Engin blindé de reconnaissance

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Panhard EBR
EBR 75 mm
EBR 75 mm
Caractéristiques générales
Équipage 4
Longueur 6,15 m
Largeur 2,42 m
Hauteur 2,24 m
Masse au combat 12,7 t
Armement
Armement principal canon de 75 mm / canon de 90 mm
Armement secondaire 4 (MAC 34 "Reibel" cal. 7,5 mm avec chargeur " camembert " de 149 cartouches + 1 inerte)
Mobilité
Moteur 12 cylindres à plat Panhard
Puissance 200 cv
Suspension oléo-pneumatique.
Vitesse sur route 105 km/h sur route
Puissance massique
Autonomie 650 à 700 km

L'Engin Blindé de Reconnaissance (EBR) est un véhicule blindé français en service dans l'armée française entre 1951 et 1985.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Panhard 201 à huit roues est conçu en 1939 par Louis Delagarde pour répondre au programme d'automitrailleuse de 1938 émis par l'armée française[1]. Ce matériel est commandé en mai 1940 mais ne peut être produit après juin 1940.

Le Panhard 212 reprend la base agrandie du modèle 201[2]. La configuration de l'engin est originale : il est capable de circuler dans les deux sens, par une disposition symétrique avant / arrière et la présence de deux postes de conduite. La caisse blindée est montée sur huit roues motrices, dont quatre roues intérieures entièrement métalliques qui se relèvent pour la conduite sur route et s'abaissent en terrain difficile.

L'engin est conçu pour résister aux effets des mines. La caisse est profilée et les garde-boue et trains de roulement se détachent en cas d'explosion, pour préserver le blindage. Les sièges sont attachés aux parois du véhicule, l'absence de liaison avec le plancher évite la transmission de l'onde de choc à l'équipage. Sur un total de vingt-huit attaques par mine en Algérie, aucun décès n'est observé.

Le blindé est de taille contenue pour se dissimuler aisément, le volume interne est restreint. Le moteur Panhard 12 H 6000 S est un douze cylindres à plat refroidi par air, très compact et qui s'insère sous le panier de la tourelle. Ce groupe propulseur dérive du moteur à deux cylindres des Dyna[3]. Les pilotes (avant et inverseur) ne peuvent avoir une taille supérieure à 1,70 m et vissent leur volant une fois installés sur leur siège.

L'engin est équipé de la tourelle FL 11[4], armée d'un canon SA 49 de 75 mm et de deux mitrailleuses de 7,5 mm, coaxiale et sur la tourelle. Une mitrailleuse de 7,5 mm est placée sous le volant de chaque conducteur.

Le véhicule entre en production en 1951 sous le nom d'EBR, pour un total de 1202 unités.

Il subit deux évolutions au cours de sa carrière. La tourelle FL 10 de l'AMX-13 est adaptée en 1954, avec un canon SA 50 de 75 mm[5]. Un canon de 90 mm est installé en 1964 sur la tourelle FL 11[6].

Le Panhard EBR est employé durant la guerre d'Algérie, la crise de Bizerte [7], la guerre d'indépendance de l'Angola [8] et la guerre des Sables[9]. Ce véhicule, démuni de sa tourelle, a transporté le cercueil du Général De Gaulle à Colombey-les-Deux-Églises[10]

EBR ETT mg 7767
Variante

Le prototype de l'Engin de Transport de Troupes (ETT) est construit en 1957 sur la base mécanique de l'EBR et un aménagement intérieur inspiré de l'AMX-13 VCI [11]. Il est produit pour l'armée portugaise avec un tourelleau CAFL 38 doté d'une mitrailleuse et connaît les combats durant la guerre d'indépendance de l'Angola[8].

Particularités des engins de reconnaissance français[modifier | modifier le code]

La France s'est, depuis 1935, signalée par la fabrication et l'utilisation d'une prolifique famille d'engins de reconnaissance blindés à roues, initiée par les réformes des Divisions Légères Mécaniques et l'utilisation d'automitrailleuses à capacité anti-char.

Cet effort procède d'un besoin tactique évident de couvrir les grandes étendues du champ de bataille, dans un contexte de lenteur et de faible autonomie des chars de bataille de l'époque. Le char s'emploie de manière massive et concentrée, ce qui empêche sa dispersion dans des tâches de sûreté et d'éclairage blindé.

C'est donc un trait particulier aux véhicules de reconnaissance français que d'être puissamment armés : l'ancêtre de l'EBR, l'AMD 178 était armé d'un canon anti-char de 25 mm, ce qui était, pour l'époque, un calibre important pour un si petit véhicule. Le successeur direct de l'EBR, l'AMX-10 RC, sera lui aussi un engin de reconnaissance à roues, armé d'un puissant canon de 105 mm à conduite de tir automatique, dont la puissance de feu est quasi-similaire à celle d'un char de bataille des années 1980.

Dans le même esprit, on notera une configuration identique pour l'AML 90 et l'ERC-90 Sagaie.

Ces engins de reconnaissance ne sont pas seulement destinés à la découverte et l'investigation (mission que peuvent remplir des véhicules plus légers et moins armés), mais aussi à des missions de sûreté dans les intervalles du champ de bataille (flanc-garde, reconnaissance offensive, protection) ce qui requiert une importante puissance de feu non seulement pour détruire les éléments avancés adverses, mais aussi pour s'opposer à une incursion blindée dans des actions de freinage ou de jalonnement.

