Église Saint-Joseph du Havre

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Église Saint-Joseph
Image illustrative de l'article Église Saint-Joseph du Havre
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Diocèse du Havre
Début de la construction 1951
Fin des travaux 1956
Architecte Auguste Perret
Style dominant Architecture moderne inspiré de l'architecture néogothique[Note 1] et de l'architecture néoclassique[Note 2]
Protection Logo monument historique Classé MH (1965)
 Patrimoine mondial (2005)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Haute-Normandie
Département Seine-Maritime
Commune Le Havre
Coordonnées 49° 29′ 27″ N 0° 06′ 04″ E / 49.4908626, 0.1010656 ()49° 29′ 27″ Nord 0° 06′ 04″ Est / 49.4908626, 0.1010656 ()  [1]

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Église  Saint-Joseph

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Église  Saint-Joseph

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Église  Saint-Joseph

L'église Saint-Joseph est un édifice emblématique du centre-ville reconstruit du Havre. C'est le premier monument que l'on voit en arrivant par la mer.

L'ancienne église néo-gothique a été complètement détruite en 1944. Auguste Perret dessina avec Raymond Audigier les plans de la nouvelle église : A. Perret, qui était athée, voulait que l'église soit aussi un monument à la mémoire des victimes de la guerre tandis que R. Audigier, très croyant, souhaitait en faire un cierge de remerciement à Dieu pour le retour de la paix; cette seconde idée a fortement influencé le choix de la forme définitive du monument en s'inspirant des précédents projets réalisés par A. Perret : l'église votive Sainte-Jeanne d'Arc, une basilique dessinée par Perret en 1926 et originellement destinée à être construite rue de la Chapelle, dans le 18e arrondissement de Paris. L'abbé Marie convainc le clergé et le ministère de la reconstruction de mettre en œuvre ce projet.

Auguste Perret et Raymond Audigier sont les deux coauteurs de cet ouvrage. À la mort de Perret, en 1954, R. Audigier termina l'ouvrage avec la collaboration de Georges Brochard pour le cabinet Perret. Audigier et Brochard étaient par ailleurs assistés par un autre architecte, Jacques Poirrier. Les travaux débutèrent le 21 octobre 1951 par la pose de la première pierre. La fin du gros œuvre a lieu en octobre 1957 avec l'achèvement de la tour de 107 mètres et la remise au culte le 22 mars 1959, les aménagements intérieurs n'étant terminés qu’en 1961. La consécration du maître-autel et des aménagements (baldaquin, stalles) conçus par l’architecte Guy Verdoïa a lieu en 1964. La nouvelle église Saint-Joseph fait l'objet d'une inscription au titre des monuments historiques par arrêté du 11 octobre 1965[2], soit, fait rarissime, dix ans seulement après sa construction.

En 1997, l'église est parée d'un habillage lumineux.

D'importants travaux de restauration (mise en sécurité, éclats de bétons, vitraux, mise en lumière interne...) sont menés entre 2003 et 2005 pour un coût d'1,6 million d'euro.

La tribune est à présent dotée de son orgue à tuyaux, construit par le facteur d'orgue Alfred Kern (Strasbourg) en 1966 pour la chapelle Saint-Thomas du Havre (aujourd'hui démolie). l'orgue a été transféré sur la tribune de Saint-Joseph en 2003-2004 où il trouve sa place tant sur le plan sonore qu'architectural.

Sa composition est la suivante et permet de jouer plutôt un répertoire baroque:

2 claviers de 56 notes et un pédalier de 30 notes – 13 jeux dont certains remarquables et sonnant admirablement dans l’édifice.

On notera une flûte conique 8’, un prestant 4’, un cornet de 5 rangs décomposé (5 jeux) ... et une trompette 8’ ré-harmonisée en 2004 par le célèbre facteur havrais Ph. Hartmann.

(instrument appartenant à un organiste havrais, le mettant gracieusement à l'usage cultuel)

Orgue inauguré le 25 septembre 2005, avec entre autres l'Orchestre André Caplet peu de temps après la réouverture de l'église.

