Edmond Safra

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Photographie officielle d'Edmond Safra

Edmond J. Safra, né le 6 août 1932 à Beyrouth[1] (Liban) , et décédé le 3 décembre 1999 à Monaco, est un banquier Juif libanais[2] naturalisé brésilien[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une riche famille de banquiers juifs qui finançaient jadis les caravanes de chameaux, il est engagé à 16 ans dans la banque de son père et s'occupe du département des métaux précieux[4].

Edmond Safra a ouvert une société de négoce à Milan. La famille déménage à nouveau en 1952 et s'installe au Brésil. Edmond Safra y fonde en 1955 la Banco Safra S.A.

Edmond Safra s'installe à Genève en 1956, où il vivra plus de 40 ans, pour lancer une banque privée, la Trade Development Bank. Il y trouve un milieu favorable aux affaires et y étend son empire financier, mettant un point d'honneur à satisfaire ses clients fortunés partout dans le monde. Il fonde ensuite la Republic National Bank of New York en 1966[4]. En 1988, Edmond Safra a également fondé la Safra Republic Holdings S.A.

La vente de la Trade Development Bank à American Express pour plus de 450 millions de dollars en 1983 a abouti à une bataille juridique entre les deux parties. Le financier s’en tire à son avantage en recevant des excuses publiques de la part d’American Express qui a lancé à son encontre une campagne de diffamation. Il a également reçu 8 millions de dollars de dommages et intérêts, entièrement reversés à des œuvres de charité dont la Croix-Rouge et l’hôpital universitaire de Genève[4].

À l'orée des années 1990, la fortune d'Edmond Safra est estimée à 2,5 milliards de dollars. Il effectue de nombreuses donations pour des hôpitaux, des écoles, des universités, ainsi que pour des organisations caritatives de par le monde. À presque 60 ans, le financier passe son temps entre ses résidences genevoises, new-yorkaise et sa villa de la Côte d'Azur[5].

Affaibli par la maladie de Parkinson, Edmond Safra décide de vendre son empire financier.

En décembre 1999, Edmond Safra meurt à 67 ans asphyxié dans son appartement de Monaco par un incendie d'origine criminelle. Quelques jours plus tôt, il avait été naturalisé monégasque par ordonnance souveraine du prince Rainier III. Il est enterré au Cimetière israélite de Veyrier, à Genève[6].

Enquête sur sa mort[modifier | modifier le code]

Ted Maher, de nationalité américaine, un de ses aides-soignants, ancien Marine, ancien toxicomane, est arrêté et condamné pour homicide involontaire en 2002 par la Cour de Justice de Monaco. Il a indiqué qu'il avait mis le feu afin de simuler un sauvetage héroïque d'Edmond Safra.

Une nuit, alors que le banquier dort dans son immense appartement de 1 000 m2 surplombant le port Hercule, où veillent en permanence par rotation deux infirmières, il met en pratique le plan qu'il a échafaudé pour se venger de la chef-infirmière dont il était jaloux professionnellement. Pour cela, il doit réussir un « exploit » afin de s'attirer la reconnaissance de son employeur.

Pour faire croire à une agression, il se blesse d'abord volontairement à la cuisse à l'aide de son couteau, puis met volontairement le feu à une corbeille de bureau, pensant maîtriser l'incendie et se poser ensuite en sauveur de son patron. Malheureusement, le feu se propage, et l'appartement-bunker d'Edmond Safra, qui a été réveillé par ses infirmières, est envahi à son tour par une épaisse fumée. Les sapeurs-pompiers sont rapidement sur place, de même que les policiers de la Sûreté publique monégasque. Alerté entre-temps, le chef de la garde personnelle du banquier, qui réside la nuit dans une commune proche, s'est rendu lui aussi sur les lieux du sinistre[6].

Arrivés devant la porte blindée de l'appartement, les pompiers ne peuvent y accéder. Ils demandent aux infirmières de l'ouvrir, mais Edmond Safra leur ordonne de n'en rien faire… sauf si la demande émane du chef de sa garde personnelle. Ce dernier, retenu par les policiers dans l'immeuble, ne parviendra jamais à grimper jusqu'à l'étage. Edmond Safra restera sourd aux injonctions des pompiers, et l'infirmière, fidèle jusqu'au bout, n'ouvrira jamais. Quand les sauveteurs parviendront à faire enfin céder la porte blindée, ils ne trouveront que deux corps sans vie[7].