Armement[12][modifier | modifier le code]

  • Armement principal (version de 1951) : canon de 75 mm semi automatique modèle 1949 (Cn 75 SA 49) - obus perforant de 75 mm – Vo = 600 m/s
  • Armement principal (version de 1954) : canon de 75 mm semi automatique modèle 1950 (Cn 75 SA 50) - obus perforant de 75 mm – Vo = 1.000 m/s
  • Armement principal (version de 1964) : canon de 90 mm D924 ou "Canon de 90mm Modèle F2" (Cn 90 F2) - obus à charge creuse de 90 mm empenné – Vo = 750 m/s

650 tourelles FL 11 sont modifiées par le réalésage du canon SA 49 et la modification de l'aménagement intérieur.

  • Armement secondaire : 4 mitrailleuses de 7,5 mm - (MAC 34 "Reibel" avec chargeur "camembert" de 149 cartouches + 1 inerte.)

Utilisateurs[modifier | modifier le code]

Drapeau de la France France[modifier | modifier le code]

  • 279 EBR à tourelle FL 10 et 836 EBR à tourelle FL 11

Drapeau de l'Indonésie Indonésie[modifier | modifier le code]

  • 3 EBR

Drapeau du Maroc Maroc[modifier | modifier le code]

  • Cession de plusieurs dizaines d'EBR 75 par la France[13]

Flag of NATO.svg OTAN[modifier | modifier le code]

  • 6 EBR

Drapeau du Portugal Portugal[modifier | modifier le code]

  • 78 EBR

Galerie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Michel Duparet, PANHARD EBR. Engin blindé de reconnaissance, L'ancien d'Algérie, mai 2012, n° 507, p. 16-17.
  1. www.chars-francais.net; 1939 AM PANHARD 201 40P -[1] ; François Vauvillier, Tous les blindés de l'armée française - 1914-1940 Histoire de guerre, blindés & matériel, GBM 100, avril, mai, juin 2012, ISSN 1956 - 2497, p. 81, n° 77
  2. www.chars-francais.net -1951 EBR PANHARD mod 51 -
  3. Serge Pivot, avec le concours de Robert Alazet, historien de l'association des anciens du 8ème régiment de hussards, Véhicules d'exception, l'E.B.R. Panhard Mle 51, ou "La revanche de la roue", MVCG France -[2] ; Charly Rampal, LOUIS DELAGARDE, Panhard Racing Team, 2010 - [3]
  4. www.chars-francais.net, 1951 EBR PANHARD mod 51
  5. www.chars-francais.net, 1954 EBR PANHARD mod55
  6. 1964 EBR PANHARD 90 F1 mod 66 -
  7. Habib Bourguiba, Rapport confidentiel de l'Amiral Amman - [4] - COMPTE RENDU DES EVENEMENTS SURVENUS A BIZERTE DE JUIN A OCTOBRE 1961. BIZERTE le 20 Novembre 1961. Le Vice- Amiral d’Escadre AMMAN, Commandant Supérieur de la base Stratégique de BIZERTE - 22 Juillet : 14H. 30, le TG 253/6 entre à son tour dans le port de guerre avec le reliquat des personnels et matériels prévus à charrue longue ; en particulier les échelons lourds de la 1ère B.R.G. et 2 escadrons du 8ème Hussard. Dès 16H.30, le 1er escadron d’E.B.R. de ce régiment était mis à la disposition du 3ème R.E.I. - 20 Août : vers 10H.30, nouvel incident au voisinage de BECHATEUR : des gardes nationaux prennent position à l’intérieur de notre dispositif. L’arrivée d’un peloton d’E.B.R. les amène à se replier.
  8. a et b Peter Abbott, Manuel Rodrigues et Ronald Volstad, Modern African Wars: Angola and Moçambique 1961-74, Osprey Publishing, 1988, ISBN 0-85045-843-9, p. 18
  9. FARMAROC : Guerre des Sables 1963 - Part IV (film sur la guerre des sables de 1963 entre le Maroc et l'Algérie) - apparitions : 2 min 52, 5 min 28 et 8 min 14 - [5]
  10. Marie-Claude Aristégui. Il était sur le char. Militaire retraité, ancien hussard, Pierre Hoine vit aujourd'hui à Lagord. Sud Ouest, 10 novembre 2010 - [6]
  11. www.chars-francais.net 1956 ETT PANHARD -
  12. Ingénieur général de l’armement Michel MAREST et ingénieur en chef de l’armement (retr.) Michel TAUZIN, L'armement de gros calibre, T.9, COMHART : COMITÉ POUR L’HISTOIRE DE L’ARMEMENT TERRESTRE, T.9, 2008, p. 79 et 137
  13. JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE.DÉBATS PARLEMENTAIRES. ASSEMBLÉE NATIONALE, COMPTE RENDU IN EXTENSO DES SÉANCES. QUESTIONS ÉCRITES ET REPONSES DES MINISTRES A. CES QUESTIONS, Année 1956. — N• 59 A Vendredi 1er Juin 1956, p. 2172 et 2186

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Etat-major de l'armée de terre. Réserves et études humaines (Bureau), E.B.R. 75 Mle 51 type 54: C.P. 1. Formation élémentaire du pilote. 2e sous-période, 1955.
  • Chris Bishop, The encyclopedia of modern military weapons, Barnes & Noble Books, 1999, p. 30.
  • Stephen Bull, Encyclopedia of Military Technology and Innovation, Greenwood Publishing Group, 2004, p. 98.
  • Jean Michel Leligny, Les véhicules d'exception, le véhicule militaire Panhard EBR, Les Routiers, 814, aout 2004, p. 38-40.
  • Michel Duparet, PANHARD EBR. Engin blindé de reconnaissance, L'ancien d'Algérie, mai 2012, n° 507, p. 16-17.
  • Panhard EBR. L'exception à la francaise, Trucks'n Tanks n°37, mai-juin 2013.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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