Embrace, extend and extinguish

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

« Embrace, extend and extinguish »[1], signifiant « Adopte, étend et étouffe », « Embrace, extend, and exterminate »[2], « Adopte, étend et extermine », ou encore « Embrace and extend », est un slogan que le département de la Justice des États-Unis a révélé[3] comme étant utilisé par Microsoft en interne pour décrire sa stratégie d’introduction de produits : appliquer des standards largement utilisés, les étendre ou prolonger de façon à créer des standards propriétaires, puis utiliser les différences au détriment de ses concurrents.

La variante la plus courante, « embrace, extend and extinguish », a été révélée la première fois lorsque le directeur de Intel, Steven McGeady, a plaidé que[3],[4] le vice-président de Microsoft Paul Maritz a utilisé cette phrase dans un meeting de 1995 avec Intel pour décrire la stratégie de Microsoft face à Netscape, la plate-forme Java et Internet[5],[6]. Dans ce contexte, la phrase soulignait la phase finale de la stratégie de Microsoft, d’éloigner les clients des concurrents plus petits.

Description[modifier | modifier le code]

Dans la plupart des circonstances, Microsoft a appliqué une stratégie en trois étapes :

  1. Embrace : Microsoft développe des logiciels substantiellement compatibles avec les produits concurrents, ou implémentant un standard public ;
  2. Extend : Microsoft ajoute et fait la promotion de fonctions non supportées par les produits concurrents, créant des problèmes d’interopérabilité pour les clients souhaitant demeurer « neutres » ;
  3. Extinguish : Les extensions Microsoft deviennent un standard de facto en raison de leur position dominante sur le marché, ce qui marginalise les concurrents et crée un obstacle majeur à d’éventuels nouveaux concurrents.

Le département de la Justice américain[7],[8],[9] et les journalistes dans le domaine de l’industrie logicielle arguent que le but de cette stratégie est d’atteindre une situation de monopole. Microsoft défend que cette stratégie n’est pas une violation de la concurrence mais une volonté de deviner ce que les clients désirent[10].

Exemples[modifier | modifier le code]

  • Les sociétés ont avancé que Microsoft a implémenté le support ActiveX dans Internet Explorer pour interdire la compatibilité avec le navigateur Web Netscape, qui utilise des composants en Java ainsi que son système de plugin. Dans le cadre de la poursuite judiciaire, les plaignants ont accusé Microsoft d’employer la même stratégie envers la plate-forme Java, lui préférant J/Direct qui poursuit un un but comparable.
  • Le navigateur web Internet Explorer ne respecte pas les recommandations du web W3C.
  • Microsoft Office a longtemps permis aux utilisateurs d’importer des fichiers WordPerfect ainsi que Lotus 1-2-3, mais sauvegarder un document Office dans ces formats cause des problèmes de compatibilité.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

L'expression « Embrace and extend » apparaît en 1996 dans une chanson par Dean Ballard, employé de Microsoft, chanson qui traite de la réorganisation de la compagnie en raison de la concurrence avec les autres entreprises de logiciels Internet, en particulier Netscape[11],[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. economist.com
  2. « Microsoft limits XML in Office 2003 » (consulté le 31 mars 2006)
  3. a et b « US Department of Justice Proposed Findings of Fact—Revised », p.9 du fichier PDF, p.226 du document.
  4. « Steven McGeady court testimony » (consulté le 31 mars 2006) (DOC format)
  5. « United States v. Microsoft: Trial Summaries (page 2) » (consulté le 31 mars 2006)
  6. « In Microsoft We Trust » (consulté le 31 mars 2006)
  7. « Deadly embrace » (consulté le 31 mars 2006)
  8. « Microsoft messaging tactics recall browser wars » (consulté le 31 mars 2006)
  9. « Embrace, Extend, Extinguish: Three Strikes And You’re Out » (consulté le 31 mars 2006)
  10. « U.S. v. Microsoft: We’re Defending Our Right to Innovate » (consulté le 31 mars 2006)
  11. businessweek.com
  12. « The Battle Hymn of the Reorg »

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]