Histoire[modifier | modifier le code]

Une chapelle: 1870 à 1873[modifier | modifier le code]

L'idée de créer une nouvelle paroisse, la paroisse Saint-Joseph nait en 1863 avec le père Beaupel (curé de l'église Saint-Vincent-de-Paul). En 1868 une exposition maritime internationale a lieu vers la rue Gustave Cavazan et le boulevard Impérial, sur un terrain libéré par la destruction des anciennes fortifications de la ville; le bâtiment en bois qui servait à l'exposition devait être détruit, mais avant cela la mairie acheta le terrain, et l'idée était de faire se bâtiment, un lieu de culte[3]. Ainsi les travaux d'aménagement du bâtiment débutèrent l'année même; la guerre franco-prusse en 1870 n'interrompt pas les travaux[3]. Un clocher-porche est construit à l'ouest du bâtiment, le clocher est surmonté d'une flèche de charpente[3]. Le 19 mars 1871 la chapelle est bénie, mais aucune paroisse n'est fondée[3]. Les dimensions de la chapelle étaient de 35 mètres de long et 14 mètres de larges[3].

La première église: de 1873 à 1944[modifier | modifier le code]

Bien qu'aucune paroisse ne soit créée, une nouvelle église est construite sur l'emplacement de la chapelle: le 1er avril 1873 la première pierre est posée[4]. Le 9 avril 1875 l'archevêque de Rouen, le cardinal Bonnechose fait de l'église Saint-Joseph une église succursale et fonde la paroisse Saint-Joseph, et modifie les limites des paroisses de Saint-Vincent-de-Paul, de Saint-Michel et de Notre-Dame[4]. Le 3 mai 1873 le père Roger est installé en tant que curé de la nouvelle paroisse par le père Duval (curé doyen de Notre-Dame)[4]. L'église est ouverte au culte dès le 5 août 1877, et une semaine après deux cloches sont bénies:

  1. La première cloche porte l'inscription :«L'an de grâce 1877, M. l'Abbé Léon Ernest Roger, étant curé de Saint-Joseph, MM. Roussel, Onizelle, Letellier, Haugel et Bordeau, Roger Lemarchand, H. Franque, E. Lamotte étant membre de la fabrique, j'ai été bénite par Messire Benoist Bonaventure Legros, vicaire général de Son Exc. Mgr le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, et nommée marie-Louise-Claire par M. Gustave Begouën Demeaux et Mme Marguerite Claire Dupont-Delaporte, épouse de M. Bigot de la Robillardière» et sur la lèvre «M. Henri Léon Franque m'a donnée en mémoire de son père, M. Émile Franque. F. Cartenet Fondeur»
  2. La deuxième cloche portait l'inscription : «L'an de grâce 1877, M. l'Abbé Léon Ernest Roger, étant curé de Saint-Joseph, MM. Roussel, Onizelle, Letellier, Haugel et Bordeau, Roger Lemarchand, H. Franque, E. Lamotte étant membre de la fabrique, j'ai été bénite par Messire Benoist Bonaventure Legros, vicaire général de Son Exc. Mgr le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, et nommée Émile-Paul par M. Aimable Hyacinthe Roussel, président de la fabrique et Mlle Marie Aimée Lucas; Mlle Marie-Louise Franque m'a donnée en mémoire de son frère, M. Paul. F. Cartenet Fondeur.»[4]

L'église de style néogothique possédait une nef en trois vaisseaux, dont la nef centrale était sur deux niveaux d'élévations. Le transept était surmonté d'une tour-lanterne, et l'église possédait cinq chapelles absidiales dans l'abside[4]. Le clocher n'a pas été construit: un petit clocher en bois (provenant de l'ancienne chapelle) provisoire a été construit à côté de la façade ouest de l'église.

Le 14 juin 1944 une bombe détruit une partie de la nef, la façade occidentale, et le souffle démolit le clocher provisoire; mais du fait de leur petite taille, les cloches ne se fissurent pas après leur chute[4]. Mais le 5 septembre 1944 un nouveau bombardement détruit totalement les parties épargnées par la précédente attaque. Seules quelques statues et les deux cloches survivent[4].

