Edward Westermarck

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Edvard Westermarck

Edward Westermarck (Helsinki, 20 novembre 1862 - Tenhola, 3 septembre 1939) est un anthropologue finlandais. Philosophe de formation, il est connu notamment pour ses théories sur le mariage[1], sur l'exogamie et sur l'inceste. Sa théorie sur l'inceste concurrence les théories freudiennes : on la surnomme l'effet Westermarck.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Bien qu'il fut par sa naissance très tôt exposé à la culture allemande, il la rejeta, convaincu que la métaphysique germanique n'était profonde que grâce à l'obscurité de ses raisonnements. Il se tourna à la place vers la culture anglaise et apprécia son empirisme dominant et son acharnement à soumettre toutes les hypothèses à la lumière des expériences. Il apprit donc l'anglais et commença ses visites britanniques à partir de 1887, Victor Branford le présenta à Martin White et il fut nommé en 1903 professeur de sociologie. Collègue proche de Leonard Trelawny Hobhouse, il divisa son temps d'enseignement entre l'Université d'Helsinki où il occupait une chaire de philosophie morale, le département de sociologie de Londres (L.S.E.) où il professa la sociologie et les universités marocaines dans lesquelles il fit pendant plusieurs années des interventions diverses. Il fut également recteur de l'Académie d'Åbo entre 1918 et 1921.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Pour Halsey[2], « dans le contexte Hobbousien de l'évolution orthogénique, il fut remarquable par son insatiable poursuite de la vérité ». Eino Kaila, son collègue à Helsinki, dit de lui « qu'il ouvrit le monde de la pensée anglaise. Pendant trois siècles notre vie scientifique finlandaise a été subordonnée à l'influence allemande. Westermarck fut le premier à se faire une place de choix par des travaux en expression anglaise ». En France, son influence est plus modérée. Cependant, L'Origine et le développement des idées morales[3] reçut un bon accueil dans la communauté scientifique, le Journal des débats en a fait une critique élogieuse. Dans cet ouvrage, Westermarck remet en ordre les grands faits de l'humanité et met en lumière une évolution logique de la morale, au carrefour entre anthropologie et sciences de l'homme. Un autre ouvrage, Survivances païennes dans la civilisation mahométane[4] est cité par les érudits qui se penchent sur l'Islam et ses rituels connexes.

Ses principaux ouvrages en finlandais sont :

  • Avioliiton historia. Porvoo : WSOY, 1932.
  • Kristinusko ja moraali. Helsinki : Otava, 1984.
  • Moraalin synty ja kehitys. Porvoo : WSOY, 1933.
  • Siveys ja kristinusko : Esitelmä. Helsinki : Ylioppilasyhdistys Prometheus, 1907.

En français :

  • L'origine et le développement des idées morales. Payot, 1928 1929, 2 volumes in-8 br, 731pp., 888pp. Traduction de Robert Godet.
  • Les Cérémonies du mariage au Maroc
  • Histoire du mariage., t. I–VI. Trad. de l'anglais par Arnold van Gennep. Payot, Paris, 1934–1945, 6 vol. in-8, br.
    • I : La promiscuité primitive. La valeur de la virginité.
    • II : L'attraction sexuelle. La jalousie masculine.
    • III : L'acquisition d'une femme ou d'un mari.
    • IV : Cérémonies nuptiales. Les rites du mariage.
    • V : Monogamie et polygamie. Polyandrie. Mariage de groupe. Durée du mariage et sa dissolution.
    • VI : Les théories de l'inceste. Les bases biologiques du mariage.
  • Survivances païennes dans la civilisation mahométane. Paris, Payot, 1935 in-8, br., 230pp. avec 74 figures in-t. Traduction française par Robert Godet.


En anglais : Wit and Wisdom in Morocco (1931)

Liens[modifier | modifier le code]

Effet Westermarck

Sources[modifier | modifier le code]


Références[modifier | modifier le code]

  1. Tapojen historiaa : Kuusi akadeemista esitelmää : Pitänyt Turussa syksyllä 1911 Edward Westermarck. Toinen painos. Helsinki : Suomalaisen kirjallisuuden seura, 1891.
  2. Op. cit. dans les sources.
  3. L'origine et le développement des idées morales, traduit par Robert Godet, Paris, Payot, 1934, 2 volumes.
  4. Survivances païennes dans la civilisation mahométane, traduit par robert Godet, Paris, Payot, 1935