Effondrement (livre)

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Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie.
Auteur Jared Diamond
Genre Essais
Pays d'origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Éditeur Éditions Gallimard
Date de parution 2006

Collapse: How Societies Choose to Fail or Succeed est un livre écrit en 2005 par Jared Diamond, et traduit en 2006 sous le titre Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie.

Le sujet du livre est l'effondrement sociétal avec une composante environnementale, et dans certains cas également la contribution de changements climatiques, voisins hostiles, partenaires commerciaux, et également des problèmes de réponse sociétale. Diamond voulait que ses lecteurs apprennent de l'histoire.

Résumé[modifier | modifier le code]

Dans le prologue, Diamond résume Effondrement en un paragraphe, comme suit :

«  Cet ouvrage utilise la méthode comparative pour comprendre l'effondrement de sociétés ayant pour origine des problèmes environnementaux. Mon précédent livre (De l'inégalité parmi les sociétés) avait appliqué la méthode comparative au problème opposé : les degrés différents de développement des sociétés humaines sur différents continents au cours des treize mille dernières années. Dans le présent ouvrage, m'intéressant à l'effondrement de sociétés plutôt qu'à leur développement, je compare différentes sociétés passées et présentes qui se distinguent par leur fragilité environnementale, leurs relations avec leurs voisins, leurs institutions politiques ainsi que par d'autres variables « d'entrée » dont on reconnaît qu'elles influent sur la stabilité d'une société. Les variables « de sortie » que j'examine sont l'effondrement, et les formes variables qu'il revêt, ou la survie. En mettant en relation ces variables d'entrée et de sortie, je me propose de mettre en lumière le rôle que peuvent jouer des variables d'entrée dans l'effondrement de sociétés. »

Effondrement est divisé en quatre parties.

  1. La première partie décrit l'environnement de l'état américain du Montana, en se concentrant sur les vies de quelques habitants dans le but de mettre des visages sur les interactions entre une société et son environnement, et de montrer à ses premiers lecteurs que les problèmes qu'il développe plus loin se posent déjà dans une région qu'ils considèrent comme la mieux préservée de leur pays.
  2. La deuxième partie décrit des sociétés du passé qui se sont effondrées. Pour examiner l'effondrement d'une société Diamond utilise un « schéma cadre », qui consiste en cinq « ensembles de facteurs » pouvant affecter ce qui arrive à une société : dégradation environnementale, changement climatique, voisins hostiles, perte de partenaires commerciaux, et les réponses de la société elle-même à ses problèmes environnementaux. Les sociétés que décrit Diamond sont :
    • L'île de Pâques (société qui s'est effondrée en raison de la seule dégradation environnementale) ;
    • Les Polynésiens des îles Pitcairn (dégradation environnementale et perte des partenaires commerciaux) ;
    • Les Anasazis du sud-ouest des États-Unis (dégradation environnementale et changement climatique) ;
    • Les Mayas d'Amérique centrale (dégradation environnementale, changement climatique et voisins hostiles) ;
    • Les Vikings du Groenland, dont la société s'est effondrée par la conjugaison des cinq facteurs, y compris le dernier (refus d'adaptation au moment de l'effondrement social) ;
    • Diamond termine cette partie en évoquant trois réussites du passé, réussites obtenues grâce à approche ascendante ou descendante :
  3. La troisième partie examine des sociétés modernes, particulièrement :
  4. La quatrième partie conclut l'étude en examinant des sujets tels que le capitalisme et la mondialisation, et « tire des leçons concrètes pour aujourd'hui ». L'exemple du modèle du polder par lequel la société néerlandaise a répondu à ses défis est brièvement décrit.

Critiques et commentaires[modifier | modifier le code]

Les critiques s'accordent pour la plupart à trouver l'œuvre importante, tout en relevant certains points de désaccord.

