Edward Wilmot Blyden

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Edward Wilmot Blyden, né le 3 août 1832 à Saint-Thomas, colonie danoise des Caraïbes, mort le 7 février 1912, était un universitaire et diplomate américano-libérien.

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Biographie[modifier | modifier le code]

Edward Wilmot Blyden naît le 3 août 1832 à Saint-Thomas, île des Caraïbes placée sous l'autorité du Danemark. Troisième fils d'une famille d'esclaves affranchis exerçant les métiers de tailleurs et couturiers, il reçoit une éducation anglophone. Dans les années 1840, Blyden suit les cours de catéchisme du révérend John P. Knox, qui le remarque et l'encourage à poursuivre ses études aux Etats-Unis. En mai 1850, le révérend invite Blyden, alors âgé de dix-sept ans, à accompagner sa famille dans le New-Jersey. Malgré une recommandation de Knox, le Rutger's Theological College refuse la candidature de Blyden. A New-York, Edward Blyden fréquente un cercle de presbytériens proches de l'American Colonization Society qui le convainquent de poursuivre ses études au Liberia afin de « civiliser l'Afrique ».

Entre 1852 à 1856, Blyden suit les cours de théologie, de latin, de grec, de mathématiques, de géographie et d'orthographe de l'Eglise presbytérienne de Monrovia. Dans les années 1860, fort de ses excellents résultats, Blyden est nommé commissaire du gouvernement du Liberia pour les Etats-Unis. La loi votée au Liberia afin d'instituer cette fonction de commissaire évoque l'objectif d'un « retour » des « descendants d'Afrique » dans leur « terre natale ». A maintes reprises, entre 1861 et 1895, Blyden se rend aux Etats-Unis afin d'attirer des investissements pour la jeune république africaine. Il élabore pour cela une campagne de propagande en rédigeant notamment une lettre ouverte (traduction française : « Aux Personnes Libres de Descendance Africaine à travers les Etats-Unis ») et un ouvrage présentant une vision idyllique du Liberia (« Liberia's Offering »). En 1887 paraît son ouvrage capital, Christianity, Islam and the Negro Race.

Idées[modifier | modifier le code]

Sur le panafricanisme[modifier | modifier le code]

Les idées de Blyden en font une figure fondatrice du panafricanisme.

Blyden, en tant que représentant du Liberia, tient des positions politiques ambiguës. Il soutient par exemple des lois de ségrégation, notamment scolaires en Géorgie. Blyden a en effet intérêt à ce que la situation des Noirs ne s'améliore pas afin de les motiver à émigrer au Liberia. Il n'est pas opposé à la ségrégation aux Etats-Unis car selon lui la place des Noirs est en Afrique. Au Liberia, « le Noir reprend sa place », dans sa « terre natale ».

Dans deux de ses articles, « A Voice from Bleeding Africa » et « A Vindication of the Negro Race », Blyden rend hommage à plusieurs personnalités noires célèbres, telles que Toussaint Louverture et Paul Cuffe. Il veut ainsi revaloriser l'histoire des Noirs et montrer à tous leur importance dans le monde. Blyden rappelle également le rôle de l'Afrique comme le « berceau de la civilisation », le « conservatoire du monde ». Lors de son séjour en Egypte (1866), Blyden s'émerveille de son passé millénaire. Dans un discours aux Etats-Unis prononcé en 1882, Blyden évoque ses lectures d'Hérodote, qui écrit que les égyptiens ont « la peau noire et les cheveux laineux » et sont « les plus grands hommes » civilisateurs du monde.

En 1872, Blyden lance un journal intitulé The Negro, nommé ainsi dans un souci d'unification de tous les Africains, immigrés affranchis et indigènes, et visant « à reconnaître et à accroître la fraternité de la race, partout où elle se trouve ». Blyden cherche également à construire un modèle Nègre, en opposition au modèle occidental : « le Nègre est inconsciemment persuadé que pour être un grand homme, il doit être comme l'homme blanc ». Il invite ceux qu'il considère comme ses semblables à « ne pas s'effacer » devant le Blanc et espère pour eux qu'ils finiront par « développer leurs capacités d'Africains ».

Sur le racisme dit "scientifique"[modifier | modifier le code]

Concernant le développement du racisme dans l'anthropologie occidentale du XIXe siècle, Blyden écrit que les races humaines sont « distinctes mais égales ». Il critique systématiquement dans ses conférences l'existence de concepts dévalorisants tels que ceux de « Despised Race » ou de « Dark Continent » et invite ses semblables à corriger ces représentations falsifiées.

Contradictions[modifier | modifier le code]

Il faut noter que Blyden ne connaît pas l'Afrique en profondeur. Dans certains articles, il évoque « la superstition » et le « barbarisme africain ». Il adhère également aux idées occidentales sur le « devoir » de civilisation et de christianisation de l'Afrique.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Oruno D. Lara, La naissance du panafricanisme, Maisonneuve & Larose, 2000.