Eikō Hosoe

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Eikō Hosoe

Eikō Hosoe (細江 英公, Hosoe Eikō?) est un photographe japonais, né le 18 mars 1933.

Biographie artistique[modifier | modifier le code]

Le style documentaire semble être la seule manière d'aborder le sujet de la bombe atomique. Pourtant Eikō Hosoe évoquait lui des souvenirs personnels dans son travail, par un style théâtral et mythique. Ce langage visuel étant vraiment différent de ce que l'on pouvait voir dans une culture réputée pour son autorité.

Dans les années 1950, quand il était encore étudiant, Eikō Hosoe photographia les prostitués ainsi que tout ce qui touchait aux petites rues glauques et autres bars louches de Tōkyō. Le but étant de montrer une société en pleine évolution, il adopta un certain point de vue documentaire qu'il abandonna vite. En 1959, sa rencontre avec Tatsumi Hijikata (un jeune danseur), lui fit prendre une voie nettement plus théâtrale que le documentaire traditionnel. Séduit par le spectacle jugé scandaleux de Hijikata (une adaptation d'un roman de Mishima abordant des thèmes comme l'érotisme et l'homosexualité), Eikō Hosoe réussit à convaincre Hijikata de travailler avec lui sur son film Navel and Atomic bomb, un ballet mythique et démoniaque. La présence physique de Tatsumi Hijikata était fascinante presque divine, chose impensable dans une culture où le nu n'existe pas.

Le corps devint donc une idée fixe pour Eikō Hosoe et l’œuvre de l’écrivain Yukio Mishima un projet majeur dans son travail. De son premier livre, Man and Woman qui est construit comme un spectacle où ses nus sensuels seraient un lieu réparateur dans une société détruite, ou The Cosmos of Gaudi où l'architecture de Barcelone est vue comme les courbes d'un corps humain dont les organes sont les constructions de Gaudí, aux mises en scènes narcissiques de Mishima dans Ordeal by Roses ou incantatoires de Tatsumi Hijikata dans Kamaitachi, Eikō Hosoe veut montrer l'essence des choses à travers les mises en scènes théâtrales qu'il élabore.

Inspiré par ses contemporains tels que Bill Brandt, Ansel Adams ou encore Edward Weston ainsi que la religion bouddhique et shintoïste, Eikoh Hosoe devient le maître d'une quête imperturbable et sacrée du Beau. Photographe, réalisateur de film, professeur, écrivain ou directeur du musée KMoPa, Eikō Hosoe est l'un des grands noms de la photographie japonaise contemporaine. La présence magnifiée du corps nu fut pour lui non seulement une recherche visuelle, mais aussi une réflexion sur l'identité et sur le moi.

Biographie[modifier | modifier le code]

  • 1933 : naissance de Toshihiro Hosoe à Yonezawa le 18 mars
  • 1933-45 : scolarité à Tōkyō durant les bombardements où il est évacué
  • 1952 : sa photo poddie-Chan lui vaut le prix du concours de photos Fuji, section étudiants. Il s'inscrira peu après à l'école de photographie de Tokyo
  • 1953 : adhère au groupe artistique Demokrato
  • 1954 : devient photographe indépendant après ses études
  • 1956 : grand succès pour sa première exposition An american girl in Tokyo, un récit photographique romancé
  • 1960 : Hosoe fonde avec Kawada, Sato, Tanno, Narahara et Tomatsu l'agence VIVO. Il réalise aussi navel and atomic bombe (Heso to genbaku, へそと原爆).
  • 1961 : récompensé par le prix du photographe le plus prometteur décerné par l'association des critiques de photo japonais.
  • 1961-63 : Hosoe réalise des portraits de Mishima, ouvrage killed by roses est récompensé par le prix de la société de la critique photographique
  • 1964 : réalise un film avec Kon Ichikawa pour les Jeux olympiques de Tokyo
  • 1970-71 : collabore avec Mishima pour une nouvelle édition de Barakei. Mais Mishima se suicide avant la parution du livre
  • 1972 : enseigne et dirige des ateliers dans les universités de Phoenix, Columbia et Yosemite.
  • 1974 : participe avec Nobuyoshi Araki, et Daido Moriyama à la mise en place de la photo worskhop school de Tōkyō
  • 1975 : se voit offrir une place à l'école de photographie de Tokyo.
  • 1976-84 : crée une série de photographies sur l'architecture de Gaudi, publiée dans The comos of Gaudi et accompagné de dessins de Miro
  • 1987 : se rend à New York pour un atelier intensif sur le tirage platine et rentre au Japon avec un appareil 20x24 qu'il a fabriqué.
  • 1991-98 : représenté par Howard Greenberg Gallery, New York City ; son exposition Eikoh Hosoe:META qui sera itinérante jusqu'en l'an 2000, est inaugurée à l'International Center of Photographie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

