Emmerich Joseph von Breidbach zu Bürresheim

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E.-J. von Breidbach zu Bürresheim
Image illustrative de l'article Emmerich Joseph von Breidbach zu Bürresheim
L’archevêque Emmeric-Joseph von Breidbach zu Bürresheim
Biographie
Naissance 12 novembre 1707
Coblence
Ordination sacerdotale 5 octobre 1758
Décès 11 juin 1774
Mayence
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 13 novembre 1763
Dernier titre ou fonction prince-archevêque de Mayence
Evêque de Worms
1er mars 176811 juin 1774
Précédent Jean-Philippe II von Walderdorff Friedrich Karl Joseph von Erthal Suivant
archevêque de Mayence
5 juillet 176311 juin 1774
Précédent Johann Friedrich Karl von Ostein Friedrich Karl Joseph von Erthal Suivant
Autres fonctions
Fonction religieuse
doyen du chapitre cathédral (1758-1763)
Fonction laïque
chambellan de la cour électorale de Mayence (1747-1758)
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Emmerich Joseph von Breidbach zu Bürresheim, né à Coblence le12 novembre 1707 et mort à Mayence le 11 juin 1774, fut grand doyen de l'église metropolitaine de Mayence, prince-Électeur et archevêque de Mayence.

Biographie[modifier | modifier le code]

Emmeric-Joseph von Breidbach provenait d'une famille noble de Bürresheim (voir aussi→ Château de Bürresheim). Il fut élu canoniquement archévêque le 5 juillet 1763, après la mort de Johann Friedrich Karl von Ostein.

Par son ouverture aux principes des Lumières, il se révéla comme le plus éminent prince-archevêque de Mayence du XVIIIe siècle. S'il se borna sur le plan économique à poursuivre la politique mercantiliste de son prédécesseur (il n'y eut guère de grande réforme économique), il se consacra d'autant plus à la réforme de l'éducation. Il s'employa surtout à circonscrire l'influence des ordres religieux, en particulier celle des Jésuites, qui contrôlaient les universités et les lycées. Ses tentatives ne devaient toutefois aboutir qu'avec la dissolution de l'ordre par le pape Clément XIV en 1773.

Pour donner aux lycées et à l'université une autonomie financière, Emmeric-Joseph von Breidbach dispersa des congrégations devenues fantômatiques, réquisitionna leurs biens et restreignit les privilèges des religieux. Cela provoqua en 1771 l'opposition du chapitre canonial, qui s'inquiétait de la perte de ses propres possessions et de ses privilèges, mais qui dut finalement s'incliner devant l'archevêque. Ces mesures contribuèrent à améliorer le niveau d'instruction, et à introduire dans l'enseignement de nouvelles disciplines plus tournées vers la pratique, notamment les sciences de la nature, qui faisaient des enfants non plus seulement de bons chrétiens, mais aussi et surtout des citoyens productifs.

Avec les deux autres électeurs archevêques (Cologne et Trèves), Emmerich Josef s'efforça, de 1768 à 1770, de réduire l'autorité du pape sur les affaires de son diocèse. Mais ce fut un échec à cause des désaccords entre les trois prélats, du soutien défaillant de l'empereur Joseph II et du pape Clément XIII peu enclin à faire des concessions. Les idées des Lumières reçurent leur impulsion définitive sous son règne. Il mourut d'un polype cardiaque le 11 juin 1774.

En résumé, le règne d'Emmeric-Joseph, comme celui de ses prédécesseurs, se traduit par une sécularisation de la politique, ainsi qu'une dissociation croissante de ses fonctions temporelles et spirituelles. Ce fut sous Emeric-Joseph, que Mayence commença à prospérer[1].

Du côté de ses sujets, qui traditionnellement étaient encore très attachés à l'Église, mais aussi du côté du chapitre, qui se voyait menacé sur ses positions, les réformes paraissaient anticléricales et créaient une menace pour la religion catholique. C'est pourquoi après la mort de l'archevêque Emmeric-Joseph, le chapitre porta son choix sur un successeur qui, croyaient-ils, ferait machine arrière.

Il meurt le 11 juin 1774 et est enterré dans la Cathédrale Saint-Martin de Mayence, dont il avait restauré la tour ouest après un coup de foudre en 1767 par Franz Ignaz Michael Neumann.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandre Louis Bertrand Beaunoir, Voyage sur le Rhin, depuis Mayence jusqu'à Dusseldorf, tome premier, Neuwied, 1791