jaguer, il crée la revue italienne Il gesto[5].

Après avoir rencontré Mesens à Londres, Marcel Duchamp et Arturo Schwarz à New York, il fait la connaissance d'André Breton à Paris (1962)[6].

À partir de 1965, il commence une série de collages représentant des Dames : Dame Ninette de Valois, 1974[7] et des Généraux en costume d'apparat surchargé de décorations : Lieutenant John Talbot, Premier comte de Shrewsbury,
collage tissu, papier peint, médailles et peinture, 73 × 60 cm, 1967[8].

En 1970, il réalise les Funérailles de l’anarchiste Pinelli[9], une fresque inspirée du Guernica de Picasso, longtemps interdite d’exposition[1],[10].

Pour Baj, le moteur de son inspiration n’était ni l’appât du gain, ni la gloire factice mais bien « l’esprit libertaire toujours présent dans les pulsions initiales de l’artiste. Pourquoi s’engage-t-on dans cette activité là ? Pour la liberté de l’invention, l’imagination créatrice, l’adhésion à son temps »[11].

Il a beaucoup aidé le mouvement anarchiste en Italie et ailleurs. Il a fait des dons d'œuvres au Centre International de Recherches sur l'Anarchisme de Lausanne. Leur vente à des galeries a permis le financement de plusieurs projets[12].

Enrico Baj est satrape au titre d’Imperator Analogico du Collège de ’Pataphysique de Milan.

Citation[modifier | modifier le code]

  • « L’anarchisme est la meilleure piste de lancement vers l’implosion créative. »[13]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Enrico Baj, Enrico Baj. Éditeur Filipacchi, 1980, (ISBN 285018408X).
  • Enrico Baj, Lettres 1953-1961. Éditeur Musée d'Art Moderne, Collection : Collection "Les Correspondances", 1989, (ISBN 2907571044).
  • Enrico Baj, Jean Baudrillard, Enrico Baj, Galerie Beaubourg. Éditeur La Différence, Collection : L'autre musée, 1991, (ISBN 2729106170).
  • Enrico Baj, Inactualité de l'art et Pataphysique suivi du Manuel de survie, collection "L'art en écrit", éditions Jannink, Paris, 1998.
  • Enrico Baj, Sous l'art, l'or, Éditeur Atelier de création libertaire, 2002, (ISBN 2905691832), notice éditeur.

Ouvrages collectifs[modifier | modifier le code]

  • Enrico Baj et Laurent Chollet, Grand Tableau antifasciste collectif, Éditeur Dagorno (2000). (ISBN 2910019632).
  • Enrico Baj, Gilbert Perlein, Jacqueline Péglion, et Musée d'art moderne et d'art contemporain (Nice), Enrico Baj, monstres, figures, histoires d'Ubu, exposition au Musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice, 1998-1999. Éditeur Régie Autonome Comptoirs (2000) (ISBN 2901412912).
  • Alain Jouffroy, Silvia Pegoraro et Enrico Baj, Baj chez Proust, les Guermantes, Éditeur Skira (2000). (ISBN 8881187744).
  • Matthieu Messagier et Enrico Baj, Un carnet du dedans. Éditeur Urdla (2002) Collection Avant Post. (ISBN 2914839057).
  • Enrico Baj et Paul Virilio, Discours sur l'horreur de l'art, Éditeur Atelier de création libertaire, 2003, (ISBN 2905691840), notice éditeur.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Jouffroy, Enrico Baj, Le Musée de Poche, Paris, janvier 1972.
  • Adam Biro et René Passeron, Dictionnaire général du surréalisme et de ses environs, Office du livre, Fribourg, Suisse, et Presses universitaires de France, Paris, 1982, p. 44.
  • Gabriele Huber, Enrico Baj und die künstlerischen Avantgarden 1945-1964. Éditeur Mann (Gebr.), Berlin (2003) (ISBN 3786119961).
  • Otto Hahn, Voyage à trois : Enrico Baj, Hervé di Rosa, Richard di Rosa. Éditeur Au Même Titre (2000) (ISBN 2912817048).
  • José Pierre, L'Univers surréaliste, Somogy, Paris, 1983, p. 302.

Articles[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
  2. Harry Bellet, Enrico Baj, peintre "libertaire anarcho-pataphysicien", Le Monde, 19 juin 2003, notice nécrologique.
  3. Acronyme de « Copenhague, Bruxelles, Amsterdam ». Éphémère mouvement créé en 1948 (et dissous en 1951), en réaction à la querelle entre l'abstraction et la figuration. Les principaux membres fondateurs sont Pierre Alechinsky, Karel Appel, Pol Bury, Asger Jorn.
  4. Biro & Passeron, op. cit.
  5. Biro & Passeron, op. cit.
  6. Biro & Passeron, op. cit., et Alain et Odette Virmaux La Constellation surréaliste, La Manufacture, Lyon, 1987, p. 295
  7. reproduction dans Biro & Passeron, p. 45
  8. Reproduction dans Pierre, op. cit., p. 278
  9. Voir en ligne.
  10. L'Éphéméride anarchiste : Giuseppe Pinelli
  11. Chantier biographique des anarchistes en Suisse : notice biographique.
  12. Centre International de Recherches sur l'Anarchisme (Marseille) : notice biographique.
  13. Artothèque Poitiers : notice biographique.
  14. La consultation de la notice nécessite l'inscription sur le site.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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