Eliomys quercinus

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Eliomys quercinus, appelé Lérot, Lérot commun, Loir lérot[1], Loir des greniers[2] ou Rat-bayard, est un rongeur nocturne de la famille des Myoxidae proche des loirs.

Si certaines populations sont encore localement relativement bien conservées (zones de prés ou bocages souvent), il est en forte régression sur une grande partie de son aire naturelle de répartition, au point même d'être considéré comme menacé de disparition sur la liste rouge des espèces menacées de l'UICN.

Identification du lérot[modifier | modifier le code]

Le lérot est un petit mammifère d'une quinzaine de centimètres sans la queue et d'environ 60 à 140 grammes. Le noir autour des yeux (lui donnant un aspect de bandit masqué), le contraste entre le pelage ventral blanc et dorsal gris brun, la longue queue bicolore à extrémité élargie permettent de le reconnaître aisément. Il fait partie d'un groupe de rongeurs anciens (les myoxidae) et possède à la fois des incisives pour ronger et des dents pointues de carnassier.

Mode de vie[modifier | modifier le code]

C'est un animal à la fois terrestre et arboricole aux mœurs nocturnes qui dort le jour dans un nid caché dans un trou d'arbre, un ancien nid d'oiseau (voire un nichoir) ou bâtiment humain et descend au sol pour se nourrir. Comme les autres myoxidae (loirs, muscardins) européens il hiberne et entre en complète léthargie pendant l'hiver (dérangé par erreur il ne se réveille pas pour autant).

Alimentation[modifier | modifier le code]

Son régime alimentaire comprend des fruits (on peut le voir facilement les soirs d'été dans les arbres fruitiers) des baies et des graines diverses mais aussi des insectes voire d'autres petits animaux plus petits que lui. Il n'est d'ailleurs pas rare, notamment lors de la saison des amours, de voir un lérot entreprendre de dévorer l'un de ses rivaux malchanceux. Ce cannibalisme est également observé, de façon récurrente, au sortir de l'hibernation.

Habitat[modifier | modifier le code]

Le lérot vit dans les vergers, les jardins et parcs (il est plus fréquent dans l'entourage humain que le muscardin ou le loir). Il fréquente facilement les greniers (où il peut faire du tapage nocturne) et bâtiments abandonnés.

Reproduction[modifier | modifier le code]

La femelle a une seule portée par an, de 2 à 7 petits. L'accouplement a lieu en avril-mai, la gestation dure 3 semaines. La maturité sexuelle est atteinte au bout d'un an. La longévité est de 3 à 4 ans dans la nature. À leur naissance, les petits mesurent 4 cm hors queue, sont roses et aveugles (paupières closes), leurs cris sont aigus (ultrasons) et leur mobilité étonnante. Un duvet gris-clair se développe rapidement et leur vigueur s'accroît dans la même mesure. Le premier signe distinctif évident apparaît au niveau du contour des yeux, encore clos, qui s'orne d'une traînée noire caractéristique de l'espèce.

Prédateurs[modifier | modifier le code]

Le lérot peut être la victime des fouines et des oiseaux nocturnes (chouettes et hiboux) qui fréquentent le même habitat. Les chats sont aussi des prédateurs pour ces animaux près des maisons.

Répartition[modifier | modifier le code]

Le lérot se rencontre dans toute l'Europe moyenne, de la côte ouest (absent de Scandinavie, de Grande-Bretagne et des Balkans) jusqu'à l'Oural à l'est. Il est aussi présent en Asie Mineure.

Statut et menaces[modifier | modifier le code]

C'est une espèce en forte régression pour des raisons encore mal comprises.

Les pesticides et la dégradation générale de ses habitats (bocages, prés, prairies, arbres creux ou morts, granges et greniers pour l'hibernation) semblent pouvoir expliquer une partie de son recul.

La dégradation de l'environnement nocturne par le phénomène dit de pollution lumineuse est potentiellement en cause, mais l'interaction entre éclairage artificiel et lérot n'a pas fait l'objet d'études particulières. Malgré cela on trouve encore en France dans le commerce des poisons spécifiques pour éliminer ces animaux.

Caractéristiques particulières[modifier | modifier le code]

  • Le lérot est capable de laisser la fourrure de sa queue, par une sorte d'autotomie un peu comme les lézards, quand il est attaqué par un prédateur[3].

Systématique[modifier | modifier le code]

L'espèce est encore classée par certains auteurs dans la famille des Myoxidés dans le sous-ordre des Myomorpha[4]

Lérot dans la culture[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals: in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. ISBN 0-444-51877-0, 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé
  2. Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  3. L. Cuénot, L'AUTOTOMIE CAUDALE CHEZ QUELQUES RONGEURS- ARCH. DE ZOOL. EXP. ET (JÉN. — 4' SÉRIE. — T. VI. D- Lire le texte
  4. Référence ITIS : Eliomys quercinus (Linnaeus, 1766) (fr) (+ version anglaise (en)) (consulté le 4 mai 2012)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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