Empire d'Autriche

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Empire d’Autriche
Kaisertum Österreich (de)

18041867

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après

Localisation de l'Empire d'Autriche (en vert) en Europe

Informations générales
Statut Monarchie absolue
Capitale Vienne
Langue Allemand (officiel), latin (diplomatique et liturgique), langues slaves, magyar, italien, roumain, yiddish, romanès et lovari
Religion Catholicisme (dominante), Orthodoxie, Protestantisme
Démographie
Population 21 200 000 hab. (1804)
Superficie
Superficie 650 000 km2 (1804)
Histoire et événements
Proclamation de l'Empire d'Autriche : face au risque de dissolution du « Saint-Empire romain germanique » par Napoléon Ier, François II du Saint-Empire joint à son titre d' « Empereur élu des Romains » celui d' « Empereur héréditaire d'Autriche ».
1805 Formation de la Troisième Coalition contre Napoléon Ier : défaite décisive, incarnée à la bataille d’Austerlitz. Le Traité de Presbourg met fin à la Troisième Coalition et de facto au Saint-Empire. François II du Saint-Empire n'est désormais plus que François Ier d'Autriche.
1815 Formation de la Septième Coalition contre Napoléon Ier : victoire décisive, incarnée à la bataille de Waterloo. Le congrès de Vienne termine de fixer les conditions de la paix en Europe.
1848 - 1849 Printemps des peuples : la floraison de révolutions à travers l'Europe contamine l'Empire, qui se voit forcé d'accorder davantage de droits civiques au peuple autrichien, mais qui parvient avec l'aide russe à écraser la révolte en Hongrie.
1859 Deuxième guerre d'indépendance italienne : défaite décisive face à Victor-Emmanuel II et Napoléon III, incarnée à la bataille de Magenta. Traité de Zurich : la Lombardie revient au Royaume de Sardaigne, la Savoie et Nice reviennent à la France.
1860 - 1861 Changements de constitution : adoption du Diplôme d'octobre en 1860 puis de la Patente de février en 1861.
1864 Guerre des Duchés : victoire de la Confédération germanique face au Danemark. L'Autriche administre le duché de Holstein, la Prusse le duché de Schleswig. En 1866, cette dernière annexera les deux duchés pour ensuite créer la province du Schleswig-Holstein.
juin - août 1866 Guerre austro-prussienne : défaite décisive, incarnée à la Bataille de Sadowa. Dissolution de la Confédération germanique. Traité de Prague : l'Empire autrichien perd sa suprématie sur l'espace germanique au profit de la Prusse de Bismarck, qui crée la Confédération de l'Allemagne du Nord (1867), préfigurant l'Empire allemand (1871).
Compromis austro-hongrois : affaiblie, l'Autriche ne peut plus maintenir sa domination sur le Royaume de Hongrie. L'Empire autrichien se transforme en une double monarchie : l’Autriche-Hongrie.
Empereur d'Autriche
1804-1835 François Ier
1835-1848 Ferdinand Ier (abdication)
1848-1867 François Joseph Ier

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L’Empire d'Autriche (en allemand : Kaisertum Österreich) est le nom officiel porté par l'ensemble des territoires sous domination autrichienne de 1804 à 1867. L'Empire existait auparavant, de facto, comme ensemble des possessions des Habsbourg d'Autriche, mais de jure, la partie occidentale était une composante du Saint-Empire romain germanique tandis que la partie orientale était constituée de plusieurs royaumes, principautés et duchés à part. L'éclatement du Saint-Empire, à l'issue du traité de Presbourg en 1805 conduisit François Ier à abandonner son titre d'empereur romain germanique et à prendre celui d’empereur d'Autriche. La défaite autrichienne à l'issue de la guerre austro-prussienne de 1866 aboutit l'année suivante à transformer l'Empire en une double monarchie, appelée l’Autriche-Hongrie.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le , François II du Saint-Empire joint à son titre d'« Empereur élu des Romains » (en allemand : erwählter römischer Kaiser ; en latin : electus Romanorum Imperator) celui d' « Empereur héréditaire d'Autriche » (en allemand : erblicher Kaiser von Österreich ; en latin : haereditarius Austriae Imperator).

Lorsque Napoléon Ier proclama la fin du Saint-Empire germanique en créant de nouveaux royaumes et principautés, comme la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, la Hesse, le grand-duché de Bade et bien d’autres qu'il regroupa au sein de la Confédération du Rhin, les possessions des Habsbourg s'en trouvèrent exclues. François II, le dernier empereur romain germanique, devint ainsi le premier empereur d'Autriche sous le nom de François Ier, en 1805.

Le congrès de Vienne, en 1815, consacre ce titre et réalise un compromis entre le nouvel ordre napoléonien en Europe centrale (la simplification des états en Allemagne est notamment conservée), et la restauration de l'ordre antérieur : ainsi, une Confédération germanique est créée dans les limites de l'ex-Empire germanique, dont l’empereur d’Autriche prend la présidence. Toutefois, la prééminence autrichienne est rapidement contestée par le Royaume de Prusse.

Les territoires de l’Empire de François Ier comprenaient près de 900 000 kilomètres carrés répartis entre[1] :

En outre, Ferdinand, frère de François Ier, règne sur le Grand-duché de Toscane, et l'influence autrichienne sur les royaumes d’Espagne et de Naples est majeure.

