Elizabeth Garrett Anderson

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Elizabeth Garrett Anderson

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Elizabeth Garrett Anderson dans les années 1860.

Naissance 9 juin 1836
Suffolk, Angleterre
Décès 17 décembre 1917 (à 81 ans)
Angleterre
Nationalité Anglaise
Profession Médecin et féministe
Famille

Compléments

Première femme médecin de Grande-Bretagne;
Fondatrice d'une école de médecine pour femmes

Elizabeth Garrett Anderson (9 juin 1836 – 17 décembre 1917) est la première femme à avoir obtenu un diplôme en médecine en Grande-Bretagne (à l'exception de Miranda Stuart, qui a vécu sous le nom de James Barry). Son combat pour l'admission des femmes dans les professions médicales s'inscrit dans un élan général qui toucha à cette même époque l'Europe et l'Amérique du Nord.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elizabeth Garrett Anderson est née en 1836 à Aldeburgh dans le Suffolk. Sa jeune sœur, Millicent Fawcett, fut une grande figure du féminisme de l'Angleterre du XIXe siècle.

En 1860, après des études secondaires dans un établissement privé, elle décida de faire études de médecine, ce qui n'avait été entrepris par aucune femme avant elle et était à l'époque perçu comme quasiment indécent par la majeure partie des élites. Elle commença par étudier au Middlesex Hospital de Londres où elle reçut une formation plus ou moins complète, mais elle essuya ensuite un refus d'admission en tant qu'étudiante à part entière. Après avoir démarché plusieurs autres écoles de médecine sans succès, elle étudia finalement l'anatomie par elle-même à l'hôpital de Londres, aidée par certains professeurs de l'Université de St Andrews et d'Édimbourg.

Le 10 décembre 1862 elle écrivait à Julie-Victoire Daubié qui menait en France un combat similaire au sien pour permettre l'accès des études supérieures aux femmes[1]:

-J'ai accepté le rôle de pionnière pour les autres femmes et pour cela je vais continuer à ouvrir la voie en Grande-Bretagne plutôt que de me permettre les opportunités offertes par les universités étrangères ou américaines.[2]

Ses efforts se heurtèrent d'abord à de nombreux refus d'admission aux examens universitaires, notamment à l'Université de Londres et au Royal Colleges of Physicians and Surgeons, mais elle obtint finalement de l'Académie de Pharmacie le droit de passer sa licence en pharmacie qu'elle obtint en 1865. Elle devint ainsi la deuxième femme inscrite au tableau de l'Ordre des médecins aux côtés de Elizabeth Blackwell.

La même année, elle s'engagea aux côtés d'autres féministes, dont Emily Davies ou Elizabeth Wolstenholme, dans la création de la Kensington Society afin d'obtenir le droit de vote des femmes aux élections générales.

En 1866, elle fut nommée au poste de responsable médicale au dispensaire de St Mary à Londres, une institution qui n'employait que des femmes pour dispenser des soins aux femmes nécessiteuses. Ce dernier se développa rapidement et devint le New Hospital for Women dans lequel le Docteur Garrett officia pendant près de vingt ans.

En 1870, elle obtint son diplôme de médecine à l'Université de Paris, trois mois après Frances Hoggan. La même année, elle fut élue représentante du secteur de Marylebone au premier London School Board (rectorat), et devint médecin consultante de l'hôpital pour enfants de Londres Est. Toutefois, la charge de travail conséquente à laquelle elle dut faire face la contraignit à abandonner ces postes pour se consacrer exclusivement à son activité principale au New Hospital for Women.

En 1871, elle épousa James George Skelton Anderson, un industriel aisé travaillant pour la Orient Steamship Company, une des plus importantes compagnies de fret maritime du Royaume-Uni, mais elle continua pourtant à travailler au dispensaire. Elle eut trois enfants : Louisa, Margaret qui mourut d'une méningite, et Alan. Louisa suivit plus tard l'exemple de sa mère en devenant médecin et en militant aux côtés de suffragettes.

En 1873, elle obtint une place au sein de la British Medical Association dont elle resta le seul membre féminin pendant 19 ans à cause du veto de ses autres membres à l'admission d'autres femmes.

En 1874, elle participe à la création de la London School of Medecine for Women qui permit à des femmes de faire leurs armes de cliniciennes dès 1877 grâce à un partenariat avec le Royal Free Hospital obtenu suite au Medical Act de 1876. En 1896, après son rattachement à l'Université de Londres, elle fut rebaptisée la London Royal Free Hospital School of Medicine for Women.

En 1897, le Docteur Garrett Anderson fut élue présidente de la branche Londres Est de la British Medical Association.

En 1908, elle fut élue maire de Aldeburgh, devenant ainsi la première femme à occuper cette fonction en Angleterre.

Elle mourut en 1917 et est enterrée à Aldeburgh.

Héritage et anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Le New Hospital for Women fut rebaptisé le Elizabeth Garrett Anderson Hospital en 1918
  • L'aile spécialisée dans les maladies respiratoires infectieuses du Royal Free Hospital a été baptisé en sa mémoire l'aile Garrett Anderson.
  • En 1861, Elizabeth rendit visite à sa famille accompagnée de son amie Emily Davies. C'est assises près du feu de cheminée qu'elles et sa sœur Millicent choisirent de faire carrière pour faire avancer le droit des femmes. Elizabeth choisit la médecine, Emily l'éducation, tandis que Millicent fut chargée de la politique et de la lutte pour l'obtention du droit de vote.

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Children of the Revolution: The French, 1799-1914,p.166, Robert Gildea, ed.Harvard University Press, 2008
  2. Lettres à Julie-Victoire Daubié (1824-1874) La première bachelière et son temps. Raymonde Albertine Bulger. ed. Peter Lang N.Y 1992

Lien externe[modifier | modifier le code]