Empire romain d'Occident

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Empire romain d’Occident
Imperium Romanum (Pars Occidentalis) (la)

286/395476

Drapeau
Vexillologie
Description de cette image, également commentée ci-après

Carte de l'Empire romain d'Occident en 395

Informations générales
Statut Empire
Capitale Milan (286-402)
Ravenne (402-476)
Monnaie Solidus, Aureus, Denier, Sesterce
   (voir Monnaie romaine)
Superficie
Superficie 395 4 410 000 km²
Histoire et événements
286 Division de Dioclétien
395 Mort de Théodose Ier
Séparation définitive de l'Empire
476 Déposition de Romulus Augustule
Dissolution
Empereur
395-423 Flavius Honorius
425-455 Valentinien III
475-476 Romulus Augustule

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'Empire romain d'Occident fait référence à la partie occidentale de l'Empire romain, à partir de sa division par Dioclétien en 285. Sa capitale fut Milan jusqu'en 402, puis Ravenne.

L'Empire romain d'Occident exista de façon intermittente entre les IIIe et Ve siècles, après la tétrarchie de Dioclétien et les réunifications opérées par Constantin le Grand et Julien. Théodose le Grand fut le dernier empereur romain à régner sur la totalité de cet empire. À sa mort, en 395, l'empire fut divisé de façon définitive. L'Empire romain d'Occident disparut officiellement au moment de l'abdication de Romulus Augustule, le 4 septembre 476.

En dépit d'une brève reconquête partielle par l'Empire romain d'Orient, l'Empire romain d'Occident ne se releva jamais. Sa chute marqua le début d'une nouvelle ère de l'histoire de l'Europe : le Moyen Âge.

Histoire[modifier | modifier le code]

La crise du IIIe siècle[modifier | modifier le code]

Avec l'assassinat de l'empereur Sévère Alexandre le 18 mars 235, l'Empire romain sombra dans une guerre civile de cinquante ans, aujourd'hui appelée crise du IIIe siècle. Durant cette même période, l'ascension de la belliqueuse dynastie sassanide en Iran commença à menacer sérieusement l'est de l'Empire : en 259, l'empereur Valérien fut capturé par Shapur Ier, et mourut en captivité l'année suivante.

Gallien, son fils aîné, qui régnait à ses côtés depuis 253, lui succéda et poursuivit la guerre dans l'est. Son propre fils, Salonin, et le préfet du prétoire Silvanus, résidaient à Colonia Agrippina (Cologne) pour renforcer la loyauté des légions locales, ce qui n'empêcha pas le gouverneur local des provinces germaniques, Postume, de se rebeller. Il attaqua Colonia Agrippa, et dans la confusion qui suivit les morts de Salonin et Silvanus, se proclama empereur des Gaules, avec Augusta Treverorum (Trèves) pour capitale. Ce nouvel empire s'étendit bientôt sur les provinces germaniques et gauloises, ainsi que sur l'Hispanie et la Bretagne, posséda son propre sénat et ses propres consuls.

Vers la même période, les provinces orientales firent sécession sous le commandement de la reine Zénobie, formant l'empire de Palmyre. Ce n'est qu'en 272 que l'empereur Aurélien parvint à réintégrer ce territoire à l'empire. L'Est étant désormais sûr, il se tourna vers l'Ouest et reprit, un an plus tard, l'empire des Gaules.

La tétrarchie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Tétrarchie.
Les tétrarques.

Les frontières de l'empire restèrent globalement en paix durant le reste de la crise du IIIe siècle, même si au moins huit empereurs furent tués, souvent par leurs propres troupes, entre la mort d'Aurélien en 275 et l'avènement de Dioclétien, dix ans plus tard.

La division politique de l'Empire romain débuta sous Dioclétien. Il fonda la tétrarchie en 286, donnant la moitié occidentale de l'empire à Maximien avec le titre d'Auguste, et chacun s'adjoignant un César, respectivement Galère et Constance Chlore. Ce système divisa l'empire en quatre parties avec chacune sa capitale en plus de Rome, afin d'éviter les troubles qui avaient marqué le IIIe siècle. Dans l'ouest, les capitales étaient Mediolanum (Milan) pour Maximien et Trèves pour Constance. Le 1er mai 305, les deux Augustes abdiquèrent et furent remplacés par leurs Césars.

