Elasmotherium

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L’Elasmotherium, ou « licorne géante », est un genre de rhinocérotidés éteints qui a vécu en Asie au Pliocène et au Pléistocène.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « Elasmotherium » est formé à partir du grec έλασμος, « lame », et θηρίον, « bête sauvage », le premier terme renvoyant à la forme des molaires de l'animal, par ailleurs dépourvu d'incisives et de canines.

Un imposant animal[modifier | modifier le code]

Ce mammifère était d'une grande taille : il atteignait une hauteur de deux mètres au garrot et une longueur de six mètres. Son crâne supportait une corne énorme d'une hauteur allant peut-être jusqu'à deux mètres. L'animal pourrait avoir atteint un poids de cinq tonnes. Ses pattes étaient plus longues que celles des rhinocéros actuels, et étaient faites pour le galop, ce qui donnait à l'animal une allure semblable à celle du cheval. C'était probablement un coureur rapide, en dépit de sa taille. Même les dents étaient semblables à celles des chevaux, et indiquent probablement un régime à base d'herbes coriaces.

Évolution et diffusion[modifier | modifier le code]

On a retrouvé de nombreux fossiles appartenant à des espèces diverses de cet animal : les restes les plus anciens ont été retrouvés en Chine orientale dans des terrains remontant au Pliocène supérieur, et ils appartiennent aux espèces Elasmotherium inexpectatum et Elasmotherium peii. Les origines de ces formes primitives semblent résider dans le genre Sinotherium, du Miocène supérieur. Les Elasmotherium primitifs ont disparu au début du Pléistocène, il y a environ 1,6 million d'années. D'autres espèces d'Elasmotherium, comme Elasmotherium caucasicum, sont apparues en Russie il y a environ un million d'années. L'espèce la plus grande et la plus évoluée, Elasmotherium sibiricum, est apparue en Russie du Sud-Ouest au Pléistocène moyen, et elle s'est répandue jusqu'en Sibérie. Elasmotherium s'est répandu dans toute la Russie méridionale, en Ukraine, en Moldavie et s'est éteint à la fin du Pléistocène moyen.

Dans les steppes ou sur les rives des fleuves ?[modifier | modifier le code]

Distribution d’Elasmotherium sibiricum durant le Pléistocène moyen et supérieur

Les particularités morphologiques des Elasmotherium ont fait naître deux hypothèses principales concernant leur aspect et les caractéristiques de leur habitat. La première, acceptée par la plupart des spécialistes, décrit les Elasmotherium comme de grands animaux à longs poils, avec une corne gigantesque sur le sommet du crâne, et qui habitaient les steppes ouvertes. Des restes de corne, cependant, n'ont jamais été retrouvés ; on a seulement une impressionnante structure osseuse qui faisait fonction de support.

L'autre hypothèse voit dans les Elasmotherium des animaux qui vivaient à proximité des rives de fleuves. Cette théorie se fonde sur la morphologie dentaire et crânienne : la combinaison de caractères comme l'absence de canines et les mouvements latéraux des mâchoires fortement développées impliquent des mouvements latéraux de la tête, vraisemblablement pour se nourrir d'herbe. La denture hypsodonte indique la présence de minéraux dans l'alimentation ; une nourriture de ce type se trouve principalement sur les rives des cours d'eau. D'autre part, les pattes longues et sveltes pouvaient servir à l'animal pour se déplacer sur de vastes aires de pâture, comme les steppes. Il est au fond possible que les deux hypothèses soient correctes.

Témoignages historiques[modifier | modifier le code]

Il est probable qu’Elasmotherium a disparu à l'époque préhistorique. Toutefois, selon l'encyclopédie suédoise Nordisk familjebok et le chercheur Willy Ley, l'animal pourrait avoir survécu assez longtemps pour avoir laissé des traces dans les légendes du peuple Evenk en Russie, sous la forme d'un énorme taureau noir doté d'une corne unique au sommet de sa tête. Il existe en outre le témoignage du voyageur médiéval Ibn Fadlan, généralement considéré comme une source fiable et qui indiquerait qu’Elasmotherium a survécu jusqu'aux temps historiques dans le Nord-Est de l'Iran actuel.

Voici le témoignage d'Ibn Fadlan :

« Aux confins d'une vaste steppe, habite, dit-on, un animal plus petit qu'un chameau mais plus grand qu'un taureau. Sa tête est la tête d'un mouton, et sa queue celle d'un taureau. Son corps est celui d'un mulet et ses sabots ressemblent à ceux d'un taureau. Au milieu de la tête se trouve une corne, épaisse et arrondie, et plus elle devient haute plus elle devient étroite, pour ressembler à la fin à une pointe de lance. Quelques-unes de ces cornes croissent jusqu'à trois ou cinq ells, la moitié de la taille de l'animal. Il se nourrit de feuilles des arbres, qui sont une végétation excellente. Chaque fois qu'il voit un cavalier il s'approche et, si le cavalier a un cheval rapide, le cheval essaie éperdument de fuir ; si la bête les rejoint, elle fait tomber le cavalier de sa selle avec sa corne, le lance en air, et le frappe avec la pointe de la corne, et continue ainsi jusqu'à ce que mort s'ensuive. Mais elle ne frappe ni ne blesse le cheval de quelque façon que ce soit. Les habitants du lieu poursuivent l'animal dans les steppes et dans la forêt jusqu'à ce qu'ils arrivent à le tuer. Voici comment les choses se passent : ils grimpent sur des arbres élevés entre lesquels passe l'animal. Quelques archers lui décochent des flèches empoisonnées ; et lorsque la bête est au milieu d'eux, ils la frappent et la blessent jusqu'à la mort. Moi-même j'ai vu trois grandes coupes, qui ressemblaient à des coquilles du Yémen, elles étaient la propriété du roi, qui m'a dit qu'elles venaient de la corne de cet animal. »

— Ibn Fadlan

Certains ont supposé que la survie d’Elasmotherium pendant les temps historiques pourrait être à l'origine du mythe de la licorne, puisque la description de l'animal correspond parfaitement à la licorne karkadann de la Perse, à l'Indrik du folklore russe et à la licorne zhi de la Chine.

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

Elasmotherium à la TV[modifier | modifier le code]

Dans la série documentaire Prehistoric Park, Nigel Marven sauve un elasmotherium de l'extinction.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (it) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en italien intitulé « Elasmotherium » (voir la liste des auteurs)
  • (en) N.G. Noskova, « Elasmotherians - evolution, distribution and ecology », The World of Elephants - International Congress, Rome 2001

Liens externes[modifier | modifier le code]

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