Emmanuel Ethis
|
|
Le ton de cet article ou de cette section est trop promotionnel ou publicitaire.
Modifiez l'article pour adopter un ton neutre ou discutez-en.
|
Emmanuel Ethis
| Nom de naissance | Emmanuel Ethis |
|---|---|
| Naissance | 21 décembre 1967 |
| Nationalité | française |
Emmanuel Ethis, né le 21 décembre 1967 à Compiègne[1], est un universitaire français, président de l'université d'Avignon et des Pays de Vaucluse depuis le 9 août 2007.
Sociologue de la culture, Professeur des universités en Sciences de l'Information et de la Communication, il est spécialiste de la réception du cinéma et de l'étude des publics des grands festivals (de Cannes et Avignon), et de la sociologie des comédiens.
Sommaire |
Biographie [modifier]
Formation [modifier]
Après des DUT en génie civil et génie climatique à l'université de Reims et en gestion des entreprises et des administrations à l'université de Lille 3, il obtient une maîtrise en sciences de l'information et de la communication à Avignon puis un DEA en Sciences sociales à l'EHESS. Docteur en sociologie des arts et de la culture de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales en 1998 avec une thèse intitulée Les spectateurs du temps, introduction à une sociologie de la réception des œuvres filmiques, sous la direction de Jean-Claude Passeron et d'Emmanuel Pedler, Emmanuel Ethis obtient, en 2002, son habilitation à diriger des recherches en Sciences de l’information et de la Communication, avec Poïétique du questionnaire, le spectateur imaginé, à l'Université Stendhal-Grenoble III[2].
Sociologue des publics et du cinéma [modifier]
Maître de conférences en 1998[3], puis professeur des universités en 2003[4], en Sciences de l'information et de la communication, il enseigne à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse, dont il dirige le département des Sciences de l'information et de la communication et est directeur adjoint de l'équipe "Culture et Communication" du centre Norbert Elias (Unité mixte de recherche associant l'EHESS, le CNRS et l'université d'Avignon)[2].
Emmanuel Ethis a notamment écrit sur le concept de spectateur et sa perception du spectacle cinématographique (Les Cahiers du cinéma, Communication et langages, Musurgia, Studio Magazine, Protée…). À ce titre, il a fait des études sur la perception hétérogène du temps par le public lors de la projection, constatant que cette perception est propre à chacun et indépendante du plaisir ou de la satisfaction ressentie. Il a également développé l'idée de « public médiateur » à propos du Festival d'Avignon[5]. À propos de son ouvrage Sociologie du cinéma et de ses publics le journaliste Olivier Séguret souligne qu'il s'agit" d'abord d'une synthèse de l'histoire des idées apportées au cinéma par la sociologie, et vice versa, avec le bonus d'un cours de rattrapage idéal aux cinéphiles qui auraient buissonné l'Ecole de Francfort et, plus inédit, d'un rapide inventaire du legs offert sur ce sujet par les cultural studies anglo-saxonnes, souvent négligées sous nos latitudes provinciales. Ensuite, la tentative moins classique de faire le point sur toutes les questions qui touchent à la «réception des oeuvres» par leurs publics et à la très délicate définition du «goût» en matière de films, questions sur lesquelles l'éclairage change aussi vite que les époques, et qui forment donc la part la plus fraîche du livre, voire la plus aventureuse. Les lignes qui tentent de cerner l'étrange rituel que continue de constituer aujourd'hui la «conversation» autour des films, sport presque naturel et pratiqué à tous les étages de la société, donnent une bonne idée du caractère extrêmement fugace et de la définition presque liquide de l'objet réellement convoité par l'auteur : la place symbolique, encore dominante et universelle, que nous avons bien voulu accorder, humains, à l'étrange royaume des ombres électriques"[6].
Il a collaboré à Libération et au magazine Synopsis, et intervient régulièrement sur France Culture et France Inter[7], et a dirigé le numéro 7 de la revue Culture et Musées intitulé Body is comedy, figures du corps au cinéma, ainsi qu'un numéro spécial de la revue québécoise Protée intitulé « Cannes Hors projection ».
