Enclos-Apiers en Côte d'Azur

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Un enclos-apier (ou enclos à ruches ou encore enclos à abeilles), tel qu'on le rencontre dans les Alpes-Maritimes et le Var, regroupe un ensemble de ruches disposées sur une série de gradins ou dans des alvéoles ménagées dans les murs de l'enclos.

Description[modifier | modifier le code]

Les enclos-apiers étaient construits selon l'époque en pierre sèche ou hourdée. Ils regroupaient et protégeaient une série de ruches artisanales dites bruscs, creusées dans des troncs de chêne-liège et posées soit sur des banquettes de terre empierrées disposées en gradins, soit dans des alvéoles réservées dans les murs exposés au soleil. Les bruscs n'étaient jamais mis à même le sol, ils étaient toujours posés sur au moins une pierre plate.

Plus rarement, comme dans le massif de l'Estérel, on retrouve des ruches en céramique.

Ces enclos étaient orientés au sud ou au sud-est pour profiter au maximum des effets du soleil. Les murs de l'enclos étaient généralement plus élevés du côté du vent dominant. Plus on monte en altitude, plus les murs sont élevés ; on peut supposer que la partie haute de ces enclos (aussi appelés naijous et ca d'arbinié, cf. infra) en forme de carène jouait un rôle de pare-avalanches.

Enfin, bien que cela ne soit pas attesté, la hauteur des murs visait aussi vraisemblablement à protéger contre les prédateurs : homme, loup, et peut-être ours, sans oublier les moutons et les chèvres.

Généralement un cabanon ou un abri en pierre sèche était construit dans l'enclos pour y abriter les outils et le matériel à réparer.

Dans les régions encore plus élevées, les ruches étaient protégées dans des placards (Gorges du Verdon).

Les enclos de la vallée de la Vallée de la Roya[modifier | modifier le code]

Ces enclos, appelés naijou (vasque, bassin ?) à Tende et ca d'arbinié (maison des abeilles) à La Brigue, protègent une série de gradins empierrés sur lesquels sont disposés les bruscs ; ils comportent généralement une cabane ou abri pour le matériel et les outils.

On ignore l'origine de ces deux noms très différents pour des structures très proches. On évoque de plus en plus une origine en rapport avec l'essaimage de groupes de pasteurs centre-alpins très anciens ayant des migrations différentes selon leurs besoins (sel, troc de viande, conquêtes ou fuites, incluant ceux qui ont laissé leurs dessins dans la vallée des Merveilles[1],[2],[3].

Les naijous de Tende[modifier | modifier le code]

Les ca d'arbinié de La Brigue[modifier | modifier le code]

Les autres enclos des Alpes-Maritimes[modifier | modifier le code]

Cet enclos-apier, dit « du château », à Escragnolles (alt. : 783 m) a deux particularités :

  • il est adossée à une paroi rocheuse perforée de nombreux trous ou alvéoles de tailles différentes : un grand nombre de ruches sauvages devait exister à cet endroit ;
  • il a été utilisé secondairement comme enclos à moutons : il en reste les deux piliers caractéristiques en regard de la grotte principale (où on ne retrouve cependant aucun débris de ruche sauvage)[4].

Les enclos du Var [5],[6],[7], [8][modifier | modifier le code]

Enclos-apier avec ruches en céramique du massif de l'Estérel[modifier | modifier le code]

Enclos-apiers avec cabane (abri)[modifier | modifier le code]

Enclos-apiers simples[modifier | modifier le code]

Enclos-apiers du pauvre : le mur-apier[modifier | modifier le code]

Classiquement, un mur-apier avait douze (comme les apôtres) alvéoles[9].

Sources[modifier | modifier le code]

  • E. Crane, The world history of beekeeping and honey hunting, Routledge éd., New-York, 1999, (ISBN 0-415-92467-7).
  • J.-L. Mestre et coll., Ruches et abeilles, architecture, traditions, patrimoine, EGEDSA éd., Sabadell, 2005, (ISBN 2-84819-036-1).
  • Liger Louis (1658-1717), La Nouvelle Maison Rustique ou Économie générale de tous les biens de campagne; la manière de les entretenir et de les multiplier; donnée ci-devant au public par le sieur Liger : 10e édition augmentée considérablement & mise en meilleur ordre (par Henri Besnier, médecin); avec la vertu des simples, l'apothicairerie, les décisions du droit français sur le matières rurales; et enrichi de figures en taille-douce, Paris, Desaint éd., 1772.
  • M. Bernes, À propos des mœurs des abeilles, in Société des études scientifiques et archéologiques de Draguignan et du Var, t. XLVI, 19, p. 42-51-1.
  • R. Chevet, Constructions en pierre sèche : quelque type d'enclos à ruches dans le nord-ouest de l'Espagne.
  • H. Pellegrini, A. Vialat, Apiculture et pierre sèche, VIe congrès international sur la pierre sèche, Carcès-Le Val, 24-27 septembre 1998, in Pierre sèche, regards croisés, A.S.E.R. du centre-Var, supplément no 8, 2000, p. 105-107.
  • Ecomusée de La Brigue +++ et Maison des abeilles à Tende.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Botton Ch., Histoire de Breil et des Breillois, Ed. du Cabri, Breil, 1996, (ISBN 2-908816-41-5).
  2. L. N. Masseti, Les maisons des abeilles de la haute vallée de la Roya, in Le haut-Pays, Journal de la Roya-Bevera, no 29 et 30, Breil, 1994.
  3. Serrator, apiculteur à Tende, Le Pla : entretiens non publiés, 2008.
  4. D. Thierry, L'apier de Camp-Arnoux à Saint-Vallier-de-Thiey, in G.R.H.P., Bulletin no 19, 2001.
  5. M. James, Les apiers enclos du Var, in Cahier d'Apistorie, n° 4b, Bordeaux, 2007.
  6. M. James, Éléments pour une histoire de l'apiculture varoise, in Cahier d'Apistoria, no 7, 2009.
  7. M. James, Transhumance des ruches dans le département du Var, in Cahier d'Apistoria, no 9, 2011.
  8. M. James, La Garde-Freinet, une commune apicoleau XVIe siècle, in Cahier d'Apistoria, n° 8a, 2009.
  9. M. James, Murailles d'apiculteurs, in Courrier scientifique, no 2, Parc Régional Naturel du Verdon éd., Moustiers-Sainte-Marie, 2008.