Tim Flannery[1] dans Science :

« ... le fait qu'un des penseurs les plus originaux au monde ait choisi de produire cette œuvre énorme au moment où sa carrière est à son apogée est en soi un argument persuasif selon lequel Effondrement doit être considéré sérieusement. C'est probablement le livre le plus important que vous lirez jamais. »

Le commentaire de The Economist était globalement favorable, bien que le commentateur anonyme ait été en désaccord sur deux points. D'abord, il jugeait que Diamond n'était pas assez optimiste sur le futur. Finalement, il assurait que Effondrement contenait quelques statistiques erronées : par exemple, Diamond aurait surévalué le nombre de victimes de sous-alimentation dans le monde.

Selon William Rees (en)[2], professeur de planification écologique à l'University of British Columbia, Effondrement est « un antidote nécessaire » aux disciples de Julian Simon, tels que Bjørn Lomborg qui a écrit L'Écologiste sceptique. Rees explique cette affirmation comme suit :

«  Le comportement de l'Homme envers la biosphère est devenu dysfonctionnel et menace maintenant de façon manifeste notre propre sécurité à long terme. Le vrai problème est que le monde moderne reste dans la croyance d'un mythe culturel dangereusement illusoire. Comme Lomborg, la plupart des gouvernements et des agences internationales semblent croire que l'entreprise humaine est d'une certaine façon en train de se « découpler » de l'environnement, et est donc entraînée vers une expansion illimitée. Le nouveau livre de Jared Diamond, Effondrement, s'oppose de front à cette contradiction. »

Dans une édition récente de Energy and Environment, Jennifer Marohasy de l'Institute of Public Affairs (en) (un lobby conservateur d'Australie), fait un commentaire critique d’Effondrement, en particulier de son chapitre sur la dégradation environnementale de l'Australie. Marohasy affirme que Diamond reproduit un lieu commun qui est renforcé par les militants écologistes en Australie, mais qui n'est pas supporté par des preuves, et assure que beaucoup de ses affirmations sont faciles à contredire.

Certains critiques de la traduction française, comme Claude Bataillon dans la revue Hérodote, regrettent l'importante différence de style entre les deux traducteurs, et un côté bâclé de la traduction où l'on ne peut s'empêcher de remarquer les nombreuses phrases, et même les nombreux mots, qui ne sont compréhensibles qu'en reconstituant l'original anglais. Néanmoins, la force de ce livre est telle que même ainsi, les idées de Diamond restent largement accessibles[3].

Théories similaires[modifier | modifier le code]

En écrivant ce livre Diamond souhaitait que ses lecteurs apprennent les leçons de l'histoire, rallumant un thème exploré par d'autres historiens.

L'historien britannique Arnold Joseph Toynbee dans A Study of History (en) (1934-1961) a aussi étudié l'effondrement des civilisations. Diamond suit Toynbee quand il dit que « les civilisations meurent de suicide, pas d'assassinat » quand elles échouent à relever les défis de leur temps. Toutefois, là où Toynbee soutient que la cause fondamentale de l'effondrement est le déclin d'une « minorité créative » d'une société vers « une position de privilèges héréditaires qu'elle a cessé de mériter », Diamond accorde plus de poids à la minimisation consciente des facteurs environnementaux.

Sous un autre angle, l'historien américain Joseph Tainter dans L’Effondrement des sociétés complexes (The Collapse of Complex Societies, 1988) soutient que les causes observables de l'effondrement, comme la dégradation environnementale, résultent d'une diminution des rendements de l'énergie, de l'éducation et de l'innovation technologique.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tim Flannery est un paléontologue australien, auteur en 2005 d'un ouvrage faisant écho à Effondrement : The Weather Makers : The History and Future Impact of Climate Change (en). Cf. un compte-rendu de lecture
  2. William Rees est l'un des deux concepteurs (avec Mathis Wackernagel) de l'indicateur non-monétaire Empreinte écologique
  3. Article de Claude Bataillon Hérodote 2006- 4 (no 123)| page 223 à 225

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]