Il a présidé durant plusieurs années la Compagnie de Ours de Robert Cantarella. Membre du conseil d'administration du Festival d'Avignon jusqu'en 2008, vice-président depuis 2009 de la Maison Jean-Vilar à Avignon[2], il succède à Alain Crombecque à la présidence de l’Institut supérieur des techniques du spectacle après 2009. Il fait partie du groupe de réflexion sur le cinéma, L'Exception, animé par le critique Jean-Michel Frodon pour Le Monde-Sciences-Po. Il siège au comité d'orientation scientifique de l'INA.global.fr et au comité de rédaction de la revue Culture et Musées. Il codirige depuis 2006 avec Jean Caune la collection Art, culture, publics aux Presses universitaires de Grenoble. Depuis 2013, Emmanuel Ethis est également administrateur du Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, du Musée du Quai Branly ainsi que du Festival international de cinéma de Marseille.
Emmanuel Ethis est intervenu comme conseiller sociologique sur le film de Jacques Maillot, Les Liens du sang (2008). En 2010, Laure Duthilleul lui propose d'interroger Sophie Marceau dans le cadre d'un documentaire de la série Empreintes sur France 5 consacré à l'actrice[8].
Actuellement, Emmanuel Ethis conduit en tant que responsable scientifique une enquête sur le Festival de Cannes (Marché du Film) et à la demande du Festival d'Avignon une nouvelle enquête sur les spectateurs de la manifestation estivale. Il conduit également une étude sur de jeunes comédiens pour dresser une sociologie de ces carrières, mises en parallèle avec celles de stars confirmées[9]. Suite à la publication de son ouvrage La petite fabrique du Spectateur qui propose des portraits ethnographiques des spectateurs festivaliers de Cannes et d'Avignon, le critique Jérôme Garcin décrit l'approche sociologique d'Emmanuel Ethis comme celle d'un "écrivain et sociologue qui est le Robert Doisneau des festivaliers. Cela fait dix ans qu'il étudie, décrypte, éclaire les comportements de la foule anonyme des pèlerins d'Avignon et de Cannes. Grâce à lui, l'épopée des Festivals se déroule autant dans les gradins que sur la scène."[10].
En tant que sociologue du cinéma, Emmanuel Ethis nous livre aussi l'exploration par le cinéma d'espaces de représentations qui constituent des genres invisibles, tels les films qui représentent l'université au cinéma. Dans un ouvrage sorti en 2012, Les Films de campus, l'université au cinéma coécrit avec Damien Malinas, on redécouvre comment le cinéma met en scène cette période qui suit le baccalauréat, nous laissant apercevoir - via le cinéma - ce qui constitue le "fondement de l'Université : son statut de lieu de savoir, avec sa science normale et ses révolutions scientifiques, simultanément lieu cosmopolite de production de l'universel et champ de luttes, au sens de Pierre Bourdieu où s'affrontent paradigmes, générations et libidines sciendi concurrentes" [11].
Président d'université [modifier]
Élu président de l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse, il prend ses fonctions le 9 août 2007 et est reconduit dans celles-ci le 5 avril 2012 pour un second mandat. Il créée la fondation universitaire de l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse le 25 février 2010 dont le mécène Pierre Bergé devient le président d'honneur. L'université d'Avignon accèdera à l'autonomie en janvier 2010. Ceci va permettre à Emmanuel Ethis d'affirmer l'identité de l'établissement qu'il préside suivant deux axes thématiques - l'axe Agro&sciences d'une part, et d'autre part l'axe Culture, Patrimoine, Société Numérique - offrant ainsi à cette université un remarquable ancrage sur son territoire notamment pour ses formations et sa recherche d'excellence en lien avec des organismes de recherche tels que l'INRA et le CNRS. Comme le signale le rapport d'évaluation AERES de l'Université d'Avignon[12], cette université va se transformer en prenant son autonomie, une autonomie qui s'accompagne d'une politique de communication originale et d'une vie de campus, particulièrement sur le plan culturel.
