Emi Koussi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Emi Koussi
Image satellite de l'Emi Koussi avec sa caldeira sommitale.
Image satellite de l'Emi Koussi avec sa caldeira sommitale.
Géographie
Altitude 3 415 ou 3 445 m[1],[2]
Massif Massif du Tibesti
Coordonnées 19° 47′ 37″ N 18° 33′ 05″ E / 19.7935, 18.5515 ()19° 47′ 37″ Nord 18° 33′ 05″ Est / 19.7935, 18.5515 ()  [1],[2]
Administration
Pays Drapeau du Tchad Tchad
Région Borkou
Ascension
Première par le détachement du capitaine Lauzanne
Voie la plus facile Marche
Géologie
Âge Inconnu
Roches Trachyte
Type Volcan rouge
Activité Éteint
Dernière éruption Inconnue
Code 0205-021
Observatoire Aucun

Géolocalisation sur la carte : Tchad

(Voir situation sur carte : Tchad)
Emi Koussi

L'Emi Koussi est un volcan éteint du Tchad situé dans le nord du pays et faisant partie du massif du Tibesti. Son altitude de 3 415 ou 3 445 en fait le point culminant du Tibesti, du Tchad et du Sahara.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue de l'Era Kohor à l'intérieur de la caldeira de l'Emi Koussi.

L'Emi Koussi est situé dans le centre est du Sahara, dans le nord du Tchad, à l'extrémité sud-est du massif du Tibesti, un massif volcanique s'étendant au Tchad et en Libye[1],[3]. Administrativement, il se trouve dans la région de Borkou, dans une région peuplée de nomades toubou. Il est relié au reste du massif du Tibesti en direction du nord-nord-ouest par un plateau supportant des cônes volcaniques.

Ce volcan trachytique s'étend sur soixante kilomètres par quatre-vingt[1]. Il est couronné par deux caldeiras coalescentes de douze kilomètres par quinze contenant plusieurs cratères, dômes, cônes et coulées de lave[1]. Le cratère principal de la caldeira, l'Era Kohor ou Trou au Natron du Koussi, mesure deux kilomètres par trois pour 350 mètres de profondeur et son fond est tapissé de natron[1]. Le rebord sud de cette caldeira constitue le point culminant du volcan, du massif du Tibesti, du Tchad et du Sahara avec 3 415[2],[3] ou 3 445[1] mètres d'altitude. Le sommet le plus élevé et le plus proche est le mont Cameroun situé à 2 000 kilomètres au sud-sud-ouest[2]. Les pentes régulières et peu pentues de l'Emi Koussi qui lui confèrent une forme conique sont peu entaillées par l'érosion en raison du climat aride de cette région du globe. Néanmoins, les quelques oueds qui parcourent ses flancs font tous partie du bassin versant endoréique du lac Tchad situé au sud-sud-ouest[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

La dernière éruption de l'Emi Koussi s'est déroulée à une date inconnue mais a créé trois maars ainsi que plusieurs cônes de cendre ayant émis des coulées de lave basaltique dans la caldeira et sur les flancs du volcan[1]. Il est considéré comme étant éteint[3] et la seule activité volcanique actuelle est représentée par les sources chaudes de Yi-Yerra sur le flanc sud[1] à environ 850 mètres d'altitude[4].

Image satellite rapprochée d'une partie de la caldeira de l'Emi Koussi avec l'Era Kohor au centre.

Il est délicat de parler de l'ascension de l'Emi Koussi comme d'une « première » lorsque l'on sait que celle-ci s'effectue sans aucune difficulté en dehors de la distance à parcourir et qu'elle est rendue possible grâce au transport de vivres et de matériel par les dromadaires, animaux très rétifs faces aux pentes.

Les premiers Européens à être arrivés au sommet de l'Emi Koussi sont des militaires français[5]. Un premier détachement dirigé par le capitaine Lauzanne y séjourne du 25 au 27 mai 1915. Il relève cinq fois les températures et effectue des relevés hypsométriques. Sous l'autorité du lieutenant-colonel Tilho, géodésiste et futur général membre de l'Académie des sciences, un détachement comprenant trois autres Français (le lieutenant Fouché, le docteur Giudicelli, le sergent Cordelette), le sergent Amoroko Karembé, 23 tirailleurs, 14 goumiers, un interprète, un agent politique, 4 responsables des 36 dromadaires et 4 domestiques, séjourne au sommet du 15 au 18 septembre 1915. De nombreuses mesures de températures sont effectuées, toutes les deux heures le 16 septembre. Par comparaison avec les températures relevées simultanément à Faya, des hauteurs angulaires mesurées au théodolite depuis le village de Yono, où douze observations hypsométriques sont effectuées de mai à septembre 1915, village dont la distance au sommet est estimée à 42,57 kilomètres, Jean Tilho détermine l'altitude de l'Emi Koussi à 3 417 mètres. L'Institut géographique national reportera ± 3 415 mètres sur ses cartes. « Un petit groupement dissident de trente à quarante familles au plus vivant à l'intérieur du cratère à la façon des troglodytes », de petits détachements militaires ont après 1915 régulièrement parcouru le sommet.

Wilfred Thesiger réalise l'ascension en 1938. Elle est reproduite par les Britanniques P.R. Steele, R.F. Tuck et W.W. Marks en 1957[3],[6],[7].

Ascension[modifier | modifier le code]

En raison des conditions climatiques, la meilleure période pour l'ascension de l'Emi Koussi est l'hiver, notamment les mois de novembre à mars[3]. Il ne présente pas de difficulté particulière comme de l'escalade, les principaux obstacles étant l'accès, la logistique et l'insécurité causée par des affrontements sporadiques entre l'armée tchadienne et les nomades toubou du Tibesti[3]. Depuis les années 1995, l'Emi Koussi a été parcouru par de nombreux touristes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i (en) « Emi Koussi », Global Volcanism Program (consulté le 15 mars 2011)
  2. a, b, c, d et e (en) « Emi Koussi, Chad », Peakbagger (consulté le 15 mars 2011)
  3. a, b, c, d, e et f (en) « Emi Koussi », Peakware (consulté le 15 mars 2011)
  4. (en) « Synonymes et sous-éléments », Global Volcanism Program (consulté le 15 mars 2011)
  5. Jean Tilho, Reconnaissance du Tibesti, par le chef de bataillon Jean Tilho. Rapport du chef de bataillon Tilho, Commandant la circonscription du Borkou-Ennedi, sur les opérations effectuées dans le Tibesti méridional du 4 septembre au 12 novembre 1915, Centre National d'Appui à la Recherche, N'Djaména, 160 pages,‎ 1993
  6. Wilfred Thesiger (1910-2003)
  7. (en) [PDF] P.R. Steele, A note on Tieroko (Tibesti Mountains), Alpine Journal

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :