Récits d'enlèvement par les extraterrestres

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Les récits d’enlèvement par les extraterrestres[1]ont pour thème un enlèvement initié par des créatures originaires d’une autre planète que la Terre. La communauté scientifique n’accorde aucune base réelle à ces récits. Ils suscitent de la controverse même au sein de l'ufologie. La controverse réside essentiellement dans l'opposition entre l'absence de preuves scientifiques et l'apparente sincérité de certains témoignages. Selon le système de classification de Hynek, l'enlèvement par extraterrestres se classe comme « rencontre rapprochée du 4e type » (RR4). Le premier récit d'enlèvement rapporté sous hypnose est celui du couple Betty et Barney Hill aux États-Unis, en 1961. Depuis, des milliers de personnes dans le monde et principalement aux États-Unis prétendent avoir été enlevées par des extraterrestres. Plusieurs explications psychologiques et psychosociales existent pour comprendre ce qui pousse des gens à imaginer et à croire leurs récits d'enlèvement par extraterrestres.

Principales caractéristiques des récits[modifier | modifier le code]

L'ufologie distingue deux types de témoins, les « contactés » et les « abductés » (ou « ravis », victimes de rapt)[2]qui décrivent chacun des récits spécifiques.

Récits des « contactés »[modifier | modifier le code]

Les « contactés » prétendent que les extraterrestres les auraient enlevés pour leur faire part d'un message. George Adamski, Claude Vorilhon (alias Raël) et Meng Zhaoghu sont des exemples célèbres de personnes « contactées ». Meng Zhaoghu a même affirmé qu'il s'était fait enlever et violenter par des extraterrestres géants avec six doigts. Les créatures horribles lui auraient confié vivre sur la planète Jupiter[3][4].

Récits des « abductés », ou « ravis » (victimes de rapt)[modifier | modifier le code]

Les « abductés » prétendent que les extraterrestres les auraient soumis à des procédures invasives. Leurs récits furent analysés à partir des années soixante avec l'affaire du couple Hill (considéré comme étant le premier cas d'« abductés ») ce qui mit en évidence une séquence narrative de base restée assez constante au fil du temps[5][6][7][8][9].

Insertion d'objet ou de matériel biologique[modifier | modifier le code]

Le récit comporte l'introduction d'objets dans diverses parties du corps chez la femme et l'homme ou d'embryons dans l'utérus de la femme.

Hybrides humain-extraterrestres[modifier | modifier le code]

Depuis environ le début des années deux mille, un scénario inattendu s'est développé parallèlement aux récits d'« abductés » classiques. Selon David M. Jacobs, historien et spécialiste des récits d'« abductions », au lieu de subir les procédures de type médical à bord de l'OVNI, les personnes affirment parfois demeurer dans leur voisinage pour y rencontrer des êtres « hybrides ». Les êtres « hybrides », ou transgéniques, sont vraisemblablement issus d'un projet secret entrepris de longue date par les extraterrestres de croisements génétiques complexes entre humains et extraterrestres[10].

Certains êtres « hybrides » humain-extraterrestres sont physiquement semblables aux humains et peuvent se confondre avec eux. Ce sont ces hybrides à l'apparence très humaine qui sont sélectionnés pour s'intégrer à la société humaine tout en passant inaperçus. Ils sont aidés dans cette tâche délicate par des kidnappés dont le rôle est de leur enseigner les compétences nécessaires à leur intégration à la société humaine, qui se déroule aujourd'hui de façon clandestine, et dont la finalité possible pourrait être la domination de la planète Terre[11][12][13].

Explications psychologiques et psychosociales[modifier | modifier le code]

Les organisations de sceptiques et la grande majorité de la communauté scientifique rejettent les enlèvements par extraterrestres. S'appuyant sur le modèle sociopsychologique du phénomène ovni, ils expliquent que ce qui motive les gens à imaginer et à croire leurs récits est la combinaison de symptômes de la paralysie du sommeil et du syndrome des faux souvenirs. Ces faux souvenirs sont générés par une forme spécifique d'hypnose, une hypnose prétendument « régressive », à laquelle ont fréquemment recours les enquêteurs qui interrogent les présumées victimes d'enlèvement et qui serait censée ramener à la conscience leurs expériences verrouillées dans leur subconscient.

