Emmanuel Boileau de Castelnau

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Emmanuel Boileau de Castelnau vers 1880

Henri Emmanuel Boileau, baron de Castelnau, né à Nîmes en 1857 et mort en 1923 est un alpiniste français vainqueur de la Meije.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il découvre la montagne dans les Pyrénées à l'âge de treize ans, gravissant la Maladeta et l'Aneto[1]. À dix-sept ans, il s'inscrit au Club alpin français fondé l'année précédente. En 1875, il se rend à Chamonix pour gravir le mont Blanc. Repoussé par une tempête, il fait la connaissance, à la descente, d'Henry Duhamel, créateur du club alpin français[2] et spécialiste du haut Dauphiné. Celui-ci lui fait part de son désir de réussir l'ascension du Grand Pic de la Meije. Lassés du mauvais temps qui sévit à Chamonix, les deux hommes engagent trois guides de la vallée et se rendent à La Grave puis au rocher de l'aigle[note 1] pour bivouaquer. L'entreprise est tentée par la face nord avec les trois guides (Alexandre Tournier, François et Léon Simond) mais l'expédition est bloquée par un passage trop périlleux dans un corridor formé de glace noire et de grésil. Ils n'atteignent cette année que le pic Central de la Meije (3 973 mètres)[3], conquis par William Auguste Coolidge cinq ans auparavant. Plus tard, à Grenoble, il fait la connaissance du président de la Société des Touristes du Dauphiné, qui lui fait rencontrer en 1876 Pierre Gaspard et son fils. Ils forment alors l'une des plus brillantes cordées de l'époque, réussissant rapidement un grand nombre de premières pendant les saisons 1876 et 1877. Le 4 août 1877, ils tentent ensemble une nouvelle ascension de la Meije par le versant sud, voie tentée l'année précédente par Henry Duhamel. Ils viennent à bout, avec difficulté[4] et grâce à l'audace de Gaspard, de la muraille que Duhamel pensait infranchissable, mais contraints de renoncer par manque de temps, ils laissent en place une corde fixe. Ils y retournent le 16 août et atteignent non sans mal le sommet : La Meije est vaincue. La descente est encore plus éprouvante que la montée, et ils sont obligés de bivouaquer le 17 août sur une corniche inconfortable mais parviennent à rentrer à La Grave le lendemain.

La carrière alpine du très jeune Boileau de Castelnau, interrompue par le service militaire l'année suivante, s'achève définitivement en 1879.

Ascensions[modifier | modifier le code]

Grand Pic de la Meije

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Isabelle Scheibli, Le roman de Gaspard de la Meije, Éditions Glénat, EAN/ISBN : 9782723448000
  • Henri Isselin, La Meije, Éditions Arthaud
  • Gérard Bordes, Grande Encyclopédie de la Montagne, t. 2, Paris, Atlas,‎ 1976, 2400 p.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Le refuge actuel, le refuge de l'Aigle, ne date que de 1910

Références[modifier | modifier le code]

  1. Balades dans les villages pyrénéens
  2. Club Alpin Français de l'Isère, présentation
  3. Récit de H. Duhamel dans l'annuaire du CAF
  4. Element, le journal du pays de la Meije, no 7 - été 2005, page 8