Le système de la Tétrarchie ne tarda pas à s'effondrer après la mort prématurée de Constance Chlore, en 306. Son fils Constantin fut proclamé Auguste de l'Ouest par les légions de Bretagne. Une crise s'ensuivit, durant laquelle plusieurs prétendants tentèrent de s'approprier la partie occidentale de l'Empire. En 308, l'Auguste de l'Est, Galère, organisa une conférence à Carnuntum qui refonda la Tétrarchie en divisant l'Empire entre Constantin et Licinius. Grâce à une série de bataille dans l'Est et l'Ouest, Licinius et Constantin stabilisèrent leurs parties respectives de l'Empire, et à partir de 313, ils entrent en compétition pour la domination de l'Empire. Lors de la bataille de Chrysopolis, en 324, Licinius est capturé par Constantin, puis exécuté l'année suivante.

La Tétrarchie avait vécu, mais l'idée de diviser l'Empire entre deux empereurs devait rester. Les empereurs les plus doués le réuniraient sous leur férule, mais à leur mort, il serait de nouveau divisé entre l'Est et l'Ouest.

Deuxième division[modifier | modifier le code]

L'Empire romain était réuni sous un seul empereur, mais à la mort de Constantin (337), une guerre civile éclata entre ses trois fils, divisant l'empire en trois. L'Ouest fut réunifié en 340 sous Constant, puis tout l'Empire en 353 par Constance II. Deux ans plus tard, ce dernier, écartelé entre l'agitation des Germains et la guerre contre la Perse, nomma son cousin Julien César et l'envoya en Gaule.

En 360, Julien fut proclamé Auguste par ses soldats, et Constance mourut l'année suivante, le laissant seul maître de l'Empire. Julien fut tué en 363 en combattant les Perses, et son successeur, Jovien, le commandant de la garde impériale, fut tué l'année suivante.

Division de l'Empire après la mort de Théodose (395)
  •      Empire d'Occident
  •      Empire d'Orient
  • .

Division finale[modifier | modifier le code]

Après la mort de Jovien, l'empire retomba dans une période d'instabilité politique. En 364, Valentinien Ier s'imposa. Il divisa aussitôt l'empire, en offrant la partie orientale à son frère Valens. Aucune des deux ne fut stable avant longtemps, car les conflits s'intensifiaient avec les éléments extérieurs, notamment les Huns et les Goths. En outre, un problème de taille pour l'Ouest était la réaction politique causée par le paganisme dominant contre les empereurs chrétiens. En 379, Gratien, fils et successeur de Valentinien Ier, refusa de porter le titre de pontifex maximus, et en 382, il priva de leurs droits les prêtres païens et fit retirer l'autel païen de la Curie.

En 388, Magnus Maximus, un général populaire et puissant, s'empara du pouvoir à l'Ouest et força Valentinien II, le frère de Gratien, à fuir vers l'Est pour y quérir de l'aide ; l'empereur d'Orient Théodose Ier le remit promptement sur le trône. En 392, Valentinien II fut assassiné par le magister militum Arbogast, un Franc païen, et un sénateur nommé Eugène fut couronné. Il fut renversé deux ans plus tard par Théodose, qui gouverna l'Orient et l'Occident pendant deux ans, jusqu'à sa mort (395). C'était la dernière fois qu'un empereur unique gouvernait la totalité de l'Empire. Théodose le Grand le divisa entre ses deux fils : à Arcadius, l'ainé, l'Orient, à Honorius, le cadet, l'Occident.

Une brève période de calme s'ensuivit pour l'Empire d'Occident sous Honorius, contrôlé par le Vandale Stilicon, et s'achève avec l'assassinat de ce dernier en 408. Les chemins des deux empires se séparèrent alors franchement : si l'Orient entame une lente reconstruction et consolidation, l'Occident commence à s'effondrer.

