Embraer

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Empresa Brasileira de Aeronáutica

alt=Description de l'image Embraer logo.png.
Création 19 août 1969
Personnages clés Frederico Curado (pt), président & CEO
Forme juridique Société anonyme (NYSE : ERJ, Bovespa : EMBR3)
Siège social Drapeau du Brésil São José dos Campos, SP (Brésil)
Actionnaires Previ (pt) (14,1 %)
BOVESPA Others (26,4 %)
Activité Aéronautique
Effectif 18 224 (Mar. 2013)[1]
Site web www.embraer.com
Chiffre d’affaires 2,8 milliards de BRL
(1,5 milliard d'euros) (2009)[2]
-32 %[2]
Résultat net 167,5 millions de BRL
(68,9 millions d'euros) (2009)[2]

Embraer (Empresa Brasileira de Aeronáutica) est un constructeur aéronautique brésilien, spécialisé dans les avions civils de petite et de moyenne taille, utilisés dans l'aviation régionale, d'affaire et agricole. L'entreprise construit également des avions de chasse, de télédétection et de transport d'autorités.

Il s'agit d'une des plus grandes compagnies exportatrices du Brésil. Son siège se situe dans la ville de São José dos Campos, dans l'État de São Paulo mais possède aussi diverses filiales à l'étranger dont une en Chine, Harbin Embraer.

En 2013, le constructeur compte près de 373 avions commerciaux en commandes fermes[réf. nécessaire]. Son principal concurrent est le canadien Bombardier.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Embraer est né d'une initiative du gouvernement brésilien parmi un projet stratégique pour implanter l'industrie aéronautique dans le pays, dans un contexte de politiques de substitution aux importations.

Il fut fondé en 1969 et son premier président était l'ingénieur Ozires Silva (en), qui a mené le développement de l'avion Embraer EMB-110 Bandeirante, conçu par le Français Max Holste.

Initialement, la plus grande partie du personnel était formé par l'institut technologique d'aéronautique (ITA) du centre technique aérospatial (CTA). D'une certaine manière, Embraer est née du CTA.

En 1980, il y eut une fusion avec l'industrie aéronautique Neiva qui devint alors une société filiale.

Durant les années 70 et 80, Embraer a obtenu d'importantes commandes nationales et internationales avec les avions Bandeirante, Xingu et Brasília.

Actuellement l'entreprise est en croissance, avec beaucoup de contrats de vente, et s'étend non seulement dans l'espace physique, mais également en nombre d'employés, comptant aujourd'hui près de 20 000 travailleurs, douze mille directs et huit mille indirects.

Coopération et crise – années 1980[modifier | modifier le code]

En commençant un partenariat avec l'Italie en 1981, il fut possible d'élaborer l'avion de chasse d'attaque air-sol AMX, considéré comme un saut technologique pour l'élaboration de nouveaux projets.

En 1986, Ozires Silva laisse la présidence de l'entreprise pour assurer celle de Petrobrás.

Embraer rachète en 1987 Aerotec.

1988 voit le début du développement d'un avion binational, dont le projet et la construction seront menés à la fois par Embraer et par la Lockheed Martin Aircraft Argentina SA (en), fabrique militaire d'avions (FMA) argentine. L'avion fut désigné sous le nom de CBA 123, CBA étant un sigle désignant la coopération Brésil-Argentine. En 1990, le premier prototype vola, mais à cause de son prix élevé et de la crise économique et politique de l'époque la production fut stoppée. Un détail curieux sur le projet est que ses moteurs furent placés dans la partie arrière du fuselage, avec les hélices se retrouvant derrière.

La fin des années 1980 fut marquée par une grande crise financière qui ébranla l'économie du Brésil et atteignit Embraer qui était presque en cessation de paiements. En 1992, Ozires Silva fut convié à revenir à la présidence de l'entreprise et à mener son processus de privatisation. En 1994, à l'époque du président Itamar Franco, l'entreprise fut vendue aux enchères pour ensuite passer par un long processus de restructuration, et présenter de nouveaux projets qui la transformèrent en un géant du secteur.