À sa mort en 1835, François Ier laisse une situation politique stable en apparence, mais basée sur l'absolutisme, et que la montée des idées issues de la Révolution française, va bouleverser. Son fils Ferdinand Ier, bien que faible d’esprit, monte sur le trône, soutenu par le chancelier Metternich qui voit en la personne du monarque non un individu, mais un principe auquel rien ne doit déroger.

Le « printemps des Peuples » de 1848 voit les peuples de l'Empire réclamer des libertés civiques et l'autonomie de leurs territoires : c'est ce que feront les Tchèques en Bohême-Moravie, les Polonais en Galicie, les Croates en Croatie-Slavonie, les Roumains au Banat, en Transylvanie et en Bucovine. Les Italiens du Royaume lombard-vénitien et les Hongrois du royaume de Hongrie réclament, pour leur part, l'indépendance et proclament des républiques. La révolution prend de l'ampleur, et les Hongrois sont victorieux mais, en vertu de la Sainte-alliance, les Habsbourg font appel aux troupes russes qui défont militairement et écrasent dans le sang la république hongroise dirigée par Kossuth, mais affaiblie par son autoritarisme, qui avait détaché d'elle les révolutionnaires non-magyars comme Ávrám Jankó/Avram Iancu.

À Vienne même, la population se soulève contre les aristocrates, obligeant les Habsbourg et Metternich à fuir la ville. Les événements de Vienne et de Budapest font si peur aux dirigeants habsbourgeois, hantés par le sort de Marie-Antoinette d'Autriche lors de la Révolution française, qu'un « complot des Dames » se noue entre l’archiduchesse Sophie (1805-1872), l’impératrice douairière, Augusta, demi-sœur de Sophie, et l’épouse de Ferdinand, née Marie-Anne de Savoie, qui décident qu’il faut donner à l’empire d’Autriche un nouveau souverain, plus jeune et plus énergique. François-Joseph, fils de l’archiduc François-Charles d'Autriche (1802-1878) et de l’archiduchesse Sophie, neveu et héritier légitime de Ferdinand Ier, monta sur le trône en 1849, après l’abdication de ce dernier et la renonciation de son père.

Cette accession n'est toutefois pas admise par la majorité des aristocrates hongrois, qui considèrent Ferdinand Ier comme leur souverain. La prééminence de la Maison d'Autriche est contestée aussi en Allemagne, par la Royaume de Prusse, qui à la suite de la guerre des Duchés et de la bataille de Sadowa, y met fin. La création de l'Empire allemand, à la suite de la défaite de la France à Sedan, consacre la première place des Hohenzollern en Allemagne. Au sud-ouest, l'unité italienne, menée par Victor-Emmanuel II, Cavour et Garibaldi, avec l'aide de Napoléon III, met fin à la présence autrichienne en Italie, à l'exception du Tyrol du Sud et de Trieste. L'Empire doit donc se réorganiser pour survivre.

Après que l'Autriche s'est retirée de la Confédération germanique[2] en 1866, les options fédérales à six (Autriche, Bohême, Galicie, Hongrie, Croatie et Transylvanie), à quatre (Autriche, Bohême, Croatie, Hongrie) ou à trois (Autriche, Hongrie, Croatie) ont été abandonnées.

Après de longues négociations, le compromis austro-hongrois est signé le 18 février 1867. L'Empire devient une « double monarchie » : deux états quasi-indépendants sous un seul monarque, en union douanière, monétaire et militaire, avec trois ministères communs : les Affaires étrangères, la Guerre et les Finances[3]. Ce compromis fait accepter François-Joseph et Elisabeth par les aristocrates hongrois, et ils sont solennellement couronnés le 8 juin 1867 roi et reine de Hongrie à Budapest. Mais cela ne satisfait pas vraiment les autres peuples minoritaires, slaves (Tchèques, Slovaques, Polonais, Ukrainiens, Slovènes, Croates, Serbes) ou latins (Italiens, Roumains), ce qui aboutira en 1918, à l'issue de la Première Guerre mondiale, à la dislocation de l'Autriche-Hongrie, conformément au « Droit des peuples à disposer d'eux-mêmes » formulé dans le dixième des quatorze points du président américain Woodrow Wilson et discuté au cours de la Conférence de Paris en 1919, conclue par la signature du traité de Saint-Germain qui consacre la fin de l'Empire, l'interdiction pour les Habsbourg de résider en Autriche et aussi l'interdiction, pour les Allemands d'Autriche, de s'unir à la République de Weimar, en dépit du fameux « Droit des peuples ».

Subdivisions de l'Empire d'Autriche de 1816 à 1867 : chacune d'elles (et quelques autres, pas toutes situées dans l'empire) entrait dans la titulature de l'empereur, récitée lorsque celui-ci était annoncé.













Les empereurs d’Autriche[modifier | modifier le code]

La couronne de Rodolphe II, réalisée en 1602 par des artisans pragois, deviendra plus tard la couronne impériale d'Autriche











































Arbre généalogique

Arbre des héritiers du titre impérial

Les prétendants au trône[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Hans-Erich Stier (dir.) : « Westermann Grosser Atlas zur Weltgeschichte », 1985, (ISBN 3-14-100919-8), pp. 130-131 et Onésime Reclus : « Grande Géographie Bong illustrée », tome II, 1912.
  2. Voir l'article Wikipedia très détaillé sur ce sujet.
  3. Brigitte Vacha, Die Habsburger, Eine Europäische Familiengeschichte", Sonderausgabe 1996, p.413.