Invasions de l'empire (100-500).

Déclin économique[modifier | modifier le code]

Tout au long de son histoire, l'Empire d'Occident connut un déclin économique constant, qui contribua à sa chute finale, tandis que l'économie de l'Empire d'Orient restait stable, notamment grâce aux richesses de l'Asie Mineure. L'Orient pouvait entretenir une armée importante, renforcée au besoin de mercenaires, là où l'Occident n'en était plus capable.

Avec l'affaiblissement du pouvoir central, les empereurs perdirent le contrôle des frontières et des provinces, ainsi que de la mer Méditerranée, surtout après que les Vandales se furent emparés de la province d'Afrique (429-439). Les institutions romaines s'effondrèrent avec la stabilité économique. La plupart des envahisseurs exigeaient un tiers des pays conquis à leurs sujets romains, et le chiffre était encore plus élevé quand plusieurs tribus envahissaient la même province.

De larges surfaces entretenues avec soin furent abandonnées à cause de l'instabilité politique. Ce fut là un coup sévère porté à l'économie, qui reposait en grande partie sur l'agriculture.

L'ouvrage La Banque, de Babylone à Wall Street, de Colling, met l'accent pour sa part sur une asphyxie du système bancaire au IIIe siècle dans l'Empire romain d'Occident, les évêques de Rome condamnant alors toute sorte de prêt à intérêt[1], à la différence de ceux de Constantinople.

Chute de Rome et fin de l'Empire d'Occident[modifier | modifier le code]

Les deux empires en 476.

Après la mort de Stilicon en 408, le règne de Honorius se composa principalement d'usurpations et d'invasions, notamment de Vandales et de Wisigoths. En 410, Rome fut pillée par des armées étrangères pour la première fois depuis l'invasion gauloise de -390. En dépit de quelques victoires remportées par des généraux talentueux, notamment Aetius en Gaule (bataille des champs Catalauniques), l'instabilité provoquée par les usurpateurs à travers tout l'Empire d'Occident ne put être enrayée par de faibles empereurs, et favorisa les conquêtes de ces tribus. Au Ve siècle, leurs chefs se firent eux-mêmes usurpateurs. En 475, Flavius Oreste, ancien secrétaire d'Attila, chassa l'empereur Julius Nepos de Ravenne et proclama son propre fils, Romulus Augustule, empereur.

En 476, Oreste refusa d'accorder aux Hérules d'Odoacre le statut de fédérés, poussant Odoacre à prendre Rome et à envoyer les insignes impériaux à Constantinople, s'établissant comme roi d'Italie. Si le pouvoir romain se maintint dans des poches isolées après 476, la cité de Rome elle-même était gouvernée par des barbares, et le contrôle de Rome sur l'Occident avait pris fin.

Le dernier empereur[modifier | modifier le code]

Il est généralement convenu que l'Empire d'Occident a disparu le 4 septembre 476, lorsque Odoacre déposa Romulus Augustule. Mais dans les faits, les choses ne sont pas aussi simples.

Julius Nepos prétendait toujours au titre d'empereur d'Occident depuis son réduit de Dalmatie, et était reconnu comme tel par l'empereur byzantin Zénon, ainsi que par Syagrius, qui était parvenu à sauvegarder une enclave romaine dans le nord de la Gaule. Odoacre, souverain autoproclamé de l'Italie, commença à négocier avec Zénon, qui finit par lui accorder le titre de patrice, le reconnaissant comme son vice-roi en Italie. Zénon insista cependant pour qu'Odoacre rende hommage à Nepos comme empereur d'Occident. Odoacre accepta, allant jusqu'à frapper des pièces au nom de Nepos dans toute l'Italie. Il ne s'agissait cependant que d'un geste purement politique, et Odoacre ne rendit aucun territoire à Nepos. Ce dernier fut finalement assassiné en 480, et Odoacre conquit peu après la Dalmatie.

Romulus Augustule fut épargné par Odoacre qui, bien qu'ayant assassiné son père, eut pitié de lui et lui donna une pension et une villa en Campanie, villa qui devint un monastère. On trouve trace de lui au milieu des années 500, ce qui laisse à penser qu'il aurait survécu à Julius Népos.