De ou sur Hosoe[modifier | modifier le code]

  • Hosoe, Eikoh, and Yukio Mishima. Killed by roses. Tokyo: Shueisha, 1963.
  • Hosoe, Eikoh. 鎌鼬 = Kamaitachi. Tokyo: Gendai Shichosha, 1969.
  • Hosoe, Eikoh, Tadanori Yokoo, and Yukio Mishima. Ordeal by roses reedited. Tokyo: Shueisha, 1971.
  • Hosoe, Eikoh. 薔薇刑 = Ba*ra*kei = Ordeal by roses: photographs of Yukio Mishima. New York: Aperture, 1985. (ISBN 0-89381-169-6).
  • Hill, Ronald J. Eikoh Hosoe. Carmel, CA: Friends of Photography, 1986. (ISBN 0-933286-46-5).
  • Hosoe, Eikoh. Eikoh Hosoe, meta. New York: International Center of Photography, 1991. (ISBN 0-933642-16-4).
  • Holborn, Mark. Eikoh Hosoe (Aperture Masters of Photography). New York: Aperture, 1999. (ISBN 0-89381-824-0).
  • Hosoe, Eikoh. 鎌鼬 = Kamaitachi. New York: Aperture, 2005. (ISBN 1-931788-80-4). Réimpression.
  • Hosoe, Eikoh, and Kazuo Ohno. Butterfly dream. Kyoto: Seigensha, 2006. (ISBN 4-86152-092-4).
  • Hosoe, Eikoh. Deadly ashes: Pompeii, Auschwitz, Trinity Site, Hiroshima. Tokyo: Madosha, 2007. (ISBN 978-4-89625-086-2).
  • Hosoe, Eikoh. 鎌鼬 = Kamaitachi. New York: Aperture, 2009. (ISBN 978-1-59711-121-8). Trade edition.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Furuta, Miyuki. Why, mother, why?. Tokyo: Kodansha, 1965. Avec photographies de Hosoe.
  • Lifton, Betty Jean. Taka-chan and I: a dog's journey to Japan. New York: W.W. Norton, 1967. Avec photographies de Hosoe.
  • Lifton, Betty Jean. A dog's guide to Tokyo. New York: W.W. Norton, 1969. Avec photographies de Hosoe.
  • Lifton, Betty Jean. Return to Hiroshima. New York: Atheneum, 1970. Avec photographies de Hosoe.
  • (ja) Nihon nūdo meisakushū (日本ヌード名作集?), Japanese nudes). Camera Mainichi bessatsu. Tokyo: Mainichi Shinbunsha, 1982. pp. 185-89 show nudes by Hosoe.
  • Lifton, Betty Jean. A place called Hiroshima. Tokyo: Kodansha, 1985. (ISBN 0-87011-649-5). (1990 édition de poche: (ISBN 0-87011-961-3).) With photographs by Hosoe.
  • Holborn, Mark. Black sun: the eyes of four. Roots and innovation in Japanese photography. New York: Aperture, 1986. (ISBN 0-89381-211-0). pp. 17-32 discuss Hosoe's Kamaitachi series.
  • Nihon shashin no tenkan: 1960 nendai no hyōgen (日本写真の転換:1960時代の表現?) / Innovation in Japanese Photography in the 1960s. Tokyo: Tokyo Metropolitan Museum of Photography, 1991. Exhibition catalogue, text in Japanese and English. pp. 46-55 show photographs from Ordeal by Roses.
  • Baudelaire, Charles. Flowers of evil. South Dennis, MA: 21st Editions, 2006. Avec photographies et postface de Hosoe.

Liens externes[modifier | modifier le code]