Edmond Auger

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Edmond Auger, né en 1530 à Sézanne[1], près de Troyes, mort le 31 janvier 1591 à Côme en Italie, est un jésuite français, prédicateur, confesseur du roi Henri III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un pauvre laboureur, il alla à Rome, n'ayant d'autre ressource que de mendier, entra chez les Jésuites de cette ville comme garçon de cuisine, et fut admis dans l'ordre par Ignace de Loyola lui-même.

De retour en France, il se distingua par son zèle pour la prédication et convertit un grand nombre de Protestants du midi. Tombé entre les mains du baron des Adrets, chef des Protestants, il allait être mis à mort quand son éloquence le sauva.

En 1568, il prêcha à la cour devant le roi Charles IX et le duc d'Anjou. Il est possible qu'il soit à l'origine de la dévotion d'Henri III envers le Saint-Esprit.

Après la paix de Saint-Germain, il poursuivit son apostolat en essayant de développer les confréries de pénitents à l'image de celles qui existaient en Italie. Il a aidé à créer celles de Toulouse en 1575, de Lyon et de Dôle en rédigeant leurs règlements. Celle de Lyon s'agrégea à l'Archiconfrérie du Gonfalon de Rome. Il voulait promouvoir la réforme de la vie des fidèles et en particulier des nobles qui deviendraient ainsi des exemples pour le peuple.

Henri III l'avait connu dès 1568 et pris comme confesseur juste avant la bataille de Jarnac. Il l'avait accompagné dans son voyage d'Avignon à la fin de 1574 et avait participé avec lui à la procession des confréries de pénitents dans cette ville peu avant Noël. Quand en mars 1583 il se sépara de son confesseur, le père Claude Mathieu, provincial de France des jésuites, qu'il jugeait trop proche des intérêts espagnols, il le choisit pour son confesseur; il est le second Jésuite qui ait rempli cette fonction délicate. Il aida le roi qui avait des penchants de mysticisme à créer des confréries de Pénitents à Paris.

Les contemporains, la reine mère, les ministres, le pape et le nonce ont trouvé excessive la dévotion du roi. On lui a reproché d'être à l'origine de ces excès de piété, ce qu'il a nié. Malgré son action pour promouvoir les congrégations de pénitents, il s'était convaincu qu'il était nécessaire d'essayer de vivre en paix avec les réformés dès 1583[2].

Dans la Métanœelogie il faisait du roi l'image parfaite de la divinité. Il voyait en Henri III le guide spirituel du royaume animé par le saint Esprit conduisant la "nation françoise" sur le chemin du salut éternel. C'était "celui qui donne loi à toutes les actions des inférieurs et qu'il est telle la tête, celui qui en nostre corps préside et donne le mouvement à tout le reste"[3].

Les Ligueurs l'éloignèrent de la personne du roi. En mars 1589 il est à Lyon au moment où le duc de Nemours entre dans la ville. Il y fait des prédications enflammées qui étaient jugées par le consulat de la ville au cours de la réunion du 20 mars comme apportant "beaucoup de mauvais offices à la cause de la saincte Union des catholicques par les pourparlers et conférences qu’il a avec plusieurs et par ses lettres missives et encores par les exhortations qu’il peut faire en la confession auriculaire et par le moyen d’icelle." Le consulat s'inquiétant de ses actions lui enjoint de ne plus intervenir par ses prédications ou ses écrits, ou ses confessions "d’autant que par la grace de dieu cette ville est très peuplée d’aultres bons confesseurs"[4].

Il se retira en Italie après la mort d'Henri III et mourut à Côme.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Il a laissé quelques ouvrages de piété :

  • Traité de la vraie, réelle et corporelle présence de Jésus-Christ au sacrement de l'autel (1566).
  • Traité du sarifice de la messe (1566).
  • Pégagogue d'armes, pour instruire un prince chrétien à bien entreprendre et heureusement achever une bonne guerre, pour être victorieux de tous les ennemis de son état et de l'Église catholique (1568) dans lequel il décrivait les devoirs d'un prince chrétien et justifiait sa lutte contre des sujets rebelles.
  • Métanœlogie sur le sujet de la congrégation des pénitens & de toutes les autres dévotieuse Assemblées en l'église Sainte, ou Discours sur la pénitence (1584).
  • et un Catéchisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacqueline Boucher, Histoire et Dictionnaire des Guerres de Religion, 1998, p.683
  2. Pierre Chevallier, Henri III. Paris : Fayard : 1985. Voir p. 275, 384, 499, 544-548, 550-552 et 544.
  3. Benoist Pierre, "Le corps pénitent et l'ordre social chez les religieux parisiens de la fin du XVIe siècle", in Mémoires de la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris et de l'Île-de-France 55 (2004). Lire ici
  4. Nicolas Le Roux, Un régicide au nom de Dieu. Paris : Gallimard, 2006. (ISBN 2-07-073529-X), p. 194.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean Dorigny, La vie du Père Edmond Auger, de la Compagnie de Jésus. Lyon : Laurens, 1716.
  • Jean Dorigny, La vie du Père Edmond Auger, de la Compagnie de Jésus. Nouvelle édition augmentée de l'opuscule des Jésuites ligueurs et complices de Barrière et de Jean Châtel, par l'abbé Dazès. Avignon : Seguin aîné, 1828.
  • P. Deslandres, "Le père Edmond Auger, confesseur d'Henri III (1530-1591)", in Revue des études historiques 104 (1937), p. 27-38.
  • M. Pernot, "L'univers spirituel du père Edmond Auger, S.J. confesseur du roi Henri III", in Revue d'Histoire de l'Église de France 75 (1989), p. 103-114.
  • Benoist Pierre. La bure et le sceptre : la congrégation des Feuillants dans l'affirmation des États et des pouvoirs princiers (vers 1560 - vers 1660). Paris : Publications de la Sorbonne, 2006.