Édouard Corbière

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Édouard Corbière

Jean Antoine René Édouard Corbière, né à Brest (Finistère) le et mort à Morlaix (Finistère) le , est un marin, armateur, journaliste et écrivain français, considéré comme le père du roman maritime en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les années de formation[modifier | modifier le code]

La famille Corbière est originaire du Haut-Languedoc (le hameau de Valès, aujourd'hui sur la commune du Bez, à l'est de Castres, dans le Tarn). À la naissance d'Édouard, son père est capitaine d'infanterie de Marine. Sa mère, Jeanne-Renée Dubois, est née à Morlaix en 1768. Édouard est le troisième de quatre enfants.

Orphelin de père en 1802, le jeune Édouard n'a alors d'autre choix que d'entrer dans la Marine pour subvenir aux besoins de sa famille. Mousse en 1804, novice en 1806, aspirant dès 1807, Édouard Corbière connaît la dure expérience d'un ponton britannique, celui de Tiverton (Devon) en 1811-1812. Il est écarté de la Marine à la Restauration en raison de ses opinions libérales.

Les voyages[modifier | modifier le code]

Devenu pamphlétaire, il connaît quelques déboires avec la justice royale, d'abord à Brest en 1819, à cause de ses écrits dans « La Guêpe », puis à Rouen en 1823, dans « La Nacelle », qui le poussent à reprendre la mer, cette fois au commerce. Pendant cinq ans, il navigue surtout entre Le Havre et la Martinique, comme capitaine au long cours, sur un vieux trois-mâts de prise britannique, la Nina, ce qui lui vaudra de la part de ses critiques littéraires[réf. souhaitée] des accusations de s'être livré à la traite négrière.

Les débuts littéraires[modifier | modifier le code]

Ayant définitivement posé sac à terre au Havre, en 1828, il est aussitôt sollicité par Stanislas Faure, gérant du Journal du Havre, pour en devenir le rédacteur en chef, poste qu'il occupe jusqu'en 1839. Il demeure dans l'équipe du journal jusqu'en 1843. Sous son impulsion, ce quotidien, qui n’était qu’une maigre « feuille d’annonces », devient un organe d'information commercial et maritime de première importance.

Entre-temps, il rédige plus de dix romans à succès dont le plus connu, Le Négrier (1832), lui confère une célébrité nationale. Il devient le maître français, aujourd'hui oublié, du roman d'aventure[réf. souhaitée].

En 1839 a lieu la création de la Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère, qui assure la liaison entre Le Havre et Morlaix. Édouard Corbière en est l’un des administrateurs, puis le directeur, jusqu'à sa mort.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

En 1844, son mariage avec Marie-Angélique-Aspasie Puyo, fille cadette de son ami Joachim Puyo, négociant, entraîne son installation définitive à Morlaix. Il y lance des régates en 1851, puis propose, sans succès, l'ouverture d'une souscription nationale. Il souhaite en effet que la France aligne un yacht lors d'une régate autour de l'île de Wight, animée par le Royal Yacht Squadron. Le 22 août 1851, le schooner America remporte le trophée historique qui, depuis, porte le nom de « coupe de l'America ».

Corbière est aussi membre du conseil municipal de Morlaix en 1855 et 1860. Entré à la Chambre de commerce en 1848, il en est le vice-président de 1866 à 1868, puis le président de 1868 à mars 1875.

Il meurt le 27 septembre 1875. Quelques mois plus tôt, la disparition de son fils aîné, Édouard-Joachim, plus connu sous le nom de Tristan Corbière, l'a profondément affecté. La mort d'Édouard Corbière est ressentie comme un véritable deuil public tant au Havre qu’à Morlaix. Le Morlaix, de la Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère, ainsi que tous les autres navires du port finistérien, mettent leurs pavillons en berne dès l'annonce du décès. Lors des obsèques, le cercueil est porté par des marins du Morlaix. En 1880, Le Havre honore sa mémoire en donnant son nom à une petite rue du centre ville. Plus tard, un hommage similaire est rendu par la ville de Brest. Morlaix et Roscoff font de même en 1905 et 1911. En 1906, le conseil d'administration de la Compagnie des paquebots à vapeur du Finistère décide de baptiser son cinquième et dernier vapeur Édouard Corbière. L'armement fondé par Édouard Corbière en 1839 disparaît en 1921, à défaut d'avoir été intégralement remboursé par l'État pour la perte de son dernier vapeur, torpillé en Méditerranée en 1917.

Publications[modifier | modifier le code]

  • À la Liberté publique, dithyrambe, 1819 Texte en ligne
  • Le Dix-Neuvième Siècle, satire politique, 1819 Texte en ligne
  • La Marotte des Ultra, ou Recueil des chansons patriotiques, 1819 Texte en ligne
  • Trois Jours d'une mission à Brest, 1819
  • La Lanterne magique, pièce curieuse représentant la Chambre des Députés de 1819, 1819 Texte en ligne
  • Les Philippiques françaises, poème, 1820
  • Notre Âge, satire, 1821
  • Élégies brésiliennes, suivies de Poésies diverses, et d'une Notice sur la traite des noirs, 1823 Texte en ligne
  • Brésiliennes, 1825 Texte en ligne
  • Corbière à Corbière. Épître à Son Excellence le comte de Corbière, 1827
  • Poésies de Tibulle, traduites en vers français, 1829
  • Les Pilotes de l'Iroise, roman maritime, 1832
  • Contes de bord, 1833 Texte en ligne
  • La Mer et les marins, scènes maritimes, 1833 Texte en ligne
  • Le Prisonnier de guerre, roman maritime, 1834
  • Le Négrier, aventures de mer, 4 vol., 1834 Texte en ligne 1 2 3 4
  • Scènes de mer, 2 vol., 1835 Texte en ligne 1 2
  • Le Banian, roman maritime, 2 vol., 1836
  • Les Folles-brises, 2 vol., 1838 Texte en ligne 1 2
  • Les Trois Pirates, 2 vol., 1838
  • Tribord et bâbord, roman maritime, 2 vol., 1840 Texte en ligne 1 2
  • Pelaio, roman maritime, 2 vol., 1843 Texte en ligne 1 2
  • Les Îlots de Martin Vaz, roman maritime, 2 vol., 1843 Texte en ligne 1 2
  • Cric-Crac, roman maritime, 2 vol., 1846 Texte en ligne 1 2
  • Pétition maritime à l'Assemblée nationale, 1848
  • Questions soumises à l'enquête sur la marine marchande, 1851

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Site dédié par la ville de Morlaix
  • Ouvrages d'Édouard Corbière sur le site du Projet Gutenberg
  • Jean Berthou: "Edouard Corbière, père du roman maritime en France, catalogue de l'exposition présentée à Brest et à Morlaix en 1990, 65 p., Gallimard, 1990.
  • Jean Berthou: "Edouard Corbière, père naturel et spirituel de Tristan", dans "Tristan Corbière en 1995", Comité Tristan Corbière/Bibliothèque de Morlaix, p. 43-53,1996.
  • Pascal Rannou: "Le thème du naufrageur chez Edouard et Tristan Corbière: les aléas d'un topos maritime", dans "Bretagne et mer en écriture", revue Plurial n°17, Presses Universitaires de Rennes, p. 217-230, 2008.
  • Notice biographique sur Edouard Corbière, par P. Levot Bulletin de la Société académique de Brest, 2° série, T. IV, 1876-1877 p. 220 disponible sur Gallica