Edmond Couchot

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Edmond Couchot, né en 1932 à Paris[1], est un artiste contemporain français.

Parcours artistique[modifier | modifier le code]

Après des recherches où il tente une synthèse plastique entre la peinture gestuelle et le cinétisme, Edmond Couchot s’intéresse à la participation du spectateur et réalise, entre 1965 et 1973, une série de dispositifs cybernétiques qu’il appelle « mobiles musicaux », susceptibles de réagir à des stimulations sonores (musique, voix, bruits divers) et d'en proposer instantanément des interprétations visuelles où l'automatisme est nuancé par une intervention dosée du hasard. La micro-informatique n’existant pas à l’époque, il bricole lui-même ses circuits électroniques, tout en négociant avec les ingénieurs d’IBM et de Texas Instruments. Il construit d’abord une première machine, Sémaphora I, sensible aux ondes hertziennes. On tourne un bouton pour changer de programme radio, ce qui entraîne un changement des structures lumineuses et mobiles. Couchot présente ensuite, à Paris, en 1965, un deuxième mobile, Sémaphora II, capable, lui (ou elle), de percevoir la musique, sous le parrainage du Groupe de recherche musicale de l'ORTF (dirigé alors par Pierre Schaeffer), puis, en 1966, un troisième mobile, Sémaphora III, au théâtre de l'Athénée, élaboré selon le même principe mais plus complexe dans son comportement.

Il participe à différentes expositions (notamment à Monte-Carlo de Demain, exposition organisée par Pierre Restany et consacrée à l’art, à la culture et aux technologies avancées), à une manifestation itinérante en Amérique du Sud, à la Ve Biennale internationale de Paris, au Festival du film d'avant-garde de Knokke-le-Zout (Belgique), à l’exposition Cinétisme et environnement à Grenoble, en 1968, pour laquelle il réalise son "Animation pour une piscine", dispositif lumineux sensible aux sons et aux mouvements des baigneurs dans un bassin qui préfigure une vingtaine d’années auparavant les situations d’« immersion » propres à la réalité virtuelle.

Il répond en 1973 à une commande du Ministère de la Culture pour le lycée de Biscarosse avec Orion — mur lumineux de 8 m × 2 m — générant automatiquement des successions de constellations lumineuses dont les sources sont animées de pulsations battant à des rythmes toujours renouvelés et définis par des paramètres stochastiques sur lesquels le spectateur a le loisir d'intervenir partiellement.

Invité par Frank Popper à participer, en 1969, à la création du Département d’arts plastiques de l’université expérimentale de Vincennes, il commence à enseigner. Il a aussi la chance de rencontrer dans cette même université une équipe de chercheurs, des informaticiens, des artistes (musiciens et peintres) parmi lesquels Michel Bret, Hervé Huitric et Monique Nahas), dont il partage les idées et avec lesquels il fonde, en 1982, avec la collaboration de Marie-Hélène Tramus, enseignante en arts plastiques, un nouveau département, Arts et Technologies de l'Image, qu’il dirigera jusqu’en 2000 : première formation en France à offrir à des étudiants, venus de différents horizons, un enseignement technologique approfondi appliqué à des fins artistiques, avec la possibilité de poursuivre leurs études jusqu’au doctorat.

Parallèlement, Edmond Couchot participe au centre de recherche universitaire Images numériques dont il a la responsabilité jusqu’en 1995, et, après avoir soutenu son doctorat d’État en 1985, dirige des thèses qui sont parmi les premiers travaux universitaires à s’interroger sur les technologies numériques et leurs incidences sur les arts. Il contribue également à la création et à l’enseignement de plusieurs formations en universités ou aux beaux-arts, en France, en Belgique et en Suisse, à l’école d’art de Lausanne, où il a enseigné pendant plus de dix ans.

Depuis quelques années, les ressources de l’informatique en temps réel lui permettent de prolonger et de développer ses premières recherches, l’interactivité numérique se substituant logiquement à la participation du spectateur. Associer de plus en plus étroitement celui-ci à la création de l’œuvre, impliquer en outre le corps dans cette cocréation — et déplacer ainsi les relations traditionnelles de l’œuvre, du spectateur et de l’artiste — reste un souci constant chez Couchot. Le dispositif intitulé "Je sème à tout vent" (réalisé en collaboration avec Michel Bret) en est une illustration : c’est avec son souffle que le spectateur agit en temps réel sur l’image et la fait vivre indéfiniment (une plume qui vole ou un pissenlit dont les akènes se dispersent dans l’espace). Cette œuvre a été acquise par le Musée européen de la photographie et a obtenu le prix de la Société civile des auteurs multimédia en 2001.

Depuis 1988, Edmond Couchot a participé à une douzaine d’expositions internationales (France, Angleterre, Allemagne, Canada, Brésil, Japon, Corée, Italie). Couchot a, par ailleurs, contribué à l'organisation de plusieurs expositions — notamment Electra, au Musée national d'art moderne de la Ville de Paris en 1983 (avec une salle consacrée à l'Image numérique où pour la première fois en France des œuvres interactives sur ordinateur sont présentées au public) —, à la rédaction de diverses études et rapports (dont l’étude commandée par la Direction des arts plastiques en 1993 sur le développement des nouvelles technologies et leur relation à l’art), ainsi qu’à de très nombreux colloques, manifestations, jurys, comités de rédaction, direction de séminaires, etc., en France et à l'étranger. Il a exercé au cours de l’année scolaire 2001-2002 les fonctions de Conseiller pédagogique pour les arts à la Direction de l’enseignement supérieur.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Installations numériques[modifier | modifier le code]

  • 1988 Pixim (Paris)
  • 1992 The Robots (Nagoya; Japon)
  • 1995 Press/Enter (Toronto; Canada)
  • 1995 Images du Futur (Montréal; Canada)
  • 1995 Biennale Internationale de Kwangju (Corée)
  • 1998 Exposition Art virtuel, créations interactives et multisensorielles (Boulogne-Billancourt ; France)
  • 1999 Bienal Mercosul (Porto Alegre ; Brésil)
  • 2000 Art Numérique (Centre culturel Saint-Exupéry; Reims)
  • 2001 Art.outsiders (Maison Européenne de la photographie ; Paris)
  • 2003 Le Voyage de l’Homme immobile (Musée d’art contemporain ; Gène)
  • 2005 Natural/Digital (Numeriscausa à la Biche de Bère Gallery; Paris)
  • 2008 Machines à rêve; [(Paris)]
  • 2009 « O » (Espace d’art Rurart ; Rouillé, [(France]) La Maison Européenne de la Photographie a acquis l’œuvre Je souffle à tout vent, en septembre 2001.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dialogues sur l’art et la technologie autour d’Edmond Couchot, sous la direction de François Soulages, L’Harmattan, 2001.
  • La technologie dans l'art: de la photographies à la réalité virtuelle, éd. Jacqueline Chambon, Nîmes, 1998.
  • Image. De l'optique au numérique, éd. Hermès, Paris, 1988.
  • Edmond Couchot et Norbert Hillaire: L'art numérique: comment la technologie vient au monde de l'art, éd. Flammarion, Paris, 2003.

Références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]