Aujourd'hui l'entreprise est l'une des plus importantes blue chips négociées de la Bovespa et elle distribue des dividendes à ses actionnaires minoritaires et à ses employés[3]

Embraer, avant d'être privatisée, figurait même parmi les entreprises de plus grande valeur marchande et aujourd'hui elle est évaluée à 17 milliards de réais brésiliens[4]. Elle est également le troisième plus grand fabricant de jets du monde[5]

Ses nouveaux actionnaires principaux sont les fonds de pension Previ et Sistel (20 % chaque), la compagnie Bozano, Simonsen (20 %) et également un groupe d'investisseurs avec une participation actionnariale mineure (avec un total de 20 %) formée de Dassault Aviation, EADS, Snecma et le groupe Thales.

Jusqu'en 2007 le président était alors l'ingénieur Maurício Botelho (pt) remplacé aujourd'hui par Frederico Curado (pt).

Croissance internationale[modifier | modifier le code]

Maurício Botelho a été responsable de la restructuration de l'entreprise, principalement dans le contexte financier. Le lancement du projet de la famille ERJ-145, jets commerciaux avec une capacité allant jusqu'à 50 passagers, fut un succès commercial, et a atteint le nombre de 1 000 avions vendus en 2006.

Le pas suivant fut de nouveaux investissements pour la création des lignes d'avions Embraer 170 et 190, dans le marché des avions entre 70 et 120 places, habituellement classifiés comme E-Jets.

Dans le même temps, ils furent associés à une nouvelle niche commerciale, occupée par les principaux constructeurs aéronautiques et les compagnie aérienne à bas prix.

Dans ce secteur, son plus grand concurrent est l'entreprise canadienne Bombardier Inc. avec des modèles jusqu'à 90 places. Elle n'est pas aussi bien positionnée sur le marché, car ses produits sont des versions étendues des avions de 50 passagers, ce qui les rend moins spacieux.

En 2000, l'entreprise lance des actions sur les bourses de valeurs de New York et de São Paulo.

En 2002, une coopération avec la China Aviation Industry Corporation II (AVIC II) a abouti à la création de la Harbin Embraer Aircraft Industry Co. Ltd. (HEAI), permettant la construction et la vente d'avions Embraer ERJ-145 sur le marché chinois.

En 2004 fut créée une association avec l'entreprise de la branche militaire de la Lockheed Martin Corporation pour fournir des avions de télédétection sur la base du ERJ-145 pour la marine et l'aéronautique des États-Unis. Cependant ce projet fut suspendu du fait que l'armée nord-américaine a annulé le programme en janvier 2006.

En 2005, un consortium mené par Embraer fut déclaré vainqueur dans le processus de privatisation de la OGMA, industrie aéronautique du Portugal, contre le consortium italo-américain composé des compagnies Alenia Aeronautica et Lockheed Martin Corporation[6].

La même année, l'entreprise a commencé une offensive commerciale pour amplifier sa participation sur le marché des avions d'affaire, ne comportant alors que le Legacy (en) ayant comme plate-forme le jet ERJ-135. Ainsi, elle a initié une restructuration interne de ce secteur, organisée par son vice-président de l'aviation d'affaire Luís Carlos Affonso.

En mai a été annoncé le projet Embraer Phenom 300 (ou Embraer Light Jet) ainsi que le Embraer Phenom 100 (ou Embraer Very Light Jet). En même temps que leurs modèles en taille réelle, leurs noms officiels ont été divulgués lors de la National Business Aviation Association (NBAA) à Orlando en novembre.

L'ambition est que dans une période de dix ans le ventes de ce secteur représentent 20 % des ventes d'Embraer. En plus, selon Maurício Botelho, la compagnie désire faire des projets et développer dans les prochaines années de nouveaux avions intermédiaires entre le Phenom 300 et le Legacy.

En janvier 2006, le président vénézuélien Hugo Chávez annonça le veto des États-Unis pour la vente d'avions d'entraînement Super Tucano à son pays pour cause de transfert de technologie, car ces avions possèdent également la technologie nord-américaine dans son avionique. Pour le même motif, un veto sur les ventes d'avions tant civils que militaires fut annoncé pour l'Iran.