En février 2008, il anime, à la demande du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, une commission sur les relations entre les mondes de la culture et l'Université[13] et intègre à ce titre, comme représentant du monde universitaire[7], le Conseil de la création artistique animé par Marin Karmitz et présidé par Nicolas Sarkozy[14]. Il y supervise dans l'un des dix projets mis en œuvre : la cinémathèque de l'étudiant qui vise à construire une plate-forme numérique de référence consacrée au patrimoine cinématographique et à destination de 2 230 000 étudiants français[15]. C'est également dans le cadre du bilan effectué par ce conseil qu'Emmanuel Ethis dressera un constat à propos des nouvelles inégalités sociales face à l'accessibilité culturelle à l'ère des écrans connectés [16].
Depuis mai 2009, Emmanuel Ethis est l'un des 23 membres de l'International Advisory Board of the Research Project Dynamics of World Cinema.
En janvier 2010, Emmanuel Ethis intervient sur la polémique ”30% de boursiers dans les grandes écoles !”, en déclarant à l’AEF : “il faut intégrer les filières des grandes écoles, les filières de formation des élites, dans les universités, qui sont le lieu par excellence de la diversité sociale”… “Le problème n’est pas celui des quotas de boursiers dans les grandes écoles ; c’est plutôt d’imaginer un appareil de formation où tout le monde sera formé ensemble”[17]. Il met en place dans le cadre de la Conférence des présidents d'université un groupe de présidents élus qui se consacreront à la diversité dans l'Enseignement supérieur, ce qui aboutira à la signature d'une convention relative à la charte pour l'égalité des chances dans l'accès aux formations d'excellence le 16 septembre 2010[18].
C'est en octobre 2010, qu'Emmanuel Ethis remet à la Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche les résultats des travaux de la Commission Culture et Université sous la forme d'un ouvrage intitulé : Culture et Université, 128 propositions[19]. Ce texte souligne (1) l'importance qu'il a à prendre en compte la question de la culture durant les études supérieures, point aveugle de toutes les politiques culturelles nationales, (2) l'urgence à rapprocher les diplômes relevant du Ministère de la Culture des diplômes universitaires, (3) la nécessité de développer les recherches sur la culture tous secteurs disciplinaires confondus. À la suite de l'impulsion donnée par les travaux de la « Commission Ethis », la Conférence des présidents d'université décide de mettre la culture au centre de ses préoccupations en l'inscrivant au cœur de ses rencontres professionnelles du CNIT-La Défense du 26 mai 2011[20].
En juin 2012, Emmanuel Ethis est élu au Conseil d'Administration de la Conférence des Présidents d'Université (CP2U). Il est, avec Olivier Poivre d'Arvor, à l'initiative de la création de France Culture Plus, la déclinaison de France Culture en direction des universités et des étudiants et intègre en tant que cofondateur son comité éditorial[21]. De même, la création sur France Culture de l'émission Grantanfi est la mise en oeuvre directe d'une des 128 propositions de la commission Culture et Université. La place de l'Université dans les médias, dans les représentations culturelles et artistiques demeurent, aux yeux d'Emmanuel Ethis, un enjeu majeur de la transformation de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche en France. Celle-ci est synonyme de la reconnaissance qu'une société accorde à ses appareils de transmission et de transformation des savoirs et de la science comme il le montre dans l'ouvrage Films de Campus, l'université au cinéma (écrit en collaboration avec Damien Malinas)[22]. Réélu en décembre 2012 au Conseil d'Administration de la CPU, le président de cette instance Jean-Loup Salzmann lui demande de prendre en charge la supervision de la communication de la Conférence et la diffusion de la culture universitaire auprès des pouvoirs publics et des médias. Emmanuel Ethis est responsable de la première convention de collaboration entre l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, le Ministère de la Culture et de la Communication et la Conférence des Présidents d'Université visant à cadrer la place de la Culture intégrant les arts et la culture scientifique dans les universités françaises.
Filiations [modifier]
Emmanuel Ethis est l'un des derniers descendants de Louis Ethis de Corny[23].
Ouvrages [modifier]
- 2001, Aux marches du palais, le festival de Cannes sous le regard des sciences sociales, (La Documentation française - ouvrage collectif sous sa direction), Paris.
- 2002, Avignon, le public réinventé. Le festival sous le regard des sciences sociales, (La Documentation française - ouvrage collectif sous sa direction), Paris.
- 2003, (dir.), "Cannes hors projections" - Protée, Théories et pratiques sémiotiques, Université de Québec à Chicoutimi, volume 31, n° 2., Québec.
