Ennezat

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Ennezat
Église d’Ennezat
Église d’Ennezat
Blason de Ennezat
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne
Département Puy-de-Dôme
Arrondissement Riom
Canton Ennezat
Intercommunalité Communauté de communes de Limagne d'Ennezat
Maire
Mandat
Jacques Curé
2008-2014
Code postal 63720
Code commune 63148
Démographie
Population
municipale
2 408 hab. (2011)
Densité 132 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 53′ 55″ N 3° 13′ 28″ E / 45.8986, 3.2244 ()45° 53′ 55″ Nord 3° 13′ 28″ Est / 45.8986, 3.2244 ()  
Altitude Min. 308 m – Max. 333 m
Superficie 18,31 km2
Localisation

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Ennezat

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Ennezat

Ennezat est une commune française, située dans le département du Puy-de-Dôme en région d'Auvergne. Elle fait partie de l'aire urbaine de Clermont-Ferrand.

Ses habitants sont appelés les Nazadaires.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Ennezat est située au cœur de la Limagne, riche terre de l'Auvergne, entre deux rivières, l’Ambène et la Morge. Les habitants se nomment nazadaires. Elle se trouve à 8 kilomètres de Riom.

Le nom de Limagne vient du latin lacus magnus, c’est-à-dire « grand lac ». En effet, il y a 23 millions d’années la Limagne était recouverte par un immense lac. Pendant longtemps par la suite, elle a donc été occupée par les marais, asséchés tardivement (1930) et qui ont laissé place à une terre noire et fertile.

Proximité de la commune[modifier | modifier le code]

Rose des vents Pessat-Villeneuve (6,3)
Varennes-sur-Morge (5,8)
Clerlande (3,4)
Martres-sur-Morge (4,4) Surat (4,9)
Saint-Ignat (4,6)
Rose des vents
Riom (8,8) N Saint-Laure (5,1)
Entraigues (2,8)
O    Ennezat[1]    E
S
Clermont-Ferrand (17,1) Chappes (3,2) Chavaroux (5,7)

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

La ville est desservie par les routes départementales 210 de Clermont-Ferrand à Randan et 224 de Riom à Thiers. Cependant elle est traversée par la D 210G.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site a été occupé tôt par les Gaulois et les Romains, installés sur des buttes (découverte de débris divers, probablement préceltiques). C’était un lieu de passage important (de par sa situation géographique : Ennezat s’ouvre sur le bassin parisien), un carrefour entre plusieurs terroirs (montagnes, coteaux, plaines céréalières), comme toutes les villes de Limagne. Au Moyen Âge, la région est peu sûre mais Ennezat ne connut pas de période de troubles et au Xe siècle c'était une ville assez importante. En 955, à l'appel de l'évêque de Clermont, les seigneurs d'Auvergne se réunissent pour reconnaître l'autorité du Comte de Poitiers et Guillaume Tête-d'Etoupe eut celle sur le pays d'Auvergne. Vers 1060 un chapitre de douze chanoines est fondé par le duc Guillaume VI d'Aquitaine en l'honneur des saints Victor et Couronne. La situation politique à cette époque était compliquée : l’église, le château et le bourg appartenaient au comte d’Auvergne. Mais une seconde ville fut créée à côté et appelée « Villeneuve ». Elle était construite sur un plan géométrique. L’espace entre les deux villes (Ennezat-le-Chastel et Ennezat-Villeneuve) resta inoccupé jusqu’au XIXe siècle. Même si la ville était divisée en deux bourgs, elle avait une paroisse commune mais pas d’administration. Son économie était bonne : il existait deux foires depuis 1341 et deux autres s’y installèrent en 1556. En 1588, Ennezat devient une des Treize Bonnes Villes d’Auvergne. La seigneurie d’Ennezat fut supprimée avec la Révolution en 1789. Au XIXe et au XXe siècle la culture de la betterave se développa mais la ville ne prospéra pas.

Administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008 ... Jacques Curé PS  
Les données manquantes sont à compléter.

Ennezat fait partie de la communauté de communes de Limagne d'Ennezat.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 2 408 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 137 2 393 2 420 2 557 1 513 1 516 1 509 1 517 1 507
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 542 1 441 1 442 1 374 1 302 1 301 1 214 1 220 1 208
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 246 1 213 1 214 1 011 1 005 934 864 777 869
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
838 913 1 312 1 729 1 915 2 044 2 239 2 293 2 408
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[2] puis Insee à partir de 2004[3])
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Si on connaît la date de fondation du chapitre, rien n'est certain au sujet de celle de l'église. En effet, il semble peu probable pour les spécialistes qu'elle ait été construite en même temps (1060). D'une part, les premiers édifices cohérents de ce type en Auvergne n'ont été créés qu'à partir du début, voire de la seconde moitié du XIIe siècle (Notre-Dame du Port, Orcival, Saint-Austremoine à Issoire…). D'autre part, la nef ne va pas dans le sens d'une construction au XIe siècle mais plutôt dans la seconde moitié du XIIe siècle. L'église a une particularité puisqu'elle a un double style : roman et gothique, l'architecture gothique s'appuyant sur l'architecture romane.