Problème de l'exactitude de l'hypnose et de la fiabilité de la mémoire[modifier | modifier le code]

Il a été montré que des témoignages obtenus sous hypnose pouvaient être inexacts[14]. De plus, des recherches récentes ont montré l'extraordinaire malléabilité de la mémoire[15]. Selon Elizabeth Loftus, psychologue et spécialiste de la mémoire, l’apparente sincérité d’un témoin ne prouve en rien la véracité de son temoignage[16].

Autres explications[modifier | modifier le code]

Certains auteurs comme Elaine Showalter considèrent qu'il s'agit d'une forme contemporaine d'hystérie parmi d'autres, comme le trouble dissociatif de l'identité, le syndrome de fatigue chronique ou encore le syndrome de la guerre du Golfe[17]. Une étude menée par Nicholas P. Spanos semble indiquer à l'inverse que les ravis ne souffriraient pas d'une psychopathologie[18].

Un autre élément à prendre en considération est que certains enlevés présenteraient une personnalité encline à l'imagination, ou du moins un fort engagement dans l'imaginaire, qui les conduirait à projeter celui-ci dans le monde extérieur. Cette personnalité serait non pathologique, car le sujet n'en souffre pas et serait adapté socialement. Deux exemples célèbres en ufologie de personnalités enclines à la fantaisie sont Betty et Barney Hill et Whitley Strieber.

Selon l'étude de la psychologue Susan A. Clancy, un nombre non négligeable d'enlevés n'ont aucun souvenir de leur enlèvement et ne se considèrent comme enlevés qu'en raison de symptômes (déprime, rêves vivaces, marques sur le corps, etc.) qu'ils interprètent de la sorte a posteriori alors qu'ils peuvent avoir été causés par bien d'autres choses[19].

Apparente sincérité des témoignages[modifier | modifier le code]

Selon John E. Mack, psychiatre s'étant intéressé aux « abductés », lorsque l'on écarte les récits d'affabulateurs ou les explications psychologiques, il reste un nombre non négligeable de témoignages de personnes dont la sincérité et la stabilité mentale ne sont pas remises en cause par les psychologues ou psychiatres. L'hypnose permet aussi d'éliminer l'hypothèse des faux-souvenirs, en réveillant même parfois chez les patients le souvenir d'enlèvements qu'ils avaient oubliés. Ces personnes sont souvent dans une grande souffrance morale lorsqu'elles se heurtent à l'incrédulité de leur entourage, et leurs récits présentent de nombreuses similitudes, notamment dans la description des enlèvements, leur récurrence tout au long de leur vie et le traumatisme que représente chacun d'eux[20].

Rejet de la part des scientifiques[modifier | modifier le code]

En dépit de la persistance des récits d'enlèvement souvent associés à des observations d'OVNIs qui s'accumulent maintenant depuis plus de cinquante ans, les scientifiques professionnels n'ont accordé aucun sérieux à ce phénomène. Ils ont eu tendance à réduire au ridicule les présumés kidnappés et à mettre en difficulté les carrières des chercheurs convaincus que ces récits comportaient une base réelle. Selon Don Donderi[21], ce rejet peut s'expliquer par un conservatisme intrinsèque à ceux qui pratiquent la science.[citation nécessaire]

