Ekaterina Gueorguievna Gueladzé

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Ekaterina Gueladzé

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Ekaterina Gueladzé (sous le nom de Djougachvili) par Isaak Brodski.

Nom de naissance Ekaterina Gueorguievna Gueladzé
Naissance Vers 1858
Gambaréouli, Géorgie
Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Décès 4 juin 1937 (à 78 ou 79 ans)
Tiflis, RSS de Géorgie
Flag of the Soviet Union (1923-1955).svg Union soviétique
Nationalité Drapeau de la Russie Géorgienne (de 1850 à 1922)
Drapeau de l'URSS Soviétique (de 1922 à 1937)
Ascendants
Glakho Gueladzé (père)
Conjoint
Vissarion Djougachvili (né en 1850, mariés de 1872 à 1910, décédé en 1910)
Descendants
Mikhail (fils, avec Vissarion, né et décédé en 1875)
Gueorgui (fils, avec Vissarion, né en 1876, décédé en 1877)
Iossif (fils, avec Vissarion, né en 1878, décédé en 1953)

Ekaterina Gueorguievna Gueladzé (en russe : Екатерина Георгиевна Геладзе ; en géorgien : ქეთევან გელაძე, Ketevan Gueladze), née à Gambaréouli en 1858 et morte à Tiflis le 4 juin 1937, est la mère de Joseph Staline, surnommée Kéké (კეკე) dès son enfance.

Biographie[modifier | modifier le code]

On a beaucoup plus d'éléments sur la mère de Staline que sur son père, les archives restent cependant assez rares. Ekaterina est née dans le village géorgien de Gambaréouli dans une famille orthodoxe et serve en 1858 à une date inconnue. Bien que son père soit mort jeune et que la famille vive dans une grande pauvreté, la tradition soviétique voudrait que la mère d'Ekaterina se soit assurée que sa fille apprenne à lire et à écrire le géorgien - tradition à prendre évidemment avec précaution. Le 17 mai[1] 1872[2], à l'âge de 14 ans, elle épouse l'énigmatique Vissarion Djougachvili, né vers 1850, cordonnier de son état à Didi-Lilo. Trois enfants naissent de cette union : les deux premiers meurent en bas âge : Mikhail (14 février 1875—avril 1875), Georgi (24 décembre 187619 juin 1877)[3]. Seul le troisième et dernier, Joseph survivra : il naît le 6 décembre[4] 1878[5] à Gori. Le petit garçon a le deuxième et le troisième orteils palmés[6], mais il est en bonne santé ; Ekaterina a beaucoup prié Dieu pour que ce fils ne meure pas avant sa première année.

La famille vit dans la pauvreté, dans une maisonnette de Gori. Ekaterina dira par la suite : « La pluie coulait par le toit de notre petite maison sombre et il faisait humide. On mangeait mal[7] ». Le climat familial est violent : Vissarion, souvent ivre, bat sa femme ainsi que Joseph et, en 1883, il quitte le foyer, obligeant Kéké à trouver du travail. Elle occupe un poste de bonne à tout faire chez de riches employeurs de Gori pour lesquels elle fait le ménage, des travaux de couture et cuit le pain. Il est également fait mention de prostitution. Elle sera recueillie au presbytère, chez le prêtre orthodoxe Tcharviani aux côtés duquel elle s'installe et qui la conseille sur l'avenir de Joseph. En 1888, Iekaterina encouragea son fils à entrer dans les ordres et finance ses études avec son maigre revenu. Durant l'été 1889, Ekaterina est passée près de la catastrophe, son fils a failli être écrasé par une lourde charrette, il n'a que le bras gauche de cassé, mais cette séquelle le suivra toute sa vie[8].

Staline au pouvoir[modifier | modifier le code]

Bien des années plus tard, son fils, devenu le maître incontesté de l'Union soviétique, l'installera dans un palais caucasien d'où ils s'échangeront des lettres en géorgien qui nous sont parvenues (avril 1922-mai 1937). La relation qu'avait Staline avec sa mère reste mystérieuse au cours des années 1930. Apparemment, il ne lui aurait pas rendu visite avant d'apprendre qu'elle était gravement malade au printemps 1935. Cette visite est restée célèbre par cet échange :

« - Ekaterina : Qu'est-ce que tu fais maintenant Joseph ?
-
Staline : Te souviens-tu du tsar ?
- Ekaterina : Oui
- Staline : Hé bien je suis comme le tsar
- Ekaterina : Tu aurais mieux fait d'être prêtre... »

[réf. nécessaire]

Peu de temps avant sa mort, lorsqu'on l'interrogea sur son mari Vissarion, elle répondit qu'il était mort en 1890 lors d'une « rixe de soûlards », comme le raconte Irémachvili, ami d'enfance et biographe de Staline, et le confirme Svetlana Allilouieva la petite-fille de celui-ci.

Ekaterina meurt âgée de 79 ans, peu de temps après, le 4 juin 1937 à Tiflis. Staline ne se rendra pas à son enterrement et il fait envoyer une couronne sur laquelle était inscrit : « À sa chère mère et aimée de son fils Joseph Djougachvili (Staline) ».

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le 29 mai dans le calendrier grégorien
  2. Simon Sebag Montefiore, Le jeune Staline, p. 49
  3. Simon Sebag Montefiore, Le jeune Staline, p. 53
  4. Le 18 décembre dans le calendrier grégorien
  5. Staline fera changer ultérieurement sa date de naissance au 21 décembre 1879.
  6. Simon Sebag Montefiore, Le jeune Staline, p. 54
  7. interview de La Pravda, 1935
  8. Simon Sebag Montefiore, Le jeune Staline, p. 67

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Irémachvili, Stalin und die Tragödie Georgiens, Berlin, 1932.
  • Roy Medvedev, La Famille du tyran.
  • Lily Marcou, Staline : vie privée, Calmann-Lévy, 1996.
  • Joseph Staline, Chroniques de l'Histoire, 1996.
  • Jean-Jacques Marie, Staline, Fayard, 2001.
  • « Staline, dictateur rouge au sang bleu ? », Courrier international, 17 janvier 2002.
  • Simon Sebag Montefiore, Le jeune Staline, (traduit de l'anglais par Jean-François Sené), Calmann-Lévy, 2008, (ISBN 978-2-2701-3296-4)