Electroputere

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Electroputere SA

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logo Electroputere

Création 1949
Dates clés 1990 déstructurée en 7 sociétés
1994 groupe Electroputere SA
2007 privatisation
Fondateurs État roumain
Forme juridique société anonyme
Siège social Drapeau de Roumanie Craiova (Roumanie)
Produits matériel production d'énergie
matériel roulant ferroviaire
Société mère Al-Arrab Contracting Company Limited
Site web www.electroputere.ro

Electroputere est une compagnie roumaine fondée à Craiova en 1949, principal fournisseur national de matériel électrique de toutes sortes (générateurs, transformateurs haute tension…). À l’étranger, c’est la réalisation de locomotives, parfois exportées, qui lui apporte une certaine notoriété.

Histoire de l'entreprise[modifier | modifier le code]

Contexte[modifier | modifier le code]

La Roumanie d’après-guerre, passée dans l’orbite soviétique, voit l’instauration d’un régime communiste. Conscients des faiblesses du pays, de son grave retard y compris face à certains États du bloc de l’Est (Pays frères), les dirigeants qui se succèdent mettent en place d’ambitieux plans de développement : sidérurgie, pétrochimie au bord de la Mer Noire… Ces investissements industriels doivent nécessairement s’accompagner d’efforts en matière d’aménagement du territoire, afin d’acheminer le produit fini vers les centres de consommation.[réf. nécessaire]

Le transport, plus particulièrement le chemin de fer, est au centre de toutes les attentions. Les grands axes sont modernisés, progressivement électrifiés. Ainsi naît une activité domestique de construction ferroviaire, profitant du savoir-faire en matière d’appareillages haute tension. Cela assure de surcroît une certaine autonomie au pays, et permet une rentrée de devises bénéfique par le biais des exportations.[réf. nécessaire]

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le 1er septembre 1949, création de la société Electroputer SA Craiova, dont la production concerne des équipements pour la production d'énergie et le transport ferroviaire[1]. En mai 1968, le général de Gaulle, accompagné de Nicolae Ceaușescu, visite les usines Electroputere à Craiova. L'entreprise compte alors 8 000 salariés, elle produit des locomotives électriques et diesel, la moitié de la production étant exportée dans vingt pays sur trois continents[2].

En 1990, l'entreprise est déstructurée en 7 sociétés commerciales, qui sont de nouveau réunies en 1994 au sein d'un groupe prenant le nom de Electroputere SA[3].

À partir de 2001 le groupe est proposé à la privatisation par l'« autorité de privatisation AVAS roumaine », le premier essai, cette même année est un échec ainsi que le deuxième en 2003[4]. En 2006 le groupe représente environ 2 500 salariés et déclare un chiffre d'affaires de 46,5 millions d'euros pour une perte de 14,8 millions d'euros[5]

En février 2007, l'État roumain par l'intermédiaire d'AVAS lance le sixième processus de privatisation, de la société Electroputere SA Craiova, en publiant un appel d'offre pour 62,82 % du capital du groupe, composé de 5 entités. Quatre unités de production : « Appareillage électrique, Machines électriques rotatives, Transformateurs de puissance et Véhicules automobiles ferroviaires et urbains » ; et une unité : « Services généraux et les fabriques : Outils, dispositifs, instruments vérificateurs, Pièces coulées et forgées et Réparations et modernisations de machines outils et installations technologiques »[3]. Cinq offres sont parvenues dans les délais, trois ont été retenu, et le 11 juin 2007 l'AVAS a indiqué[1] que la meilleurs offre était celle de la société d'Arabie saoudite Al- Arrab Contracting Company Limited (ACC)[6]. La Roumanie étant membre de l’Union européenne depuis le 1er janvier 2007[7], la validation de la transaction doit être signifiée à la Commission européenne avant le 17 novembre[1]. Teodor Atanasiu, président de l'AVAS, et Said Bahjad Said, président d'Al-Arrab Contracting Co (société mère de ACC), signent le 6 novembre 2007[1] l'acte de privatisation du groupe Electroputere SA Craiova.

Production ferroviaire[modifier | modifier le code]

Généralité[modifier | modifier le code]

Locomotive électrique Electroputere/CFR - Class 45.

Lors de sa création, en 1949, Electroputere reprend une usine où sont construites des locomotives depuis 1941. Elle y fait de la réparation de locomotive à vapeur et elle produit des tramways et locomotives électriques jusqu'aux années 1960[8].

Le débouché naturel est bien sûr la compagnie nationale Căile Ferate Române (CFR), laquelle absorbe une grande part de la production -- parc roulant complété par du matériel yougoslave, fourni par Končar Group. Les exportations démarrent vraiment vers 1970, à destination d’autres pays satellites : Pologne, Bulgarie, Yougoslavie… La Grèce, l’Iran et la Chine figurent aussi au registre des clients, pour plus de 1 000 machines[9].

Locomotives diesel électriques[modifier | modifier le code]

LDE 2100HP[modifier | modifier le code]

Locomotive électrique Electroputere/CFR - Class 40, 5 100 kW.

Les 2100HP[10] sont des locomotives conçues pour une utilisation mixte, voyageurs - fret, qui serviront ensuite dans les gares de triage et les chemins de fer industriels. Deux séries sont produites : entre 1959 et 1981 un modèle ayant une vitesse maximale de 100 km/h (Class 60 Royaume-Uni) ; et un modèle plus rapide, 120 km/h, entre 1966 à 1981 (Class 62 Royaume-Uni). Au total environ 2 404 exemplaires ont été livrés[11].