Récits d'enlèvements célèbres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans les milieux ufologiques également appellé abduction (emprunt à l'anglais)
  2. Marie-Thérèse de Brosses, Enquête sur les enlèvements extraterrestres, coll. « Aventure secrète », J'ai Lu, 1995, glossaire, p. 425 (article « Abducté ») et 429 (article « Ravi »).
  3. (en) John Kohut, « UFO group probes claim of sex with Jupiter visitor », South China Morning Post, Hong Kong,‎ 30 octobre 1994, p. 6
  4. (en) George Wehrfritz, « That's No Flying Dragon », Newsweek,‎ 11 août 1997, p. 27
  5. (en) David Jacobs, Secret Life,‎ 1992
  6. (en) David Jacobs, « Straight Talk About UFO Abductions - A Typical Abduction Event », sur International Center for Abduction Research (consulté le 23 aout 2014)
  7. (en) Don Donderi, UFOs, ETs, and Alien Abductions: A Scientist Looks at the Evidence, Hampton Roads Publishing,‎ 2013 (ISBN 978-1571746955)
  8. John E. Mack, Enlevés par des Extraterrestres (1re éd. 1994 pour la langue anglaise), chap. 2, p. 56-59 et 63-68
  9. (en) « Rare Dr John Mack TV Appearance Part: 1 » [vidéo (à 10:37)], sur www.youtube.com,‎ 14 novembre 2010 (consulté le 24 aout 2014)
  10. Le terme « hybride » utilisé dans le contexte des récits d'enlèvement apparaît dès les années 1980 sous la plume de Budd Hopkins. C'est le premier à avoir affirmé que les kidnappés lui disaient voir, ou parfois interagir, avec des hybrides durant leurs enlèvements, à bord de l'OVNI. Les hybrides pouvaient être d'âge très jeune, parfois des bébés, et certains avaient une apparence plutôt extraterrestre, d'autres plutôt humaine. Voir Intruders: The Incredible Visitations at Copley Woods, New York, Random House, 1987; édition de poche, New York, Ballantyne Books, 1987 (ISBN 978-0345346339).
  11. (en) David Jacobs, « A Typical Abduction Event », sur International Center for Abduction Research (consulté le 21 août 2014)
  12. (en) David Jacobs, The Threat,‎ 1998
  13. (en) Association Québécoise d'Ufologie (trad. en français au moyen des sous-titres disponibles), « Interview David Jacobs: les enlèvements extraterrestres/Alien abductions » [vidéo (à 29:20)], sur www.youtube.com,‎ 26 janvier 2014 (consulté le 21 août 2014)
  14. John Mack, Enlevés par des Extraterrestres, France (1re éd. 1994 pour la langue anglaise), chap. Appendice A, p. 862
  15. Stéphany Gardier, « De faux souvenirs implantés chez des souris », LeFigaro.fr,‎ 11 août 2013 (lire en ligne)
  16. (en) Conférence TED (trad. en français au moyen des sous-titres disponibles), « Elizabeth Loftus: The fiction of memory » [vidéo (à 16:20)], sur www.ted.com,‎ juin 2013 (consulté le 25 aout 2014)
  17. (en) Elaine Showalter, Hystories: Hysterical Epidemics and Modern Media, New York, Columbia University Press,‎ 1998, 224 p. (ISBN 978-0231104593)
  18. (en) Spanos N. P., Cross P. A., Dickson K. & Dubreuil S. C., Close Encounters: An examination of UFO experiences, in Journal of Abnormal Psychology, 102, 4, p. 624-632 (1993).
  19. (en) Susan A. Clancy, Abducted: How People Come to Believe They Were Kidnapped by Aliens, Cambridge, Massachusetts, Harvard University Press,‎ 2005, 179 p. (ISBN 0-674-01879-6)
  20. http://www.m6.fr/emission-enquetes_extraordinaires/21-08-2013-contacts_avec_des_extraterrestres-2147529897.html
  21. (en) Don Donderi, UFOs, ETs, and Alien Abductions: A Scientist Looks at the Evidence, Hampton Roads Publishing,‎ 2013 (ISBN 978-1571746955), p. 161-162

Ouvrages cités[modifier | modifier le code]

  • (en) Elaine Showalter, Hystories: Hysterical Epidemics and Modern Media, New York, Columbia University Press,‎ 1998, 224 p. (ISBN 978-0231104593)
  • (en) Susan A. Clancy, Abducted: How People Come to Believe They Were Kidnapped by Aliens, Cambridge, Massachusetts, Harvard University Press,‎ 2005, 179 p. (ISBN 0-674-01879-6)
  • (en) David M. Jacobs (préf. John E. Mack), Secret Life: Firsthand Accounts of UFO Abductions, New York, Simon & Schuster,‎ 1992 (ISBN 9780671748579)
    (Ouvrage traduit en français par Sylvaine Charlet sous le titre Les kidnappeurs d'un autre monde, présenté par Jimmy Guieu, Paris, Presses de la Cité, 1995)
  • (en) David M. Jacobs, The Threat: Revealing the Secret Alien Agenda, New York, Simon & Schuster,‎ 1998 (ISBN 978-0684814841)
  • (fr) John E. Mack (trad. Sylvaine Charlet), Enlevés par des Extraterrestres [« Abduction »], France, J'ai Lu, coll. « Aventure secrète »,‎ février 2012 (1re éd. 1994 pour la langue anglaise), 913 p. (ISBN 9782290042212)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]