Emilio Botín

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Emilio Botín-Sanz de Sautola y Garcia de los Rios, né le 1er octobre 1934 à Santander (Cantabrie, Espagne), est un homme d'affaires espagnol, président du Grupo Santander.

Emilio Botín est un descendant de l'archéologue Marcelino Sanz de Sautuola et l'héritier d'une famille de banquiers cantrabriques. Son arrière-grand-père est l'un des neuf fondateurs en 1857 de la banque Santander[1], qui tire profit des échanges commerciaux entre les Amériques et l'Espagne. Son grand-père, Emilio Botín López, prend la présidence de la société en 1909 et la fait passer à l'échelle nationale avec un réseau de succursales à partir de 1920. Son père ensuite, Emilio Botín Sanz de Sautuola y López, à la tête de la banque à partir de 1950, la développe en rachetant plusieurs petites banques espagnoles[2]. Si la famille ne détient aujourd'hui qu'entre que 3 à 5% de Santander, elle est connaît pas d'opposition dans la direction du groupe[3].

Élevé chez les Jésuites, il suit ses études aux université de Valladolid et de Deusto, licencié en droit et en économie. Emilio Botín, troisième du nom, succède en 1986 à son père, après être entré dans la société familiale en 1958, en avoir été élu administrateur 4 juillet 1960 et nommé à la direction générale en 1964.

Rapidement, il rompt le cartel des banques espagnoles, le Club de los Siete, en lançant en 1989 les supercuentas, aux rémunérations de comptes plus profitables, et gagne des parts de marché[4]. En 1988, Banco Santader conclue une participation croisée avec la Royal Bank of Scotland, l'espagnol ouvrant 9,9% de son capital au britannique, et prenant 2,5% de celui-ci[5]. La banque investit également en Belgique et au Portugal, et prend 13,5% des parts de la First Fidelity Bank en 1993, pour faire une plus-value de 400% quatre années plus tard. En 1994, après le scandale qui éclabousse la direction de Banesto, il rachète son concurrent[4]. Il s'attaque également à l'Amérique latine (Chili, Brésil et Mexique), marché qui représente aujourd'hui un quart des actifs du groupe et sur lequel Santander devient la première banque en en 2000[3].

En janvier 1999, Banco Santander fusionne avec Banco Central Hispano (BCH) au sein du Santander Central Hispano (SCH) devenant le numéro un espagnol. Pour conserver la tête de la nouvelle entité, il écarte les dirigeants de BCH en versant en 2002 à José María Amusátegui et Ángel Corcóstegui respectivement 43,7 et 108 millions d'euros, ce qui lui vaut des poursuites judiciaires abandonnées en janvier 2006[2].

Leader espagnol, il poursuit la croissance de son groupe à l'international, et prend le contrôle en 2004 d'Abbey National. Après avoir participé minoritairement à l'OPA sur la banque néerlandaise ABN AMRO. En 2008, les compagnies britanniques Alliance & Leicester et Bradford & Bingley, fragilisées par la crise des subprimes, faisant de son groupe, le troisième banquier du Royaume-Uni et devenant « le plus puissant banquier d'Europe »[1]. La même année, il marque son implantation aux États-Unis en rachetant la banque Sovereign, opération pour laquelle il lance une augmentation de capital de 178 millions d'euros malgré la crise qui touche les valeurs financières. Touché par l'affaire Madoff à hauteur 2,33 milliards d'euros, soit plus que l'ensemble des autres banques européennes réunies, à cause d'un hedge fund souscrit par ses clients auprès du fonds Optimal Strategicson groupe échappe malgré tout à la tempête du secteur bancaire, affichant pour l'exercice 2008 8,9 milliards d'euros de bénéfice, soit une baisse de 2 % par rapport à l'année 2007[3].

Longtemps déconsidéré par les milieux financiers largement anglo-saxons, décrit comme un patron dirigiste maitrisant fermement l'ensemble de son groupe, ses succès stratégiques de rachats et son absence parmi les nombreuses victimes de la crise des subprimes, lui délivre à la fin des années 2000 une aura internationale, illustré par le titre de « meilleur banquier du monde » décerné par le magazine Euromoney en 2008[3].

Attaché à conserver une discrétion médiatique, il est de par son mariage avec la pianiste basque d'origine irlandaise Paloma O'Shea, marquis de O'Shea. Sa fille aînée, Ana Patricia Botín, actuelle dirigeante de Banesto, devrait lui succéder. Sa fille Carmen est la femme du golfeur Severiano Ballesteros.

[modifier] Notes et références

  1. ab Jean-Jacques Bozonnet, « Emilio Botin, le banquier qui ignore la crise », Le Monde, 7 octobre 2008 - Lire en ligne
  2. ab José Alves, « Emilio Botin, la banque dans le sang », Les Echos no19208, 27 juillet 2004, page 26 - Lire en ligne
  3. abcd Cécile Thibaud, « Hildalgo - Emilio Botin, président de Banco Santander », Challenges, 12 février 2009
  4. ab « Emilio Botín Le conquistador de la banque », La Vie Financière no2807, 27 mars 1999
  5. Macrino Suárez, Système financier espagnol 1986-2001: de l'émergence à la maturité, L'Harmattan, 2002 - page 121
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