Edmond Vermeil

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Edmond-Joachim Vermeil, né le à Vevey et mort le à Paris, est un universitaire français spécialiste de l’histoire et de la civilisation allemande. Calviniste libéral, il contribua au développement du versant civilisationnel de la germanistique française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un négociant protestant dont la famille est originaire du village de Congénies dans le Gard en Vaunage où il passe son enfance et sa petite scolarité. Edmond Vermeil entre au lycée à Montpellier puis à Nîmes. Par la suite, il part en Allemagne comme lecteur à l'Université de Göttingen de 1904 à 1907. Il rentre à Paris et enseigne la langue et la culture allemande à l'École Alsacienne. Il passe sa thèse en 1912 sous la direction de Charles Andler[1], elle est consacrée à l'historien et au théologien Johann Adam Möhler. Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, il est enrôlé dans l'infanterie mais rejoint les services de renseignements après avoir reçu une blessure[2]. Il devient professeur d’histoire de la civilisation allemande à l’université de Strasbourg de 1919 à 1933, puis à partir de 1933 professeur d’histoire de la culture allemande à l’université de Paris, et a notamment pour élèves Joseph Rovan et Alfred Grosser.

Spécialiste de la « Révolution conservatrice » allemande, il tente en vain, à la fin des années 1930, d’alerter les élites intellectuelles et politiques françaises sur le danger nouveau que représentent l’idéologie et le régime de Hitler[3] dans Doctrinaires de la Révolution allemande (1938) et L’Allemagne. Essai d’explication (1940), livre saisi et détruit par les autorités d’occupation et réédité en 1945. Il définit le nazisme comme un antilibéralisme radical, animé par un « dynamisme illimité », utilisant la « mobilisation totale » des temps de guerre en pleine paix, afin d’unifier, d’abord, les Allemands, puis l’Europe sous sa domination raciste. Il rejoint le groupe de résistants à Montpellier puis rejoint le Général de Gaulle à Londres[4]. Une fois la guerre terminée, il reprend son poste de professeur à la Sorbonne.

Publications[modifier | modifier le code]

  • Jean-Adam Moehler et l'École catholique de Tubingue (1815-1840), éditions Colin, Paris, 1913.
  • Le « Simsone Grisaldo », de F.-M. Klinger. Étude suivie d'une réimpression du texte de 1776, librairie Alcan, Paris, 1913.
  • La constitution de Weimar et le principe de la démocratie allemande. Essai d'histoire et de psychologie politiques, librairie Istra, Strasbourg, 1923, 473 p.
  • La pensée religieuse d'Ernest Troeltsch, librairie Istra, Strasbourg, 1923.
  • L'Allemagne contemporaine (1919-1924), librairie Alcan, Paris, 1925.
  • L'empire allemand, 1871-1900, éditions de Boccard, Paris, 1926, 262 p.
  • Beethoven, éditions Rieder et Cie, 1930.
  • L'Allemagne du Congrès de Vienne à la Révolution hitlérienne, éditions de Cluny, Paris, 1934.
  • Doctrinaires de la révolution allemande de (1918-1938). W. Rathenau, Keyserling, Th. Mann, O. Spengler, Moeller van den Bruck, le groupe de la « Tat », Hitler, A. Rosenberg, Gunther, Darré, G. Feder, R. Ley, Goebbels, éditions Sorlot, Paris, 1938, 391 p.
  • Le racisme allemand. Essai de mise au point, Carnets de l'actualité, Paris, 1939, 62 p.
  • Henri Heine, éditions Sociales internationales, Paris, 1939.
  • L’Allemagne. Essai d’explication, librairie Gallimard, Paris, 1940, 331 p.
  • Religiosité allemande et antisémitisme, Christianisme Social, revue Internationale et sociale pour un monde chrétien, n° 4-5, avril 1953, p. 145-152.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (de) Ernst-Erich Metzner/Andrea Hohmeyer/Jasmin S. Rühl/Ingo Wintermeyer, Spurensuche in Sprach- und Geschichtslandschaften : Festschrift für Ernst Erich Metzner, LIT Verlag Berlin-Hamburg-Münster, 2003, p.438.
  2. Edmond Vermeil/Hartmut Ruddies, La pensée religieuse de Troeltsch, Labor et Fides, 1990, p.10.
  3. Edmond Vermeil/Hartmut Ruddies, op. cit., p.11.
  4. (de) Albrecht Betz/Richard Faber (Éd.), Kultur, Literatur und Wissenschaft in Deutschland und Frankreich : zum 100. Geburtstag von Robert Minder, Königshausen & Neumann, 2004, p.77.

Articles connexes[modifier | modifier le code]