Emmanuel Mané-Katz

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Emmanuel Mané-Katz

Emmanuel Mané-Katz est un peintre français de culture juive né à Krementchoug en Ukraine en 1894 et mort à Haifa, Israël en 1962.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son enfance fut totalement imprégnée par la culture juive. Son père, qui s'occupait (chamach, en yiddish - chames) de la synagogue de Krementchoug, l'éduqua selon les préceptes de la religion juive orthodoxe, souhaitant qu'il devienne rabbin. Le jeune Emmanuel apprit à dessiner en cachette. Il quitta une première fois le ghetto de sa ville natale pour étudier à l'école des Beaux-Arts de Vilnius, mais ignorant tout du monde laïque, il retourna rapidement à la maison familiale. Encouragé par un artiste originaire d'Odessa, il entra d'abord à l'école des Arts décoratifs de Myrhorod, à seize ans, puis s'inscrivit en 1911 à l'école des Beaux-Arts de Kiev et s'initia à la culture européenne.

Il arriva à Paris à dix-neuf ans en 1913 et suit les cours dans l'atelier de Fernand Cormon. Désireux de s'engager dans la légion étrangère lors de la déclaration de la guerre, il fut refusé en raison de sa petite taille. Il voyagea alors à travers l'Europe, visitant les musées où il fit l'apprentissage des maîtres anciens et plus particulièremant de Rembrandt. Il découvrit la peinture de ses contemporains, des Fauves, dont celle d'André Derain qui eut une influence déterminante. De retour à Paris en 1921, l'artiste, qui s'était forgé un style, devait trouver dans la thématique traditionnelle judéo-slave la source de son inspiration. Il fait sa première exposition particulière en 1922 à la galerie Percier. Il s'affirma peu à peu comme l'un des peintres de l'âme juive aux côtés de ses aînés de l'École de Paris, Amedeo Modigliani et Chaïm Soutine et expose dans de nombreux Salons et galeries parisiennes. Il est naturalisé français en 1928.

L'art de Mané-Katz cherche à maintenir la culture vivante de la Torah. Son parcours au sein de l'École de Paris et dans le groupe de Montparnasse fut plus orthodoxe que celui de Chagall par exemple. Mané-Katz s'affirma comme le grand peintre de la diaspora. Témoin de la dispersion du peuple d'Israël, du folklore judéo-slave, de la littérature yiddish, Mané-Katz dans son exil, atteste de sa fidélité à sa tradition originelle.

Il est le peintre des rabbins, des ghettos, et des Justes, celui de la dispersion, véritable témoin et poète de son peuple. Il apporte avec lui en Occident ce monde des Talmudistes, des musiciens ambulants suivant les cortèges, de mariés, de prophètes, d'artisans. Même s'il ne veut pas être seulement un peintre juif et qu'il a consacré des œuvres aux fleurs, aux paysages de Paris, de Vendée et de Bretagne, il demeure un interprète des communautés juives d'Europe centrale et orientale. Malgré de nombreux séjours en Israël, il n'arrive pas à s'intégrer à ce nouveau monde et ne peindra jamais la réalité nouvelle d'Israël combative et fière. Dans ses toiles peintes en Israël on retrouve toujours son imagerie des paysages d'Ukraine et des vieux rabbins enfouis dans sa mémoire.

La ville de Haifa en Israël lui a consacré un musée.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Chefs-d'œuvres de la Collection Rau, Catalogue de l'Exposition au musée du Luxembourg à Paris en 2000.
  • École Juive de Paris, Celiv, Paris, 1995.
  • Nadine Nieszawer, Peintres juifs de l'ecole de paris 1905-1939, éd. Denoël, 2000.
  • RAGON, Michel, Mané-Katz, ed. Georges Fall, 1961.

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