Démêlés judiciaires[modifier | modifier le code]

De 1996 à 2001, Embraer et Bombardier Aéronautique ont entamé différentes procédures judiciaires devant l'OMC, s'accusant mutuellement de profiter de subventions indues. Les quatre principaux litiges entre Embraer et Bombardier qui ont été portés devant l'OMC sont :

  • Brésil (plaignant : Canada) — Programme de financement des exportations pour les aéronefs, 19 juin 1996. Conclusion : Le Brésil est sommé d'arrêter son programme de subvention PROEX. Situation actuelle: Procédure de mise en Conformité par le Brésil a été achevée sans constat de non-conformité le 23 août 2001[7].
  • Canada (plaignant : Brésil) — Mesures visant l’exportation des aéronefs civils, 10 mars 1997. Conclusion : Il a été constaté que l'aide du gouvernement canadien à l'industrie aéronautique était des subventions, mais l'allégation du Brésil selon laquelle cette aide constituait des subventions à l'exportation a été rejetée[8].
  • Canada (plaignant : Brésil)— Mesures visant l’exportation des aéronefs civils, 10 mars 1997. Conclusion : en consultation sans conclusion[9].
  • Canada (plaignant : Brésil) — Crédits à l’exportation et garanties de prêts accordés pour les aéronefs régionaux, 22 janvier 2001.

En conclusion, il a été demandé au Canada de mettre fin à ses subventions à l'exportation. L'autorisation d’appliquer des mesures de rétorsion contre le Canada a été accordée au Brésil le 18 mars 2003[10].

En 2000, l’OMC a accordé au Canada le droit d'imposer des mesures de rétorsions économiques à l'endroit du Brésil dans ce différend. L’OMC a jugé que le programme brésilien de subventions allait à l’encontre des échanges internationaux alors que le programme canadien s’y conformait[11].

De 2000 à 2009, les deux sociétés ont préféré poursuivre leurs activités commerciales sans recourir aux tribunaux. Toutefois, en janvier 2009, Embraer décide de réactiver les poursuites en déposant à la direction générale de la concurrence de la Commission européenne une plainte contre Bombardier pour subvention illégale[12].

Produits[modifier | modifier le code]

EMB 195 (2006)

Planeurs[modifier | modifier le code]

Turbo-hélices[modifier | modifier le code]

Jet[modifier | modifier le code]

EMB-190

Ces avions ont le sigle ERJ, qui signifie Embraer Regional Jetliners (jets régionaux Embraer)

La nouvelle famille d'avions a pour cible la part de marché des avions de 70 à 110 passagers. L'ancienne désignation ERJ a été substituée par EMBRAER pour éviter que ces modèles puissent être associés à la seule aviation régionale :

Affaires[modifier | modifier le code]

Legacy

Militaires[modifier | modifier le code]

Filiales[modifier | modifier le code]

Indústria Aeronáutica Neiva, dont le siège est à Botucatu, dans l'État de São Paulo fabrique de petits avions pour un usage agricole, comme l'EMB-202 Ipanema.

Principaux concurrents[modifier | modifier le code]

Embraer est l'un des deux principaux fabricants d'avions de ligne courts-courriers, encore appelés avions de transport régionaux. Son principal concurrent est Bombardier Aéronautique. Toutefois, Bombardier est présent dans les avions à turboréacteurs et à turbopropulseurs tandis que Embraer ne fabrique plus que des avions à réacteurs.

En 2007, Embraer a engrangé 146 commandes fermes contre 238 pour Bombardier, dont 141 pour ses modèles à réacteurs directement concurrents de ceux d'Embraer. En 2008, les deux fabricants ont engrangé autant de commandes (114 pour Bombardier, 112 pour Embraer), mais Bombardier n'a engrangé que 47 commandes sans ses modèles à turboréacteurs. En termes de livraisons, Embraer a supplanté Bombardier en 2007 et 2008, et même depuis 2005 si on exclut les modèles à turbopropulseurs.

De nouveaux concurrents apparaissent ces dernières années, comme le russe Sukhoï, le chinois Commercial Aircraft Corporation of China ou encore le japonais Mitsubishi.

Actionnaires[modifier | modifier le code]

Il a comme actionnaires : Previ (en) (14,1 %), BOVESPA Others (26,4 %), Bozano Group (7,4 %), BNDESPAR (pt) (5,5 %), NYSE Others (15,8 %), BlackRock (6,0 %), Oppenheimer Funds (en) (6,9 %), thomburg investment (6,0 %), Franklin ResoursesIN (6,6 %), Hotchkis & Wiley CAPI (5,3 %)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]