L'Empire byzantin à son apogée, sous Justinien dont les conquêtes sont en orange.

La reconquête byzantine[modifier | modifier le code]

L'Empire byzantin eut des prétentions sur les régions de l'Occident tout au long du Moyen Âge. Au VIe siècle, les campagnes des généraux Bélisaire et Narsès permirent à l'empereur Justinien de reconquérir une grande partie de l'Occident : l'Afrique vandale fut reprise en 533, suivie de l'Italie elle-même (guerre des Goths de 535 à 553), ainsi qu'une partie de l'Espagne wisigothique.

La reconstitution de l'Empire parut alors à portée de mains ; mais l'influence des tribus barbares avait fortement marqué ces anciennes provinces romaines, à la fois culturellement et économiquement. Il coûta très cher à l'Empire byzantin pour se maintenir dans ces régions où la culture et l'identité romaine, ciments de l'empire, avaient été sérieusement endommagées, bien que la question de la romanité reste encore sujette à caution. Les descendants de romains se disent toujours romains, les tribus assimilées sont fières de prendre part à cette glorieuse civilisation. En revanche, la pression fiscale imposée par Constantinople est jugée insupportable par les populations, et en fin de compte, les conquêtes de Justinien furent abandonnées ou perdues, et l'Orient et l'Occident suivirent des voies séparées.

Géographie[modifier | modifier le code]

Superficie et divisions administratives[modifier | modifier le code]

À la mort de Théodose Ier et lors de la division définitive de l'Empire en une partie orientale et une partie occidentale (395), ce dernier hérita de la Préfecture des Gaules, de la majeure partie de la Préfecture d'Italie, de l'Afrique et de l'Illyrie, tandis que l'Est obtient la Préfecture d'Orient et deux diocèses Illyriques. À son tour la Prefecture d'Italie était composée de quatre diocèses : l'Italie (deux diocèses), l'Illyrie et l'Afrique ; celle des Gaules d'un grand nombre de diocèses : Gaule (deux diocèses), Hispanie et Bretagne. Il convient de souligner que Illyrie était divisée entre les deux Empires, et que cette division fut une source du conflit qui commença à se profiler à partir des dernières années du IIIe siècle.

La superficie totale de l'Empire d'Occident était de plus de 2,5 millions de km², avec une population difficile à quantifier mais qui, selon toute probabilité, ne devait en aucun cas être inférieure à 25 millions d'habitants.

Population[modifier | modifier le code]

Au cours d'un siècle, on assiste dans le monde romain d'Occident à un déclin démographique généralisé dû aux guerres, aux famines et aux épidémies. L'installation de peuples barbares dans la quasi-totalité des régions de l'Europe occidentale et de l'Afrique ne suffit pas à compenser les pertes subies par les populations locales. Ces groupes ethniques, généralement d'origine germanique, représentèrent toujours une part modeste dans le total de la population romaine ou romanisée, probablement en dessous de 8 % à 10 %.

Pour illustrer la faiblesse numérique des tribus barbares, on se souviendra que les Lombards, lorsqu'ils envahirent l'Italie dans la seconde moitié du VIe siècle, formaient une horde composée d'environ 120 000 personnes y compris personnes âgées, femmes et enfants.

Villes[modifier | modifier le code]

Au tournant du IVe siècle et du Ve siècle, Rome était encore la ville la plus peuplée de l'Empire, parties occidentale et orientale confondues. Lors du règne de Valentinien Ier (364 - 375), on estime, sur la base des rations de nourriture distribuées, que la Ville devait compter pas moins de 800 000 habitants (d'autres sources évoquent des chiffres encore supérieurs, voir tableau). Ce chiffre demeura quasi inchangé jusqu'à la première décennie du Ve siècle, c'est-à-dire jusqu'au premier sac aux mains des Wisigoths d'Alaric (410). S'ensuivit une baisse de la population mais, encore aux alentours du milieu du Ve siècle, il semble que la population de Rome n'était pas en deçà de 650 000 habitants[2] Ce n'est probablement qu'après le second sac mené par les Vandales (en 455) que Rome perdit son rang de première cité de l'Empire, dépassée non seulement par Constantinople, mais aussi par les grandes métropoles d'Orient d'Alexandrie, Antioche et peut-être même Thessalonique.