  • 1407 exemplaires (2100 HP-CFR) sont livrés aux chemins de fer roumains, de 1960 à 1981.
  • 160 exemplaires sont livrés, de 1970 à 1993, aux compagnies ferroviaires privées roumaines
  • 420 exemplaires (2100HP PKP) sont livrés, de 1965 à 1978, aux Chemins de fer de l'État polonais (PKP SA). Ces moteurs sont du modèle le plus rapide Class 62.
  • 130 exemplaires (2100HP BDZ) sont livrés, de 1966 à 1975, aux chemins de fer bulgares.
  • 379 exemplaires (2100HP ND2) sont livrés, de 1971 à 1990, aux chemins de fer en Chine[12].

2100 HP-ND3[modifier | modifier le code]

2640 HP-IR[modifier | modifier le code]

3000 HP-CFR[modifier | modifier le code]

3500 HP-BR[modifier | modifier le code]

Arrivée, en 1976, de 30 locomotives diesel outre-Manche, connues sous le matricule Class 56 dans la terminologie BR (British Rail, 56001 à 56030) : les Britanniques souhaitent lancer une nouvelle gamme d’engins fret. Le fabricant retenu, Brush Traction, se révèle incapable de les réaliser au sein de ses ateliers. BR se tourne alors vers Electroputere. Tout semble rentrer dans l’ordre, mais les locomotives venues de l’Est, pauvrement assemblées, souffrent de nombreux défauts de jeunesse[13]. Si bien que le commanditaire est rapidement obligé de procéder à des réfections d’ensemble. Échaudé par cette cuisante expérience, BR renonce au programme restant et rapatrie les commandes, sur les ateliers BREL à Crewe et Doncaster.

Malgré cela, certains exemplaires ont mené une carrière normale, les dernières roumaines étant radiées au milieu des années 2000. Des groupes d’amateurs (particuliers) se sont constitués dans le but d’en sauvegarder, et entreprendre leur restauration.

4000 HP-OSE[modifier | modifier le code]

Locomotives électriques[modifier | modifier le code]

  • Class 40
  • Class 41
  • Class 42
  • Class 45
  • Class 47

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Electroputere Craiova (rebaptisé à la fin des années 1990) est aussi le nom donné au 2e club de foot de la ville, après l’Universitatea. Pratique courante dans l’ancien bloc de l’Est, où les régimes communistes accordaient une grande place au sport dans le cadre de l’entreprise, plus généralement l’ensemble de la société. Le professionnalisme, pour les joueurs, étant officiellement proscrit…

À côté[modifier | modifier le code]

Si Craiova, grand centre industriel, est surtout associée au monde ferroviaire, un autre acteur de poids de la construction mécanique, est parvenu en Europe de l’Ouest : Oltcit, qui n’est autre que la filière locale de Citroën. Pendant une quinzaine d’années, des milliers de Citroën Axel sortirent de chaînes… elles aussi construites selon des standards qui n’ont rien d’occidentaux[14]. Le coréen Daewoo repris brièvement le site, avant sa faillite. Ford est à présent dans la place, en assemblant de petits utilitaires et incessement sous peu le modèle B-MAX qui, ce dernier, sera exclusivement produit à Craiova[15].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Site Investir en Roumanie, article du 5 novembre 2007 lire en ligne (consulté le 1er mai 2010).
  2. Site Ina, Charles de Gaulle paroles publiques : Voyage en Roumanie, visite à Craiova (diffusion le 16 mai 1968) lire en ligne (consulté le 1er mai 2010).
  3. a et b Site Roumanie.Com, article de février 2007 : Privatisation : mise en vente de la société Electroputere Craiova, Roumanie lire en ligne (consulté le 1er mai 2010).
  4. (en) site esearchandmarkets.co.uk, article de décembre 2005 : Electroputere SA (Romania) - Company Profile lire en ligne (consulté le 1er mai 2010).
  5. (en) Site Finanznachrichten, citant comme source l'agence Mediafax lire en ligne !Consulté le 1er mai 2010).
  6. Site Al- Arrab Contracting Company Limited (ACC), « ACC purchased 62,82% of the Romanian Giant, Electroputere » lire en ligne (consulté le 1er mai 2010).
  7. Site Rfi, L'Europe passe à 27 : « L’adhésion à l’Union européenne, ce 1er janvier 2007, de la Bulgarie et de la Roumanie, » lire en ligne (consulté le 1er mai 2010).
  8. (en) Site Electroputer, historique de la production ferroviaire lire en ligne (consulté le 1er mai 2010).
  9. Listing du matériel livré (ro).
  10. (en) Site Electroputere, LDE Diesel Electric Locomotive 2100 HP-CFR lire en ligne (consulté le 2 mai 2010).
  11. (en) Site Derbysulzers, CFR 2,100hp Co-Co Locomotive lire en ligne (consulté le 2 mai 2010).
  12. (en) Site Derbysulzers, Classe ND2 lire en ligne (consulté le 2 mai 2010).
  13. Page anglaise consacrée à la Class 56 sur Wikipédia [1].
  14. Article détaillé sur la petite Citroën Citroën Axel.
  15. [2] [3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]