Elaine Sturtevant

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Elaine Sturtevant est une artiste américaine, née en 1930 (ou 1924 ou 1926[1]) à Lakewood (Ohio) et décédée[2] le 7 mai 2014 à Paris, où elle vivait et travaillait depuis 1992. Elle est considérée comme l'inspiratrice du mouvement appropriationniste[3], une étiquette qu'elle n'a pas acceptée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née dans l'Ohio, Sturtevant fait ses études à l'University of Iowa et à l'université Columbia de New York[4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Sturtevant commence sa carrière à New York en 1965, où elle reproduit les œuvres de jeunes artistes de l'époque. Bien qu'il soit difficile de distinguer ses œuvres des originaux, elle ne les considère pas comme des copies mais comme des « répétitions »[5]. À travers cette pratique, Sturtevant révolutionne complètement le concept d'originalité. Toutes ses œuvres sont des reproductions de celles d'autres artistes, aucune ne part d'une image originale.

Elle travaille d'abord à partir d’œuvres d'artistes américains comme Jasper JohnsRoy LichtensteinClaes Oldenburg et Andy Warhol. Warhol donne l'un de ses écrans de sérigraphie à Sturtevant afin qu'elle produise ses propres versions des « Flowers », et à une occasion, lorsqu'il est interrogé sur sa technique, il répond : « Je ne sais pas. Demandez à Elaine. »[6]

À la fin des années 1960, Sturtevant répète notamment des œuvres de Joseph Beuys et Marcel Duchamp. Duchamp représente une exception dans le corpus des artistes qui l'inspirent, puisqu'elle s'attache en général à des artistes au début de leur carrière, tandis que Duchamp est déjà confirmé à cette époque. Dans une photographie datée de 1967, Sturtevant et Robert Rauschenberg posent en Adam et Eve, dans une répétition d'une photographie originale de 1924 de Man Ray dans laquelle apparaissent Marcel Duchamp et Brogna Perlmutter[7].

Entre 1974 et 1985, Sturtevant cesse totalement de produire et d'exposer des œuvres[7].

Dans les années 1980, elle s'intéresse à une nouvelle génération d'artistes, dont Robert GoberAnselm KieferPaul McCarthy, et Felix Gonzalez-Torres. Elle maîtrise aussi bien la peinture, la sculpture, la photographie, la vidéo et le cinéma afin d'effectuer une gamme complète de copies des travaux des artistes qu'elle a choisis. La plupart du temps, elle les copie avant même que ceux-ci n'obtiennent une large reconnaissance.

Presque tous les artistes qu'elle a choisis de copier sont aujourd'hui considérés comme des incontournables de leur temps ou de leur style. Les critiques d'art se posent la question de savoir comment elle faisait pour déceler à un stade aussi précoce des artistes aujourd'hui célèbres.

À partir de 2004, à la suite de son exposition rétrospective au Museum für Moderne Kunst de Francfort, son travail se concentre sur la question de la répétition à l'ère cybernétique.

En 2011, elle obtient le Lion d'or de la Biennale de Venise[8].

Son œuvre est considérée comme partie prenante du mouvement appropriationniste, mais les différences entre l'œuvre des appropriationnistes et l'œuvre de Sturtevant sont grandes. D'abord, les appropriationnistes changent le format de l'œuvre qu'ils copient, tandis que Sturtevant respecte les dimensions de l'œuvre qu'elle répète. De plus, elle trouve ses sources d'inspiration parmi les œuvres de ses contemporains et non pas dans les figures iconiques de l'art moderne, comme le font les appropriationnistes.

Quelques expositions[modifier | modifier le code]

  • 1965 : Bianchini Gallery, New York
  • 1966 : « America America », Paris, Galerie J
  • 1967 : « The Store of Claes Oldenburg », New York, 623 East
  • 1992 : Stuttgart, Württembergischer Kunstverein
  • 2004 : « Elaine Sturtevant - The Brutal Truth », Francfort, Museum für Moderne Kunst
  • 2006 : New York, Whitney Biennial
  • 2008 : « Sturtevant », Consortium de Dijon
  • 2009 : « Sturtevant: Modes of Thought », Londres, Tate Modern
  • 2010 : « Sturtevant : The Razzle Dazzle of Thinking », Paris, MAM[9]
  • 2011 : Biennale de Venise[8]
  • 2012 : « Sturtevant: Image over Image », Stockholm, Moderna Museet ; Zürich, Kunsthalle
  • 2013 : « Leaps, Bumps and Jumps », Londres, Serpentine Gallery
  • 2014 : « Sturtevant: Drawing Double Reversal », Francfort, Museum für Moderne Kunst
  • 2014 : « Sturtevant: Double Trouble », New York, Museum of Modern Art
  • 2014: « Reloaded », Paris, Galerie Thaddaeus Ropac

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2013 : College Art Association, artist award for a distinguished body of work[10]
  • 2011 : Lion d'Or, Biennale de Venise[11]
  • 2008 : Greenburger Award, New Museum (New York)[12]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Elaine Sturtevant, Sturtevant: Push And Shove, Milan, Italie, Edizioni Charta Srl, 2005, 120 p. (ISBN 978-88-8158-544-1)
  • (en) Mario Kramer, Udo Kittelmann, Lena Maculan: Sturtevant. Catalogue raisonné., Stuttgart, Allemagne, Hatje Cantz, 2005, 191 p. (ISBN 978-3-7757-1485-3)
  • (en) Elaine Sturtevant, Udo Kittelmann (dir.), Sturtevant: Author of the Quixote, Köln, Allemagne, Buchhandlung Walther Konig GmbH & Co.KG, 2009, 48 p. (ISBN 978-3-86560-472-9)
  • (en) Bice Curiger (dir.), Elaine Sturtevant et Andro Wekua, Parkett: Sturtevant, Andro Wekua, Paul Chan, Kerstin Bratsch, Köln, Allemagne, Parkett Publishers, 2011, 300 p. (ISBN 978-3-907582-48-0)
  • (en)(fr) Anne Dressen (Ed.), Bruce Hainley, Fabrice Hergott, Sturtevant : The Razzle Dazzle of Thinking, Suisse, Zürich, JRP Ringier, 2010, 304 p. (ISBN 978-3-03764-090-6)[9]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. http://news.artnet.com/in-brief/appropriation-artist-sturtevant-has-died-1926-2013-14605
  2. http://galleristny.com/2014/05/sturtevant-uncompromising-progenitor-of-appropriation-has-died/
  3. Stéphanie Moisdon, « Sturtevant, la vérité, brutale. », sur blogs.mediapart.fr,‎ 18 avril 2008 (consulté le 4 mai 2011)
  4. « Sturtevant, Uncompromising Progenitor of Appropriation Art, Has Died »
  5. (en) Michael Lobel, « Inappropriate Appropriation », Parkett, no 75,‎ 2005
  6. (en) Bruce Hainley, « Erase and rewind », Frieze,‎ 2000 (lire en ligne)
  7. a et b (en) Holland Cotter, « Taking Copycat to a Higher Level », The New York Times,‎ 14 novembre 2014 (lire en ligne)
  8. a et b Lucie Agache, « Franz West et Elaine Sturtevant, Lions d’or de la Biennale de Venise 2011 », sur connaissancedesarts.com,‎ 4 mai 2011 (consulté le 4 mai 2011)
  9. a et b « Sturtevant : The Razzle Dazzle of Thinking », sur mam.paris.fr (consulté le 4/5/2011)
  10. « Liste des lauréats du College Art Award »
  11. « Principaux artistes récompensés »
  12. (en) « Past award winners »

Liens externes[modifier | modifier le code]