Le narthex, la nef et le transept sont les seules parties romanes conservées. Elles sont en arkose, une pierre calcaire qui proviendrait de carrières au nord du département. La nef de l'église mesure environ 18 mètres de longueur, ce qui est plutôt important (légèrement plus grande que Notre-Dame du Port à Clermont-Ferrand).

Les parties gothiques sont les suivantes : une salle capitulaire (transformée en sacristie depuis le XVIe siècle) et une tourelle d'escaliers en poivrière, le chœur avec son déambulatoire et ses cinq chapelles rayonnantes. Le chœur est particulièrement long et imposant et a été voulu ainsi par les chanoines d'Ennezat, afin de renforcer leur prestige. Les parties gothiques sont en andésite, c'est-à-dire en pierre de lave (aussi appelée pierre de Volvic), qui donne une couleur noire à cette partie gothique, l'opposant ainsi à la couleur claire de l'arkose.

L'église a subi de nombreuses modifications au XIXe siècle, lors de campagnes menées par l'architecte local Mallay pour les Monuments historiques.

À l'intérieur, le programme décoratif de la partie romane est remarquable par ses chapiteaux. On y voit ainsi le chapiteau dit « de l'usurier ». Il s'agit d'un homme mort soulevé par deux démons. Il porte autour du cou une bourse et entre ses pieds est sculptée une aulula (sorte de pot en terre rempli de pièces). Une banderole soutenue par deux scribes porte une inscription latine : « Cando usuram acepisti opera mea fecisti » qui peut être traduite par « Quand tu as pratiqué l'usure tu as fait mon œuvre ». Les autres chapiteaux ont plutôt une influence antiquisante : sirènes, centaures, aigles et griffons. On peut aussi remarquer dans le transept deux triplets à mitre triangulaire participant au décor et typiques de l'Auvergne.

Au-dessus de la croisée du transept se trouve une coupole ovoïde reposant sur des trompes, à 15 mètres de hauteur, et soutenant un clocher à deux niveaux.

Le chœur gothique se compose d'une abside, d'un déambulatoire et de 5 chapelles rayonnantes. Il est divisé en trois vaisseaux sur plan barlong. On peut voir 4 clés de voûte saillantes représentant un laïc, un personnage couronné avec des clous dans la main (Saint-Louis), un évêque et enfin l'archange saint Michel. Les chapelles sont dédiées au Sacré-Cœur, à saint Michel, à saint Victor et sainte Couronne, à saint Blaise et enfin à saint Joseph.

On peut voir dans la partie gothique de l'église deux peintures murales remarquablement préservées. Côté sud se trouve une peinture à la cire représentant le Jugement dernier, dans des tons rouge et or. Le Christ, au centre, partage les élus et les damnés et envoie les premiers dans la cité céleste tandis que saint Michel attend les seconds en Enfer.

La seconde peinture est une fresque divisée en deux registres horizontaux. Sur le registre inférieur est peinte une présentation de la famille du chanoine Robert de Bassinhac, donateur de la peinture. Le registre supérieur est une représentation des « Trois morts et des Trois Vifs ». On peut y voir deux seigneurs à cheval ainsi qu'une femme, tous les trois à la chasse, faisant face à trois squelettes. Ces trois seigneurs voient en fait leur propre mort, il s'agit d'un avertissement.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • M. Deshoulieres, Ennezat, Clermont, Congrès archéologiques de France,‎ 1924
  • B. Phalip, L’Église d’Ennezat : l’œuvre romane, Congrès archéologiques de France, Basse-Auvergne, Grande Limagne,‎ 2000
  • J.-P. Ravaux, L’Église d’Ennezat : les campagnes gothiques, Congrès archéologiques de France, Basse-Auvergne, Grande Limagne,‎ 2000
  • J. Vissouze, Monographie de l’église Saint-Victor et Sainte-Couronne d’Ennezat
  • A.-G. Manry et P.-F. Aleil, Histoire des communes du Puy-de-Dôme : Arrondissement de Riom
    « Le canton d'Ennezat » p. 85 à 87 ; « Ennezat » p. 98 à 106
  • Marcel Laurent, Le canton d’Ennezat pendant la Révolution, Chez l’auteur,‎ 1974, 134 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Communes proches d’Ennezat sur le site Lion 1906. Distances à vol d’oiseau depuis le centre
  2. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  3. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011

Liens externes[modifier | modifier le code]

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