Elizabeth Philpot

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Elizabeth Philpot (1780 - 1857) fut une des premières chercheuses britanniques de fossiles du XIXe siècle, une paléontologue amateure et une artiste qui fouilla à la quête de fossiles les falaises autour de Lyme Regis dans le Dorset (comté) le long de la côte sud de l'Angleterre. Elle est connue maintenant surtout pour sa collaboration et son amitié avec la célèbre chercheuse de fossiles Mary Anning. Elle était fort connue dans le milieu des géologues pour ses connaissances sur les fossiles de poissons tout comme pour sa vaste collection de spécimens ; d'éminents géologues et des paléontologues de premier plan, dont William Buckland et Louis Agassiz sont venus la consulter. Quand Mary Anning découvrit que des fossiles de bélemnites contenaient des sacs d'encre, ce fut Elizabeth qui découvrit que l'encre fossilisée pouvait être réutilisée avec de l'eau et utilisée pour des illustrations, ce qui devint une pratique courante pour les artistes de la région.

Sa vie et son amitié avec Mary Anning[modifier | modifier le code]

Née en 1780, Elizabeth Philpot et ses sœurs Mary et Margaret déménagèrent de Londres pour Lyme Regis en 1805. Elles partagèrent une maison achetée pour elles par leur frère avocat à Londres. Elles y vécurent le reste de leur vie. Après leur installation à Lyme, les sœurs Philpot devinrent bien connues dans la région pour leurs recherches de fossiles mais aussi pour une médication de leur cru, un baume apaisant la douleur, qu'elles produisaient et qu'elles diffusaient. Elizabeth Philpot se lia d'amitié avec Mary Anning quand cette dernière était encore une enfant. Malgré une différence d'âge de presque 20 ans et le fait que Mary Anning, issue de la classe ouvrière, était d'un milieu beaucoup plus pauvre, elles devinrent de très bonnes amies et on les voyait souvent cherchant des fossiles ensemble. Elizabeth encouragea la jeune Mary à lire, à s'instruire en géologie et à comprendre la science cachée dans les fossiles qu'elle trouvait et qu'elle vendait.

La collection de fossiles[modifier | modifier le code]

La vaste collection de fossiles des sœurs Philpot, méticuleusement étiquetée, fut utilisée pour des recherches par de nombreux géologues. Les trois sœurs ont collaboré aux recherches des fossiles et à la mise en ordre de la collection, mais c'est Elizabeth qui entretint une correspondance avec des géologues de premier plan comme William Buckland, William Conybeare, et Henry De la Beche à propos de la collection. La collection était très renommée pour ses poissons fossiles. Elle comprenait aussi des dents fossilisées, que William Buckland assembla avec un célèbre squelette partiel découvert par Mary Anning, ce qui amena celui-ci à décrire le ptérosaure Pterodactylus macronyx (qu'ensuite Richard Owen renomma Dimorphodon macronyx), en 1829. Dans son célèbre article de 1824, dans lequel il décrivit le squelette presque complet d'un plésiosaure découvert par Mary Anning en 1823, William Conybeare mentionna l'étude d'un crâne de plésiosaure en possession de " Miss Philpot ".

En 1834 William Buckland prit des dispositions pour que le paléontologue suisse Louis Agassiz vînt à Lyme travailler avec Mary Anning et Elizabeth pour se procurer et étudier des fossiles de poissons trouvés dans la région. Elles purent lui montrer des fossiles de 34 espèces différentes et il fut si impressionné par les connaissances d'Elizabeth et de Mary qu'il écrivit dans son journal : « Miss Philpot et Mary Anning ont pu me montrer avec une certitude absolue quelles sont les nageoires dorsales icthyodorulites de requins qui correspondent aux différents types. » Il remercia les deux femmes pour leur aide dans son énorme livre, Recherches sur les poissons fossiles, et il nomma une espèce de poisson fossile, Eugnathus philpotae, en hommage à Elizabeth Philpot et deux autres en hommage à Mary Anning.

L'encre des fossiles[modifier | modifier le code]

En 1826, Mary Anning découvrit ce qui sembla être une cavité contenant de l'encre sèche dans un fossile de belemnite. Elle le montra à son amie Elizabeth Philpot qui put la rendre utilisable en la mélangeant avec de l'eau et qui l'utilisa pour illustrer quelques-uns de ses propres fossiles d'ichthyosaures. Puis rapidement d'autres artistes locaux firent de même ce qui fut possible car on découvrit plus de cavités à encre fossilisée de cette sorte.

L'héritage[modifier | modifier le code]

L'importante collection de fossiles des trois sœurs Philpot finit par arriver au musée de l'université d'Oxford. Le musée Philpot (maintenant connu sous le nom de Lyme Regis Museum) fut construit à Lyme Regis en l'honneur des trois sœurs par leur neveu Thomas Philpot.


Biographie romancée et filmée[modifier | modifier le code]

  • La romancière Tracy Chevalier a publié une biographie romancée de Mary Anning et Elizabeth Philipot sous le titre Remarkable Creatures (HarperCollins, 2009), en français Prodigieuses créatures (Paris, éditions Quai Voltaire/ La Table ronde, 2010).
  • En mars 2010 une maison de production australienne a acquis les droits pour un film adapté du roman.

Références[modifier | modifier le code]

  • William Conybeare (1824), " À propos de la découverte d'un squelette presque parfait de Plesiosaurus ", à lire ici [1] ; Éditeur : La société géologique de Londres.
  • Shelley Emling, The Fossil Hunter: Dinosaurs, Evolution, and the Woman whose Discoveries Changed the World, Palgrove Macmillan,‎ 2009 (ISBN 978-0-230-61156-6)
  • Christopher McGowan, The Dragon Seekers, Persus Publishing,‎ 2001 (ISBN 0-7382-0282-7)
  • Marilyn Ogilvie et Joy Harvey, The Biographical Dictionary of Women in Science: L-Z , Routledge,‎ 2000 (ISBN 0-415-92039-6)
  • Hugh Torrens, Mary Anning (1799-1847) of Lyme: « the greatest fossilist the world ever knew », vol. 25, Journal for the History of Science,‎ 1995, 257–284 p. (JSTOR 4027645)