Incarcéré à la prison de Monaco, située sur le Rocher, Ted Maher parviendra à s'évader… Mais il sera repris quelques heures plus tard à Nice. Paradoxalement, Ted Maher avait été recruté par Edmond Safra pour son honnêteté. Retrouvant par hasard le portefeuille que le richissime banquier avait perdu dans une rue de New York, il s'était empressé de le lui rapporter intact. Ce geste lui avait valu la reconnaissance de l'homme d'affaires qui l'avait invité à se joindre au groupe de ses aide-soignants, tous payés à prix d'or.


  • Le “MOSSAD” mis en cause[8].

Safra a été le premier banquier à attirer les capitaux arabes en Suisse.

"Lorsqu’on connaîtra la vérité sur le décès, par noyade, de Robert Maxwell, magnat britannique de la Presse, on pourra clarifier les circonstances véritables de l’assassinat du milliardaire juif, Edmond Safra. Dans les deux cas, il faudra attendre des années pour éclaircir le mystère de leur fin tragique qu’ils ont emporté avec eux dans la tombe.

Ces propos ont été tenus par un expert français en matière de sécurité qui a joint ses doutes à ceux de tant d’observateurs autour de la “futilité” de la raison invoquée pour expliquer la mort de Safra, dont la fortune est évaluée à 10 milliards de dollars et que les milieux britanniques de la finance ont surnommé “l’homme énigme”. Figure de proue de la finance et du business, ce milliardaire libanais de naissance, d’origine syrienne et de nationalité brésilienne, est mort dans des circonstances mystérieuses, le jour même où un décret officiel signé par le prince Rainier, lui conférait la nationalité monégasque, un tel privilège étant accordé, chaque année, à dix personnes seulement qui bénéficient de l’allègement des taxes et, surtout, de l’immunité, le citoyen de Monaco ne pouvant être extradé.


L’entrée en ligne du “Mossad” - comme dans l’affaire du juif britannique Maxwell - a donné une signification plus profonde au décès. Car Safra était protégé par les élites des soldats israéliens de l’armée, le “Mossad” et le shin beth, sous la responsabilité de l’agent de sécurité Samuel Cohen qui, la nuit de l’accident, était absent de Monaco! Une fois de plus, la légende du “Mossad” a été ébranlée. Pourquoi ce dernier a-t-il désigné Ted Maher comme infirmier, lui, l’ancien des Marines, toxicomane sans expérience ?

Un autre point d’interrogation reste à tirer au clair: pourquoi Safra qui appréhendait les assassinats, a-t-il quitté son château-forteresse en France pour s’installer à Monaco ? Le top secret dans l’enquête restent les rumeurs à propos d’un “commando” qui aurait provoqué, sciemment, l’incendie dans son appartement. Les experts estiment que le feu allumé par l’infirmier ne peut pas, pratiquement et techniquement parlant, propager l’incendie à une vitesse-record dans un appartement de 1000m2 de deux étages, équipé de techniques ultra sophistiquées contre de tels sinistres.

À noter que les caméras à l’extérieur de l’immeuble n’ont détecté aucun élément étrange, alors que celles de l’intérieur ont été complètement abîmées. L’énigme reste donc entière...

Activités philanthropiques[modifier | modifier le code]

Edmond J. Safra a soutenu de nombreuses causes et organisations partout dans le monde dans des domaines variés tels que l’éducation, la médecine, la culture et l’humanitaire.

Pour le monde juif[modifier | modifier le code]

Edmond Safra a massivement contribué à la construction et la restauration de synagogues, celles portant dans le monde entier le nom de son père témoignent de cet engagement[9].

Il a construit la première synagogue depuis 500 ans à Madrid et a aidé à rénover et agrandir des synagogues à Amsterdam, Istanbul, Naples, Budapest, Rhodes et Vienne. Il a sauvé de la destruction la plus vieille synagogue de France, à Clermont-Ferrand, en l'achetant pour la communauté. Il a contribué à l’expansion de la synagogue de Cannes et de la synagogue Beth El à Paris. Il a également aidé à remettre à neuf des synagogues dans beaucoup de petites villes françaises incluant Évian, Annemasse et d'autres[10].

En plus de soutenir des synagogues en Israël, les tombes de Rabbi Meïr Baal Haness et Rabbi Shimon bar Yohaï étaient très importantes pour Edmond Safra, qui était un très généreux donateur pour ces sites de pèlerinages. Pendant de nombreuses années, à Chavouot (Pentecôte Juive), le jour de l’anniversaire de la mort de son père, il allait prier sur la tombe de Rabbi Meïr jusqu’à l’aube.