De la reconstruction jusqu'aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Après la destruction de la première église, la paroisse décida d'emménager une chapelle provisoire dans un petit baraquement du camp François Ier, qui fut bénie le 10 avril 1948 par Mgr Daniel Lemmonier (évêque auxiliaire de Rouen à l'époque)[5].

Description physique[modifier | modifier le code]

L'autel vu du clocher

L'église a un plan centré en croix grecque et une flèche à base octogonale de 107 mètres de hauteur.

La tour-lanterne fait entrer la lumière dans l'édifice grâce à ses vitraux multicolores conçus par Marguerite Huré, composés de 12 768 pièces de verre « antique » d'épaisseur irrégulière (2 à 5 mm), soufflées à la bouche par les verreries de Saint-Just-sur-Loire.

Ces vitraux aux formes strictement géométriques se déclinent en sept couleurs principales (blanc, orange, jaune, vert, violet, rouge et verdâtre) pour former cinquante nuances au total. Les couleurs sont placées du plus sombre à la base au plus clair (le blanc) vers le sommet. Les couleurs dominantes dépendent également de l’orientation. À l’est, lilas rosé, or et vert pour la Nativité. Au sud, orange, jaune et or symbolisent la splendeur et la gloire de Dieu. À l’ouest, le rose dominant et le rouge représentent l’action et la force. Enfin, au nord, le bleu prépondérant est la couleur de la Vierge et du ciel.

Aucune peinture n'orne le bâtiment qui est sobre, voire rude, et tire sa noblesse architecturale de la pureté de sa structure.
Le mobilier de l'église est lui aussi très sobre. On recense notamment :

  • Quatre confessionnaux en chêne, dans l'esprit de l'époque, auteur inconnu. Classés à l'inventaire sous la référence IM76004345.
  • le tabernacle mural, sculpté par Marcel Adam et orné par l'orfèvre Charles Leborgne. Classé à l'inventaire sous la référence IM76004346.
  • les fauteuils de célébrant (5 fauteuils dont trois d'époque et réalisés pour l'église par un auteur inconnu). Classé à l'inventaire sous la référence IM76004347.
  • les bancs de fidèles, dessinés par Georges Brochard. Classés à l'inventaire sous la référence IM76004348.

La prouesse technique[modifier | modifier le code]

Le clocher vu du chœur

Conçue pour résister aux tempêtes tout en conservant une apparence légère, l'église Saint-Joseph est un bâtiment à la structure complexe et tirant parti des meilleures techniques de construction de son époque.

Ce qui frappe le plus le visiteur de l'église est sans doute l'absence de piliers dans sa partie centrale. Tirant parti de l'extrême résistance mécanique du béton, Perret a en effet pu vider le volume intérieur (50 000 m³) de toute structure de soutien visuellement encombrante dans sa zone centrale. La masse de l'édifice repose sur une surface de base de 2 000 m² et l'église a nécessité 50 000 tonnes de béton. Le bloc de base de l'église repose sur 71 « pieux Franki » de 15 mètres de long. Les 16 piliers de l'église reposent sur 16 puits tubés en béton armé de 1,45 m de diamètre et s'enfonçant à 15 mètres dans le sol. Le clocher exerce un poids de 1 100 tonnes à chaque angle.
Une autre particularité du lieu est le fait que l'autel soit localisé au centre de l'église.

Le clocher de l'église Saint-Joseph dominant le centre-ville reconstruit du Havre

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tour octogonale et sa flèche
  2. Pilastres et corniches

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps
  2. « Notice no PA00100697 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. a, b, c, d et e Gilbert Décultot, Le Havre - ses églises, 1992, page 71
  4. a, b, c, d, e, f et g Gilbert Décultot, Le Havre - ses églises, 1992, page 73
  5. Gilbert Décultot, Le Havre - ses églises, 1992, page 76

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article  : source utilisée pour la rédaction de cet article.

  • Gilbert Décultot, Le Havre, ses églises,‎ 1992, 304 p. (lien OCLC?) Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]