Ela Bhatt

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Ela Bhatt à la coopérative des femmes de Qalandia, 2009

Ela Ramesh Bhatt née le 7 septembre 1933 dans la ville d'Ahmedabad, (Etat du Gujarat), Inde), est une juriste indienne. Elle est une des instigatrices de la micro-finance en Inde et la fondatrice de la Self-Employed Women's Association (SEWA). Elle a reçu de nombreuses distinctions pour l'ensemble de son œuvre auprès des plus démunis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née dans une famille de brahmanes privilégiés, l'enfance d'Ela Bhatt se passe dans la ville de Surate où son père, Sumantrai Bhatt, a un cabinet d'avocat prospère. Sa mère, Vanalila Vyas, est active dans le mouvement des femmes. Ela entre au Sir Shah LA Law College à Ahmedabad. En 1954, elle obtient son diplôme en droit et une médaille d'or pour son travail sur la loi hindoue. Elle commence à travailler comme avocate au bénéfice du syndicat d'une entreprise textile.

En 1956, Ela Bhatt épouse Ramesh Bhatt (aujourd'hui décédé), mari qu'elle a choisi.

Ahmedabad devient le lieu de naissance du mouvement SEWA, pionnier de la microfinance, mais surtout mouvement atypique à la fois syndicat, coopérative et banque pour des centaines de milliers de femmes[1]. Pourtant en 1972, la municipalité s'étonne lorsque Ela Bahatt fait part de sa volonté de crérr un syndicat de femmes travailleuses : « Mais pourquoi vouloir créer un syndicat, si vous n'avez pas de patron contre lequel manifester ? »[2] Pour Ela Bath : « Un syndicat ne sert pas qu'à faire de l'agitation ou à s'opposer. Un syndicat, c'est aussi... pour la solidarité »[3]. Cette attitude ne l'empêche pas de fonder l’Association des Femmes travailleuses indépendantes en Inde (Self-Employed Women’s Association, SEWA). Ce syndicat au profit des plus pauvres a désormais 1 million de membres.

En 1974, lors de la création de Banque coopérative de SEWA, 4 000 femmes versent alors 20 roupies (1 euro) pour constituer le premier capital[4]. En 1979, elle fonde la Women's World Banking avec Esther Ocloo et Michaela Walsh, organisme dont elle assure la présidence de 1980 à 1998.

Dès 1981, elle se spécialise dans la défense des femmes, en particulier celles gagnant leur vie dans le secteur informel (ramasseuses de chiffons, vendeuses de légumes, porteuses d'eau, tireuses de charrettes...), et qui, à ce titre, ne bénéficiaient d'aucun droit ni protection légale[2].

De 1986 à 1989, Ela Bhatt siège à l’Assemblée des États et préside la commission nationale des femmes indépendantes. De 1989 à 1991, elle est membre de la Commission du Plan[3].

Elle a obtenu un doctorat honorifique en lettres humaines de l'Université Harvard en juin 2001[5]. Jusqu'en 2005, elle est présidente du Comité directeur WIEGO,un réseau mondial de recherches politiques qui vise à améliorer la situation des travailleurs pauvres, surtout celle des femmes dans l'économie informelle.

Malgré son statut aisé, Ela Bhatt vit modestement à Ahmedabad avec sa famille, dans un petit bungalow exigu et spartiate. Son lit lui sert en même temps de fauteuil de bureau. Elle est actuellement présidente de la Banque coopérative de SEWA, de HomeNet, et de l'Alliance internationale des vendeurs de rue. Elle est également administratrice de la Fondation Rockefeller.

Elle fait partie du groupe des Global Elders (anglais signifiant les anciens, ou sages, universels), créé par Nelson Mandela afin de promouvoir la paix et les droits humains dans le monde.

Reconnaissance[modifier | modifier le code]

Ela Bhatt est récipiendaire du prix Nobel alternatif en 1984, « pour la recherche du bien-être (assistance sociale) et le respect des travailleuses à domicile. ».
Ela Bhatt a également reçu la distinction civile Padma Shri par le gouvernement de l'Inde en 1985, et le Padma Bhushan, en 1986. Elle a auparavant reçu le prix Ramon Magsaysay pour le leadership communautaire en 1977.

  • Le 13 mai 2010, Ela Bhatt reçoit le 27ème Prix Niwano pour la paix en reconnaissance de sa contribution pendant plus de 30 ans à l'amélioration de la qualité de vie des femmes travailleuses les plus pauvres et les plus opprimées de son pays.

Citation[modifier | modifier le code]

« Les femmes, en s'organisant entre elles, ont abandonné l'acceptation passive de toutes les injustices; elles ont le courage de se lever et de se battre, la capacité de penser, d'agir, de réagir et de gérer. L'autonomie est ce qu'elles veulent en définitive. Il n'y a pas de développement sans autonomie. Mais il n'y a pas de route vers l'autosuffisance, sans organisation. »

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  • (fr) von Lüpke / Erlenwein le "Nobel" alternatif, 13 portraits de lauréats, La Plage, Sète, 2008
  • Autres sources
  1. >Article de Jean-Joseph Boillot, paru dans Alternatives Économiques, décembre 2009.
  2. a et b Lorraine Rossignol, « Femmes et indépendantes », Le Monde, 15 novembre 2002.
  3. a et b Entretien d'Ela Bhatt avec Rajni Bakshi septembre 2008 http://base.d-p-h.info/fr/fiches/dph/fiche-dph-7658.html
  4. Henri Rouille d'Orfeuil, « Rien n'est dérisoire », Le Monde, 9 juillet 1987.
  5. Article paru dans Business Standard 18 juillet 2009 http://www.business-standard.com/india/news/us-secretarystate-mrs-hillary-clinton%5Cs-visit-to-%5Chansiba%5C/364282/

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Autres sources[modifier | modifier le code]

Sites en français[modifier | modifier le code]

Sites étrangers[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]