Encratites

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Les encratites, du grec ancien du grec enkratès signifiant continents, formaient un courant du christianisme ancien, l'encratisme, qui s'inscrivait dans une tendance très ascétique qui traversait alors le christianisme et qui joua un rôle important dans son édification. On a souvent rapproché l'encratisme du gnosticisme et du docétisme chrétiens.

Sommaire

[modifier] Doctrine

Comme pour nombre de courants chrétiens des premiers siècles, on ne connait les encratites que par leurs détracteurs, la apologètes et hésésiologues chrétiens de l'orthodoxie qui s'est progressivement forgée au contact des multiples christologies de l'époque.

Irénée de Lyon, et à sa suite la tradition occidentale, fait de Tatien le Syrien, disciple de Justin, le fondateur de cette secte, même si il faut plutôt y voir un courant. Tatien rejetait le mariage, condamnait l'usage de la viande et du vin, préconisant l'eau pour célébrer l'eucharistie[1] ce qui vaudra aux encratites d'être parfois appelés Hydroparastates (en grec) ou Aquariens (en latin). Ils ne reconnaissaient pas certaines parties des Écritures, en particulier l'Ancien Testament ni d'après Eusèbe de césarée, les épîtres de Paul et les actes des apôtres. Ils avaient par contre recours à des textes de la littérature apocryphe présentant des tendances ascétiques marquées.

Par ailleurs, selon les encratites, l'âme pré-existante, corrompue - ou effeminée - par la concupiscence avait chuté dans le monde charnel, où la matière est intrinsèquement mauvaise. Pour empêcher que cette décadence de l'âme dans le monde se perpétue, ils allaient jusqu'à condamner toute relation sexuelle. En outre, d'après Augustin d'Hippone, ils admettaient certaines émanations des éons et, toujours selon ce dernier citant Épiphane, les encratites se seraient schismatiquement séparés des disciple de Tatien[2].

D'après Clément d'Alexandrie et Jérôme de Stridon, le représentant le plus doctrinaire de ce courant était le chrétien gnostique de la fin du IIe siècle, Jules Cassien.

[modifier] Postérité

Initialement développé en Syrie, l'encratisme avait pris une telle importance à travers l'empire romain qu'à la fin du IVe siècle et au Ve siècle il fut condamné sous ses différentes composantes avec le manichéisme par l'empereur Théodose Ier, qui prit trois décrets contre eux[3] notamment en 382 menaçant de mort toute personne qui prendrait le nom d'Encratites, Saccophore ou Hydroparastate[4]. Après la division de l'empire romain, le courant fut à nouveau proscrit par l'empereur romain d'Orient Théodose II sous toutes ses formes en 428. L'encratisme s'est par la suite confondu avec le manichéisme et a pu se prolonger à travers les gyrovagues et le bogomilisme.

[modifier] Notes et références

  1. Francine Culdaut, Une jeune église en débat, in Les Origines du christianisme, éd. Gallimard/Le Monde de la Bible, 2004, p 480
  2. Augustin d'Hippone, Des hérésies, ch. XXV
  3. Codex Theod. de haeret., lib. 7,9,11
  4. en latin Encratites, Saccophori ou Hydroparastatæ

[modifier] Voir aussi

[modifier] Liens internes

[modifier] Sources partielles

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