Emmanuel d'Alzon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Emmanuel d'Alzon

alt=Description de cette image, également commentée ci-après

Le père Emmanuel d'Alzon

Nom de naissance Emmanuel-Marie-Joseph-Maurice Daudé d'Alzon
Alias
Le Père d'Alzon ou encore Le Lion des Cévennes
Naissance 30 août 1810
Le Vigan (Gard)
Décès 21 novembre 1880 (à 70 ans)
Nîmes (Gard)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Vicaire général de Nîmes - fondateur et premier supérieur général des Augustins de l’Assomption

Emmanuel Joseph Marie Maurice Daudé d'Alzon, né le 30 août 1810 dans l'hôtel de La Condamine au Vigan, et mort à Nîmes le 21 novembre 1880 est un prêtre catholique français, fondateur et premier supérieur général des Augustins de l’Assomption, ou Assomptionnistes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Emmanuel d'Alzon est né dans les Cévennes, région fortement marquée par le protestantisme, et cette cohabitation avec une religion rivale, loin de le rendre plus fragile dans sa foi, ne fit que l’ancrer avec plus de force dans le catholicisme.

Après des études au séminaire de Montpellier puis à Rome, où il fut ordonné prêtre le 26 décembre 1834, il revint en France où il fut nommé vicaire général du diocèse de Nîmes, poste qu'il devait occuper pendant quarante-quatre ans, au service de quatre évêques.

En 1844 il reprit à Nîmes le Collège de l'Assomption[1], destiné aux enfants de l'aristocratie et qui fut à l’origine de sa congrégation. Cette appellation est d'ailleurs caractéristique car l'Assomption n’était alors officiellement qu’une pieuse croyance, même s’il était déjà périlleux de la nier, et elle faisait froncer le sourcil des érudits si elle enthousiasmait les simples. Par son langage, volontiers populaire, et par ses idées, il s’opposait non seulement à l'anticléricalisme délicat d'Anatole France mais aussi à Monseigneur Dupanloup, tel que le peint Renan, pour qui une bonne éducation classique était le complément naturel du catholicisme. Il collabora volontiers avec dom Guéranger, Louis Veuillot, et d'autres militants du catholicisme. La Revue de l'Enseignement Chrétien, qu'il fonda et dirigea, s’attacha à réintroduire l'esprit chrétien dans les études classiques et, pour combattre le protestantisme dans la France du Sud, il créa l'association Saint-François de Sales.

Avec des prêtres de Nîmes, sur la demande de Mgr Plantier, il vint à Rome chez le souverain pontife. C'était le commencement des grands pèlerinages français appelés pèlerinages nationaux, dont les directeurs furent pendant de nombreuses d'années des religieux de l'ordre fondé par le Père d'Alzon. Ses « alumnats », ou écoles apostoliques, permirent de faire des études à des enfants pauvres appelés au sacerdoce, mais qui, faute d’argent, n’auraient pu être admis dans les séminaires. Les pères de l’Assomption ouvrirent quinze de ces maisons qui en vingt-cinq ans fournirent plus de 500 prêtres au clergé séculier. Pour soutenir ce travail de charité, le Père d'Alzon fonda l'association Notre-Dame des Vocations, enrichie de nombreuses indulgences par Pie IX et Léon XIII. La confrérie, par un diplôme du Saint-Siège fut établie canoniquement dans la chapelle de l'Université de Nîmes, et reçut l'approbation de nombreux évêques. Le Père d'Alzon fut très estimé par les papes Grégoire XVI et Pie IX. En 1863 ce dernier l'envoya à Constantinople pour fonder en Orient des missions de la Congrégation de l'Assomption. C'est pour répondre à cet appel précis qu'il fonda en 1865 la congrégation des Oblates de l'Assomption, religieuses missionnaires qui devaient collaborer avec les augustins de l'Assomption.

Plus d'une fois on proposa au père d'Alzon l'épiscopat, mais il déclina toujours cet honneur, préférant se consacrer à sa congrégation.

Il exerça une grande influence sur la vocation de certains de ses contemporains à l'exemple de Jean-Charles Arnal du Curel, futur évêque de Monaco.

Il était ami de l'abbé Théodore Combalot, qui fut l'un des inspirateurs de la construction de la statue colossale de Notre-Dame de France au Puy-en-Velay.

Hommage[modifier | modifier le code]

Plusieurs établissements d'enseignement portent son nom dans divers pays:

Sources[modifier | modifier le code]

  • Retranscription de son Acte de naissance [1]

« L'an Mil huit cent-dix, le trente un août à dix heures du matin en la Maison commune, par-devant nous François Dortet de Tessan, maire et officier de l'État civil de la ville du Vigan - département du Gard, est comparu Monsieur André-Henri Daudé d'Alzon, propriétaire foncier, domicilié en cette ville, qui nous a présenté un enfant du sexe masculin, né le jour d'hier, à une heure et demie du soir, de lui déclarant et de Dame Marie-Jeanne-Clémence Faventine, son épouse, auquel il a déclaré vouloir donner les prénoms de Emmanuel-Marie-Joseph-Maurice, lesquelles présentation et déclaration ont été faites en présence des Sieurs David Fadat marchand et Marc Cadenat boulanger, tous deux majeurs et domiciliés en cette ville, et ont les père et témoins signé avec nous le présent acte de naissance après leur en avoir fait lecture. E. d'Alzon, Tessan, maire, Fadat, M. Cadenat. »

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu d’une traduction de l'article de l'Encyclopedia Catholica de 1911 (domaine public) en anglais intitulé « Augustinians of the Assumption ».
  • Article de Romain Mazenod dans Le pèlerin no 6627 - Éditions Bayard - Page 46

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Périer-Muzet, Jean-Paul. Lettres du Père d'Alzon. Rome.
  • Sève, André. Ma vie c'est le Christ, Emmanuel d'Alzon. Éditions Bayard.
  • Vailhé, Siméon. Vie du P. Emmanuel d'Alzon. Maison de la Bonne Presse, 2 vol., 1927.
  • Collectif, sous la direction de René Rémond et Émile Poulat. Colloque d'histoire : Emmanuel d'Alzon dans la société et l'Église du XIXe siècle. Centurion, 1982.
  • Encyclopædia Britannica. « Alzon, Emmanuel d'». Ultimate Reference Suite 2008.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. L'établissement fut confisqué en 1909 après l'expulsion des derniers Assomptionnistes et il devint en 1920 Lycée de jeunes filles puis Collège Feuchères (voir De l'Assomption au Collège Feuchères

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]