Carthage, avec 150 000 à 200 000 habitants ou plus, constituait selon toute probabilité la seconde agglomération urbaine de l'Empire d'Occident. La ville, forte de son immémoriale vocation commerciale, était en outre placée au cœur d'une riche région agricole et exportait des denrées alimentaires jusqu'en Orient. En Afrique, trois autres villes moyennes jouissaient d'une certaine prospérité : Leptis Magna, berceau de la dynastie des Sévères qui, après une période de décadence, avait vécu une certaine reprise sous Théodose ; Timgad, important centre donatiste, et enfin Caesarea (l'actuelle Cherchell, Algérie), où naquit Priscien, peut-être le plus grand grammairien latin tardif.

La ville d'Aquilée.

L'Italie pouvait encore se prévaloir de plusieurs villes relativement peuplées et riches économiquement, au premier rang desquels Mediolanum (Milan), capitale impériale tout au long du IVe siècle, et Aquilée, qui fut pourtant détruite par les Huns autour du milieu du Ve siècle. Parmi les autres cités importantes, on comptait Bononia Bologne et Ravenne. Cette dernière devint en 402 la capitale de l'Empire romain d'Occident et conserva ce rang jusqu'à sa chute en 476.

La ville la plus peuplée et importante d'Illyrie était probablement Salone (près de l'actuelle Split), en Dalmatie, avec une population de plus de 50 000 habitants, tandis que deux agglomérations frontalière et à l'origine camps militaires, Carnuntum et Aquincum (l'actuelle Budapest), conservaient une certaine importance stratégique. Ces deux villes possédaient deux amphithéâtres, un pour les garnisons et un pour la population civile. Carnuntum fut décrite par Ammien Marcellin, dans la seconde moitié du IVe siècle, comme une ville léthargique et en mauvais état, mais animée par la présence de nombreux militaires installés dans les environs ou dans le centre-ville[3].

L'Ibérie avait subi des évolutions au cours du IVe siècle, la ville d'Hispalis (l'actuelle Séville)s'imposant comme le centre de la Bétique, tandis que Carthago Nova (Carthagène) restait le principal point d'ancrage urbain de la zone orientale du Diocèse. Non moins importants étaient Tarraco (Tarragone), Osca (Huesca) et Caesaraugusta (Saragosse), au nord de la Péninsule.

Parmi les villes les plus importantes et les plus peuplées des deux diocèses gaulois, on trouvait Augusta Treverorum (Trèves, aujourd'hui en Allemagne), capitale impériale à l'époque des Tétrarques et encore au début du Ve siècle siège de préfecture. Arelate (Arles), un temps centre urbain le plus dynamique de la Gaule Méridionale, était également devenue, au début du Ve siècle, capitale de préfecture. Le plus grand centre de la Gaule centrale était, selon toute probabilité, Lugdunum (Lyon).

En Bretagne, la seule ville d'importance était Londinium, l'actuelle Londres, suivie de noyaux urbains de dimension modeste, soit d'origine militaire, soit développés à partir d'agglomérations fondées par les Celtes (comme Calleva Atrebatum, l'actuelle Silchester). Aquae Sulis (Bath) était une station thermale connue depuis le Ie siècle. L'abandon de la Bretagne par les légions romaines au début du Ve siècle entraîna la décadence de ces centres urbains, qui se poursuivit généralement lors du Haut Moyen Âge. Londres, quasiment vidée de ses habitants, dut en pratique être refondée par Alfred le Grand au IXe siècle.