Pour la santé[modifier | modifier le code]

Edmond J. Safra a donné des millions de dollars pour fournir des traitements médicaux contre les maladies. Les hôpitaux à travers le monde – par exemple l’hôpital cantonal de Genève, les hôpitaux de France et de nombreuses institutions aux États-Unis – ont bénéficié de la générosité d'Edmond Safra. Il était un des fondateurs de l’hôpital Albert Einstein à São Paulo, qui est aujourd'hui l’un des plus grands et prestigieux centres médicaux d'Amérique du Sud. En Israël, il a initié la construction de l’hôpital d’avant-garde pour enfants Edmond et Lily Safra à Tel Hashomer.

Dans le domaine de la recherche médicale, il était un donateur significatif de l'Institut Pasteur à Paris, l'Institut Weizmann en Israël, la Fondation Michael J. Fox pour la recherche sur la maladie de Parkinson aux États-Unis, ainsi que de nombreux centres étudiant des maladies spécifiques dans le monde entier. Il a créé la Chaire Edmond et Lily Safra dans la recherche contre le cancer du sein à l'Université de Tulane.

Pour l'éducation[modifier | modifier le code]

Edmond J. Safra croyait qu’une éducation universitaire était essentielle pour une jeune personne dans le monde moderne, lui-même n’ayant jamais été à l’université. Il a donné des bourses universitaires à des dizaines de milliers d’étudiants au travers de l’ISEF (International Sephardic Éducation Foundation)[11], une institution que lui et sa femme ont créée en 1977 afin de soutenir des étudiants israéliens. Les bénéficiaires des bourses ISEF ont été décorés partout dans le monde dans chacune des disciplines.

Edmond J. Safra a également aidé directement des universités, en soutenant des chaires ou des programmes en particulier (comme les Études Judaïques). Par exemple, à l’Université d’Harvard, il a financé la Chaire Jacob E. Safra d’Histoire juive et de Civilisation sépharade, et il a offert des dons significatifs pour la Chaire Robert F. Kennedy d’études latino-américaines. À l’école de Business Wharton de l’université de Pennsylvanie, il a créé la Chaire Jacob E. Safra en banque internationale et le Centre Safra de recherche d’affaires.

Il était aussi un donateur important de l’Université Américaine à Beyrouth, et il a été récompensé de doctorats d’honneur par l'Université hébraïque de Jérusalem et l'Université Yeshiva (où il a créé l'Institut Jacob E. Safra d'Études sépharades) pour son soutien continu à ces institutions.

En ce qui concerne l'éducation des enfants, Edmond Safra a été particulièrement attentif aux écoles dans les villes où il a vécu – par exemple, il a créé l’École Girsa, la première et plus grande école juive de Genève. Il a été très fier de créer l’École Beit Yaacov à Bat Yam, qui a été plusieurs fois évaluée parmi les meilleures écoles d’Israël. Il était aussi un des bienfaiteurs les plus importants au monde des yeshivot (écoles religieuses formant de jeunes hommes à être rabbins, enseignants du judaïsme et juges), aidant ainsi de nombreuses institutions dans le monde entier.

Fondation J. Safra[modifier | modifier le code]

Sa femme, Lily Safra, perpétue son souvenir depuis lors au travers de la fondation Edmond J. Safra, qui soutient des projets éducatifs, médicaux, scientifiques, culturels et humanitaires, dans près de 50 pays[12]. En France, la fondation a participé à l'ouverture du centre Clinatec à Grenoble en 2011, visant à implanter des dispositifs biomédicaux à l'échelle nanométrique dans le cerveau, afin de lutter contre les maladies neurodégénératives.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fondation Edmond J. Safra Naissance à Beyrouth, Fondation Edmond J. Safra
  2. Agence France Presse [1], le Point,11 mai 2012
  3. [2], The Guardian,29 October 2000
  4. a, b et c Henry Michel, Monaco: mort suspecte d'un roi de la Finance. Edmond J. Safra est décédé vendredi dans un incendie, Libération, 4 décembre 1999
  5. Business Week, 7 mars 1994, "The Mystery Man of Finance, Inside the World of Billionaire Banker Edmond Safra.
  6. a et b Edmond J. Safra inhumé en Suisse, Libération, 6 décembre 1999
  7. Christophe Deloire, Le banquier prodigue, Le Point, 10 décembre 1999
  8. [3], La Revue du Liban
  9. Dan Ben-Ami, ISRAEL FRANCE - LA FAMILLE SAFRA : UNE TRADITION DE PHILANTROPIE AVEC ISRAEL. Lily Safra vend sa luxueuse Villa Leopolda., Israel Valley, 17 août 2008
  10. Bernard-Henri Lévy, Salut à Edmond Safra, La Règle du Jeu, 21 décembre 2012
  11. ISEF (International Sephardic Éducation Foundation)
  12. Lily Safra : Nouvelle tentative de biographie de la fascinante veuve à la success story tapageuse..., Pure People, 28 juillet 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]