- 2004, Pour une po(ï)étique du questionnaire en sociologie de la culture. Le spectateur imaginé (L'Harmattan), Paris.
- 2005, Sociologie du cinéma et de ses publics (Armand Colin- Sociologie 128) - réédité en 2007, Paris.
- 2006, Les Spectateurs du temps : pour une sociologie de la réception du cinéma (Éditions L'Harmattan), Paris.
- 2007, (dir.), Figures du corps au cinéma: body is comedy, (Actes sud), Paris.
- 2008, Avignon, le public participant en collaboration avec Jean-Louis Fabiani et Damien Malinas (Éditions L'entretemps-La Documentation française), Paris.
- 2009, Sociologie du cinéma et de ses publics (Armand Colin- Sociologie 128 - nouvelle édition revue et refondue), Paris.
- 2010, De la Culture à l'Université : 128 propositions (Armand Colin- Collection 128), Paris.
- 2011, La Petite fabrique du spectateur : être et devenir festivalier à Cannes et Avignon (Éditions Universitaires d'Avignon - Collection En scène), Avignon.
- 2012, Le Bruit du monde : le geste et la parole (dir. avec Laure Adler et Damien Malinas) (Éditions Universitaires d'Avignon - Collection En scène), Avignon.
- 2012, Les Films de campus, l'université au cinéma avec Damien Malinas, Armand Colin, Paris.
Distinctions [modifier]
- Chevalier de l'Ordre national du Mérite au titre de l'enseignement et de la recherche[24].
- Chevalier des Palmes académiques au titre de la promotion du 14 juillet 2011[25].
Notes et références [modifier]
- Emmanuel Ethis, sur le site des éditions L'Harmattan
- Élection du président de l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse, site de l'Université, 14 juin 2007.
- Listes de qualification aux fonctions de maître de conférences arrêtées en 1998 par les sections du Conseil national des universités, Journal officiel no194 du 23 août 1998
- Décret du 11 décembre 2003 portant nomination et titularisation (enseignements supérieurs), Journal officiel no288 du 13 décembre 2003
- cf. Pour une po(ï)étique du questionnaire en sociologie de la culture. Le spectateur imaginé (Éditions L'Harmattan, 2004)
- http://next.liberation.fr/cinema/010146444-un-peu-de-sociologie
- « Emmanuel Ethis » dans l'annuaire des chercheurs de l'Université d'Avignon
- http://documentaires.france5.fr/documentaires/empreintes/sophie-marceau
- « Ramener les stars sur terre : stars et jeunes comédiens aujourd'hui », in, Croyances et Sacré au cinéma, Cinémaction n° 134, premier trimestre 2010
- http://bibliobs.nouvelobs.com/la-tendance-de-jerome-garcin/20120712.OBS7159/avignon-a-son-robert-doisneau.html
- http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-louis-fabiani/010113/un-cinema-universitaire
- http://www.aeres-evaluation.fr/Etablissements/UNIVERSITE-D-AVIGNON-ET-DES-PAYS-DE-VAUCLUSE
- http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid50376/commission-culture-et-universite.html
- Nathaniel Herzberg, « Le Conseil de la création, "coup de pied" culturel », Le Monde du 4 février 2009
- http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-conseil-de-la-creation-artistique-devoile-dix-projets-pour-la-democratisation-de-la-
- http://www.liberation.fr/culture/01012334594-les-inegalites-sont-plus-fortes-que-jamais
- http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2010/01/26/non-pressees/
- http://www.cpu.fr/fileadmin/fichiers/Diversite/Convention_16_09_10.pdf
- http://media.enseignementsup-recherche.gouv.fr/file/2010/59/4/Rapport_Commission_Culture_Universite_159594.pdf
- http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1158476&clef=ARC-TRK-D_01
- http://www.cpu.fr/Lettre_du_26_avril_2012_n_8.1381.0.html
- http://www.franceculture.fr/emission-grantanfi-on-se-fait-des-films-sur-la-fac-2012-09-05
- cf. Who's Who in France, édition 2011
- Décret du 14 novembre 2008 portant promotion et nomination, Journal officiel no0266 du 15 novembre 2008
- Décret du 29 août 2011 portant promotion et nomination