Eiao

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Eiao
ʻEiao (mrq)
Image satellite d’Eiao
Image satellite d’Eiao
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Îles Marquises
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 8° 00′ S 140° 42′ O / -8, -140.78° 00′ S 140° 42′ O / -8, -140.7  
Superficie 43,8 km2
Point culminant Moukatiketike (578 m)
Géologie Île corallienne
Administration
Collectivité d'outre-mer Polynésie française
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Fuseau horaire UTC-9:30

Géolocalisation sur la carte : Polynésie française

(Voir situation sur carte : Polynésie française)
Eiao
Eiao
Îles de France

Eiao, en marquisien ʻEiao, est la plus grande île du groupe le plus septentrional de l’archipel des Marquises, en Polynésie française.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom d’Eiao n’a pas d’équivalent dans le reste de l’Océanie. Dans la légende de la construction des îles Marquises[1], selon laquelle chaque île de l’archipel est une partie de la maison des Dieux, Eiao est la dernière île à apparaitre. Au moment où le soleil se lève, illuminant la maison nouvellement construite, la Déesse Atanua pousse un cri de joie qui donne naissance à l’île

En marquisien, son nom s’écrit aussi ʻEiao (l’apostrophe représente une consonne glottale)

Précedemment, l'île fut nommée :

Géographie[modifier | modifier le code]

C’est la plus grande île inhabitée de l’archipel. Elle n’est séparée de sa voisine Hatutu que par un chenal de 3 km, mais se trouve à 100 km de Nuku Hiva, la plus proche île habitée, dont elle dépend administrativement.

Elle a la forme d’un croissant long de 13 km et large de 3,5. Le centre d’Eiao est un plateau élevé, à l’altitude comprise entre 300 et 500 mètres, incliné vers le nord-ouest et bordé au sud par de hautes falaises côtières. Son point culminant est le Moukatiketike, qui s'élève à 578 mètres[2]. On trouve aussi le Tohuanui, à 550 mètres.
Ses côtes présentent peu de points de mouillages :

  • la baie de Vaituha, à l’ouest, où - vers l'altitude +150m - débouche la seule source pérenne de l’île (eau potable mais fortement chargée en magnésium et calcium),
  • la baie du Charner, au nord-ouest de l’île.
  • la baie de Avaneo également au Nord-Ouest, mais, comme la précédente, peu protégée dans le cas d'une houle du Nord.

Géologie[modifier | modifier le code]

Eiao correspond à la partie nord-ouest d’une caldeira effondrée, d’un diamètre d’une dizaine de kilomètres. La formation de l’île s’est faite en deux phases : la première date de 5,8 à 5,7 millions d’années, la seconde de 5,3 à 5 millions d’années[3]. Elle est essentiellement composée de basalte.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

L'érosion et le fer présent dans le sol donnent au plateau un aspect martien.

Dû à son isolement, Eiao a développé un certain nombre d’espèces animales et végétales endémiques[4]. Elle a été classée « aire de gestion des habitats ou des espèces » en 1971, puis « réserve naturelle de l’île d’Eiao » en 1992.

L’introduction de moutons au XIXe siècle a malheureusement contribué à l’appauvrissement de la végétation de l’île, accroissant le phénomène d’érosion du sol, et par incidence de sa faune.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des outils en pierre, particulièrement des herminettes, faites à partir du basalte d’Eiao, ont été trouvés dans des sites archéologiques sur d’autres îles, prouvant l’existence de voyages inter-îles dans l’archipel.

Avant l’arrivée des occidentaux, l’île fut habitée par la tribu des Tuametaki. Elle servait également de sépultures pour les chefs des tribus de Te I’i.

Du point de vue des Occidentaux, elle fut découverte par l’américain Joseph Ingraham en avril 1791, puis trois mois plus tard par le Français Étienne Marchand.

Vers la fin du XIXe siècle, Eiao a été brièvement utilisée comme prison, mais l’expérience fut arrêtée en raison des sécheresses fréquentes, et des difficultés d’approvisionnement et de débarquement sur l’île.

De 1962 à 1963, l’homme de média Georges de Caunes y vécut en solitaire[5].

En 1972-1973, trois sondages profonds (6 à 800m) furent conduits par le BRGM/CEA/CEP dans l'objectif - alors classé "secret-défense" -, d'emplacement possible pour des essais nucléaires souterrains. La structure géologique de l'île se révéla impropre à de telles expérimentations.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. René Haiti Uki, La Construction des îles Marquises, vol. 1, Tahiti, Éditions Haere-Po-No Publipress,‎ 1985, p. 30-32
  2. « Carte marine n° 7356 », SHOM (consulté le 2013-12-28)
  3. [PDF] R. Brousse, H.G. Barsczus, H. Bellon, J.M. Cantagrel, C. Diraison, H. Guillou, C. Léotot, « Les Marquises (Polynésie française) : volcanologie, géochronologie, discussion d’un modèle de point chaud », dans Bulletin de la Société géologique de France, 1990, 6 (6), p. 933-949, sur http://www.ird.fr/, Institut de recherche pour le développement (IRD),‎ 1990 (consulté le 16 juin 2007)
  4. « Oiseaux de Eiao », sur http://www.manu.pf/, MANU Société d’Ornithologie de Polynésie (consulté le 16 juin 2007)
  5. « Georges de Caunes : mon chien, mon île et moi », 5 colonnes à la une, ORTF - 7 juin 1963 - 00h06m30s [lire en ligne]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Webographie[modifier | modifier le code]