Emánuel Moór

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Dans le nom hongrois Moór Emánuel, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français Emánuel Moór, où le prénom précède le nom.
Autoportrait d'Emánuel Moór

Emánuel Moór (né à Kecskemét en Hongrie le 19 février 1863 et mort au mont Pèlerin (Chardonne) en Suisse le 20 octobre 1931) est un pianiste, compositeur et concepteur de pianos hongrois. Son nom est attaché à l'élaboration du Duplex-Coupler Grand Pianoforte.

Biographie[modifier | modifier le code]

Clavier Moor de Pleyel

Emánuel Moór était le fils du chanteur d'opéra et ténor Rafael Moór qui lui donna ses premières leçons. Il étudia la composition musicale à Budapest avec Robert Volkmann, puis à Vienne avec Anton Door et Anton Bruckner. À 18 ans, il devint professeur de piano au Conservatoire de musique de Szeged.

Il entreprit entre 1885 et 1897 plusieurs tournées qui l'emmenèrent aux États-Unis, où il apparut avec la chanteuse Lilli Lehmann. En 1888, il épousa Anita Burke en Angleterre et devint citoyen britannique. Le compositeur allemand George Henschel (en) fit une campagne élogieuse pour sa musique orchestrale. De là, il s'installa en Suisse en 1901.

En 1905, il rencontra le violoncelliste Pablo Casals. Il dédia le deuxième concerto de violoncelle à Pablo Casals et réalisa le double concerto de violoncelle pour Casals et la violoncelliste portugaise Guilhermina Suggia (en). Emánuel Moór composa un triple concerto pour le trio Pablo Casals, Alfred Cortot et Jacques Thibaud. Mais plusieurs facteurs contribuèrent à mettre fin à cette période, et notamment la séparation de Pablo Casals et de Guilhermina Suggia, qui bouleversa la vie du violoncelliste et son réseau d’amis. La personnalité difficile d'Emánuel Moor et la Première Guerre mondiale contribuèrent aussi à briser sa carrière[1].

Après la Première Guerre mondiale, il se consacra aux instruments de musique. Il développa à partir de 1920 le Duplex-Coupler Grand Pianoforte, aussi appelé piano Pleyel-Moór, dont la particularité est de posséder deux claviers frappant les mêmes cordes avec un octave d'écart, et une pédale supplémentaire qui les couple pour jouer une octave avec une seule touche, facilitant les sauts à une distance importante, les passages joués à l'octave, les larges accords jusqu'à deux octaves qui n'ont plus besoin d'être joués en arpège, etc. Les touches blanches du clavier inférieur comportent également une élévation à l'arrière qui les met au même niveau que les touches noires, permettant le glissando chromatique[2]. Des pianos Pleyel, Bechstein, Steinway et Bösendorfer furent ainsi équipés.

Après la mort de sa première épouse Anita survenue en 1922, il épousa en 1923 la pianiste anglaise Winifred Christie (en) qui était une utilisatrice convaincue du double clavier.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Emánuel Moór composa entre autres, cinq opéras, huit symphonies dont quatre pour piano et quatre pour violon et deux concertos pour violoncelle, un pour alto et un autre pour harpe, un triple concerto pour violon, violoncelle et piano, de la musique de chambre, un requiem et des chansons.

Opéras[modifier | modifier le code]

  • La Pompadour (Cologne, 22 février 1902)
  • Andreas Hofer (ou Moser) (Cologne, 9 novembre 1902)
  • Hochzeitsglocken (Cassel,2 août 1908)
  • Der Goldschmied von Paris (L'orfèvre de Paris)
  • Hertha (inachevé)

Orchestration[modifier | modifier le code]

  • 3 concertos pour piano (1886, 1888, 1906)
  • 8 symphonies (1893-1910)
  • 4 concertos pour violon (1905-1907)
  • 2 concertos pour violoncelle (1905-1906)
  • Triple Concerto pour violon, violoncelle, piano et Orchestre (1907)
  • Concerto pour harpe (1913)

Autres[modifier | modifier le code]

  • Requiem (1916)
  • Plusieurs musiques de chambre
  • Plusieurs chansons[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Stephen Sensbach, « Emmanuel Moor, grand ami du violoncelle », Le Violoncelle, Association Française du Violoncelle, no 29,‎ novembre 2008 (lire en ligne)
  2. (de) Biographie d'Emánuel Moór et instruments inventés par lui, sur le site de la Fondation Emanuel und Henrik Moor
  3. (en) Aryeh Oron, « Emanuel Moór (Composer, Arranger) », sur Bach Cantatas Website,‎ juillet 2007 : Biographie succincte et liste d'œuvres

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (hu) Vilmos Palotai, « A „Clavier-Moór”. A jövő zongorája », Crescendo, no 1–2,‎ 1927 [« Le Clavier Moór, le piano du futur »]
  • (hu) György Kálmán, « A Pleyel-Moór-zongora », Crescendo, no 9–10,‎ 1928 [« Le piano Pleyel-Moór »]
  • (hu) Jenő Kerntler, « A jövő zongorája », Zenei Szemle, Timișoara,‎ 1928 [« Le piano du futur »]
  • (de) L. Deutsch, Die Technik der Doppelklaviatur, Leipzig,‎ 1932
  • (hu) József Gát, A zongora története [« L'histoire du piano »], Budapest,‎ 1965

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • (de) « Emánuel Moór (1863-1931) », sur Klassika : Biographie et œuvres d'Emánuel Moór
  • (de) Gerhard Anders, « Moór, Emanuel: Works for Cello », sur das Orchester,‎ décembre 2007 [« Œuvres pour violoncelle »] : critique de CD avec précisions biographiques
  • (hu) Ágnes Kenyeres (dir.), Magyar életrajzi lexikon II. (L–Z) [« Encyclopédie biographique hongroise »], Budapest, Akadémiai kiadó,‎ 1969, « Moór Emánuel »