Emmanuel Hocquard

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Emmanuel Hocquard, né en 1940[1],[2] à Paris[réf. nécessaire], à Cannes[3] ou à Tanger[4] suivant les sources, est un poète et traducteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Emmanuel Hocquard peut être défini comme un tenant d'une « modernité négative »[5]. Il a créé la maison d'édition Orange Export Ldt, avec Raquel[3] en 1973. Cette structure disparaît en 1986. Hocquard a également dirigé le département de littérature contemporaine à l’A.R.C.[Quoi ?] (Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris) de 1977 à 1991 puis fondé en 1989 Un bureau sur l’Atlantique[6], une association destinée à favoriser une meilleure connaissance, en France, de la poésie américaine contemporaine.

Son travail, qui se réclame des objectivistes américains (Charles Reznikoff ou George Oppen), s’attache à rompre avec le lyrisme pour privilégier des formes minimalistes et descriptives. Le poète selon Emmanuel Hocquard est « un guetteur involontaire de notre quotidien, et qui en retient ce qu’il veut en retenir. (...) Il s’agit alors de parvenir à une sorte d’écriture tabulaire, de l’ordre de la photographie, d’où serait exclu tout attirail métaphorique, c’est-à-dire toute pseudo-profondeur, et qui néanmoins s’imposerait au regard, à l’oreille et à la sensibilité même comme “poétique”, à cause de son agencement, sa grammaire et sa focale. »[7] Dans Le Cap de Bonne Espérance (1988), Emmanuel Hocquard écrit : « Tel fut mon art : de brusques contrastes entre un prosaïsme trivial et de nostalgiques élans de l’âme ; la rapidité des changements de ton, l’emploi d’une langue familière qui ne s’interdisait pourtant pas les emprunts érudits, les réminiscences mythologiques, le recours aux abstractions. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Album d’images de la villa Harris, Hachette/POL, Paris 1978
  • Les dernières nouvelles de l’expédition sont datées du 15 février 17.., Hachette/POL, Paris, 1979
  • Une journée dans le détroit, Hachette/P.O.L, Paris, 1980
  • Une ville ou une petite île, Hachette/P.O.L, Paris, 1981
  • Aerea dans les forêts de Manhattan, POL, Paris, 1985. Prix France Culture
  • Des nuages & des brouillards, Spectres Familiers, été 1985
  • Le Modèle et son peintre (en collaboration avec Alexandre Delay), Villa Médicis, Rome, 1987
  • Un privé à Tanger, POL, Paris, 1987
  • La Bibliothèque de Trieste, Éditions Royaumont, Asnières sur Oise, 1988
  • Le Cap de Bonne-Espérance, POL, Paris, 1989
  • Deux étages avec terrasse et vue sur le détroit, Royaumont, Asnières sur Oise, 1989
  • Les Elégies, POL, Paris, 1990
  • Théorie des tables, POL, Paris, 1992
  • Tout le monde se ressemble, POL, Paris, 1995
  • Un test de solitude, POL, Paris, 1998
  • Le Consul d’Islande, POL, Paris, 2000
  • Ma haie, POL, Paris, 2001
  • L'Invention du verre, POL, Paris, 2003
  • Conditions de lumière, POL, Paris, 2007 (ISBN 978-284682-205-3)
  • Méditations photographiques sur l'idée simple de nudité, POL, Paris, 2009 (ISBN 978-2-84682-445-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://viaf.org/viaf/22143264/
  2. http://d-nb.info/gnd/123450144/about/html
  3. a et b http://www.cipmarseille.com/auteur_fiche.php?id=358
  4. http://www.universalis.fr/encyclopedie/emmanuel-hocquard/
  5. Voici la définition qu’en donne Dominique Rabaté : « (…) “Modernité négative” donc qui se signale par un certain nombre de refus que La Bibliothèque de Trieste articule. Au contraire des Poètes (qui revendiquent volontiers la majuscule) qui croient à l’expression d’une “essence poétique transcendante, permanente et universelle”, les poètes “mineurs”, selon Hocquard, recherchent “une poésie sans accent poétique, aussi sèche qu’une biscotte sans beurre”. Anti-lyriques, “le pathos n’est pas leur affaire. Leur propos n’est pas de chanter, de séduire, de s’apitoyer”. Ils cherchent, au contraire, en s’ouvrant à d’autres champs que la littérature, du côté de la philosophie du langage ou de la linguistique, à donner à voir le travail du langage, à le figurer sur la page, selon des découpages ou des tabulations qui sont les ressources propres de l’écriture (…) ». Dominique Rabaté, extrait du Dictionnaire de poésie de Baudelaire à nos jours, sous la direction de Michel Jarrety, Puf, 2001.
  6. http://epc.buffalo.edu/orgs/bureau/
  7. Jean-Michel Maulpoix dans son article : « La poésie française depuis 1950 (IIe partie) : 1970 : Décanter, déchanter... »

Liens externes[modifier | modifier le code]