Superficie et population des principales villes de l'Empire[4]
Ville Superficie (hectares) Population (habitants)
Rome 1 800 - (IVe siècle) environ 1 000 000
Capoue 180 70 000
Mediolanum 133 50 000
Bologne 83 30 000
Augusta J. Taurinorum 47 20 000
Verone 45 20 000
Augusta Praetoria 41 20 000
Leptis Magna 400 100 000
Augusta Treverorum 285 50 000
Nemausus 220 70 000
Vindobona 200 60 000
Londinium 140 50 000
Lutèce 55 20 000
Alexandrie 900 500 000 - 1 000 000
Carthage 300 200 000 - 300 000
Nova Roma (Constantinople) 1 400 (IVe siècle) 500 000 environ

Villes fondées ou conquises par les Romains en Italie (fond vert)
Villes fondées par les Romains dans les provinces de l'Empire (fond jaune)
Villes conquises par les Romains hors d'Europe (fond bleu ciel)

Héritage[modifier | modifier le code]

Les envahisseurs germains qui s'établirent sur le territoire de l'Empire d'Occident maintinrent un grand nombre de lois et traditions romaines. La plupart des tribus germaines étaient déjà christianisées, quoiqu'en majeure partie arienne. Elles se convertirent rapidement au christianisme nicéen, qui devint par la suite le catholicisme, accroissant la loyauté des populations romanisées locales ainsi que reconnaissance et appui de la puissante Église catholique romaine. Leurs lois furent bientôt enrichies par l'apport du droit romain. Le système de droit civil est basé sur celui-ci, en particulier le Corpus juris civilis compilé sur ordre de Justinien.

Langues romanes en Europe

La langue latine ne disparut jamais véritablement. Combinée aux langues germaines et celtes voisines, elle donna naissance aux langues romanes actuelles, comme l'italien, le français, l'espagnol, le portugais, le roumain et le romanche. Le latin influença également les langues germaniques comme l'anglais, l'allemand ou le néerlandais. Sous sa forme « pure », il survit en tant que langue de l'Église catholique romaine (les messes furent dites en latin exclusivement jusqu'en 1965) et servit de lingua franca entre de nombreuses nations. Il resta longtemps la langue des médecins, des juristes, des diplomates et des intellectuels.

L'alphabet latin, complété avec quelques lettres (J, K, W, Z), est aujourd'hui le système d'écriture le plus employé dans le monde. Les chiffres romains continuent à être employés, mais ont été remplacés le plus souvent par les chiffres arabes.

Le rêve d'un Empire romain, universel et chrétien, avec un seul souverain à sa tête, séduisit de nombreux rois et empereurs. Charlemagne, roi des Francs et des Lombards, fut même couronné empereur romain par le pape Léon III en 800. Plusieurs souverains du Saint-Empire romain germanique, dont Frédéric Barberousse, Frédéric II de Hohenstaufen et Charles Quint, tentèrent de donner corps à ce rêve, mais tous échouèrent.

Un héritage visible de l'Empire romain d'Occident est l'Église catholique romaine, qui remplaça peu à peu les institutions romaines en Occident par les siennes, aidant même à négocier la sécurité de Rome à la fin du Ve siècle. Au Xe siècle, la majeure partie de l'Europe centrale, occidentale et du Nord avait été convertie à la foi catholique et reconnaissait le pape comme vicaire du Christ.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Cette condamnation prendra quelques siècles plus tard un aspect canonique, avec le canon 10 du Concile in Trullo
  2. «...alla metà del V secolo...si può immaginare che il totale della popolazione [di Roma] dovesse essere qualcosa di più dei due terzi di un milione.» Cit. d'Arnold H. M. Jones, Il Tramonto del Mondo Antico, Bari, Casa Editrice Giuseppe Laterza & Figli, 1972, CL 20-0462-3, pages 341-342 (titre de l’œuvre originale : Arnold H. M. Jones The Decline of the Ancient World, Lonmans, Green and Co. Ltd, Londres, 1966)
  3. Cornell, Tim, et John Matthews, Atlante del mondo romano, Istituto Geografico de Agostini, Novara, 1984, p. 142.
  4. On estime la population à 250 à 500 habitants par hectare dans les villes fondées par les Romains (fond vert). Source : « Dalle città dell'Impero Romano alle campagne dell'Età Medioevale », références bibliographiques : [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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