Empire Monomotapa

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Empire Monomotapa
Mwene a Mutapa

c. 1450 – 1629

Blason
alt=Description de cette image, également commentée ci-après

« L'Empire du Monomotapa et la Coste des Caffres »
(carte de 1688)

L'Empire Monomotapa, aussi appelé Empire du Grand Zimbabwe, Mwene Mutapa, Munhumutapa ou Mutapa, était un royaume médiéval (c. 1450-1629) situé en Afrique australe et recouvrant les territoires des actuels Zimbabwe et Mozambique méridional, au sud du Zambèze. Sa capitale était le Grand Zimbabwe.

Histoire de l'empire[modifier | modifier le code]

L'enceinte de Grand Zimbabwe, la capitale

L'empire fut établi par les Gokomere qui étaient les ancêtres du peuple moderne shona. Le Monomotapa atteint son apogée autour des années 1440 grâce au commerce de l'or. Celui-ci était exporté depuis le territoire de l'empire vers le port de Sofala au sud du delta du Zambèze, où les commerçants Indiens l'achetaient : les textiles du Gujerat étaient échangés contre l'or le long des côtes. Mais, rapidement, la pression des commerçants Portugais et Arabes commença à changer l'équilibre des forces dans la région.

Les Portugais débutèrent leurs tentatives de dominer l'Empire Monomotapa dès 1505 mais restèrent confinés sur la côte pendant de longues années, d'après Fernand Braudel jusqu'en 1513.

L'empire Monomotapa déclina pour des causes internes : luttes entre factions rivales, et épuisement de l'or des rivières qu'il contrôlait. Le commerce de l'or fut ensuite remplacé par le commerce des esclaves. À cette époque, les États arabes de Zanzibar et Kilwa devinrent dominants dans la région grâce à la traite des Noirs vers l'Arabie, la Perse et l'Inde (Braudel p. 430).

L'empire fut finalement conquis en 1629 par les Portugais et ne retrouva jamais son indépendance. Les derniers représentants des familles royales établirent un autre royaume Mutapa au Mozambique, parfois appelé « Karanga ». Les rois Karanga s'appelaient mambos (pluriel) et régnèrent sur la région jusqu'en 1902.

Empereurs et rois[modifier | modifier le code]

  • Mwenes ou Monomatapas du premier Empire Mutapa (Monomotapa) : II=2
    • Nyatsimba Mutota (c. 1430–c. 1450)
    • Matope Nyanhehwe Nebedza (c. 1450–c. 1480)
    • Mavura Maobwe (1480)
    • Mukombero Nyahuma (1480–c. 1490)
    • Changamire (1490–1494)
    • Kakuyo Komunyaka (1494–c. 1530)
    • Neshangwe Munembire (c. 1530–c. 1550)
    • Chivere Nyasoro (c. 1550–1560)
    • Chisamharu Negomo Mupuzangutu (1560–1589)
    • Gatsi Rusere (1589–1623)
    • Nyambo Kapararidze (1623–1629)
  • Mwenes ou Monomatapas du deuxième royaume Mutapa (Karanga) :
    • Cangara II (1803 - 1804)
    • Mutiwapangome (1804 - 1806)
    • Mutiwaora (1806)
    • Cipfumba (1806 - 1807)
    • Nyasoro (1807 - 1828)
    • Cimininyambo ou Kandeya II (1828 - 1830)
    • Dzeka (1830 - 1849)
    • Kataruza (1849 - 1868)
    • Kandeya III (1868-1870)
    • Dzuda (1870-1887)
    • Cioko Dambamupute (1887-1902)

Le rôle du commerce de l'or[modifier | modifier le code]

L'empire a eu un autre effet indirect sur l'histoire de l'Afrique Australe. L'or de l'empire inspira aux Européens la croyance que le Monomotapa détenait les légendaires mines du Roi Salomon mentionnées dans la Bible. Cette croyance fut l'un des facteurs qui conduisit la compagnie néerlandaise des Indes orientales (VOC) à fonder la colonie du Cap, qui débouchera sur la création de l'État d'Afrique du Sud.

Ces légendes ne sont pas la raison première de la fondation de la ville (Le Cap fut d'abord une escale à mi-parcours des routes maritimes entre l'Europe et l'Inde), mais elles furent abondamment utilisées par la VOC pour convaincre des colons crédules de venir s'y établir, rêvant de trouver la mythique cité de l'Or « Ophir » ou « Zand », tout comme les premiers colons en Amérique du Sud recherchaient l'Eldorado. Les noms d'Ophir (de l'hébreu אוֹפִיר, port ou pays biblique connu pour sa richesse en or) et de Zand (du persan زنگبار Zanj, Zanji-bar signifiant depuis l'Antiquité la « Côte des Noirs » d'où le nom de Zanzibar) ont agi comme des aimants sur les colons néerlandais et autres.

Ironiquement, ce n'est pas l'Empire Monomotapa, mais l'Afrique du Sud qui avait les plus grandes réserves connues d'or connues à ce jour, dans ce qui devint plus tard Johannesburg, mais cela prit environ deux siècles avant qu'on ne les découvre. Johannesburg est encore souvent citée comme la « cité de l'or » et en fait son nom reflète exactement cela dans la plupart des langues indigènes (« Gauteng » en Sotho ou « Egoli » en Zoulou).

Source[modifier | modifier le code]

  • Fernand Braudel, volume III de Civilisation matérielle et capitalisme, 1979 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Innocent Pikirayi, The archaeological identity of the Mutapa state : towards an historical archaeology of northern Zimbabwe, Societas archaeologica Upsaliensis, Uppsala, 1993, 200 p. (ISBN 91-506-1007-4) (thèse remaniée,
  • (fr) Hermenegildo Carlos de Brito Capello et Roberto Ivens, Quelques notes sur l'établissement et les travaux des Portugais au Monomotapa, 1889, 70 p.
  • (fr) William Graham Lister Randles, L'Empire du Monomotapa du XVe au XIXe siècle, Editeur(s) : École des hautes études en sciences sociales, Paris ; Mouton, La Haye, 1975, 167 p. (ISBN 2-7193-0415-8)
  • (pt) António Luís Ferronha (dir.), O Monomotapa (introd., modernisation du texte et notes par António Luís Ferronha), Grupo de trabalho do Ministério da Educação para as comemorações dos Descobrimentos portugueses, Lisbonne, 1994, 109 p. (ISBN 972-8186-00-2)
  • (pt) Antonio Pereira de Paiva e Pona, Dos primeiros trabalhos dos Portuguezes no Monomotapa : o padre D. Gonçalo de Silveira, 1560 (memoria apresentada á 10.a sessão do Congresso internacional dos orientalistas), Imprensa nacional, 1892, 101 p.
  • Une civilisation africaine, le Monomotapa