Edith Sitwell

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Edith Sitwell par Roger Fry

Dame Edith Louisa Sitwell (7 septembre 18879 décembre 1964) est une poétesse et essayiste anglaise, sœur aînée des poètes Osbert Sitwell et Sacheverell Sitwell. De 1916 à 1921, elle a publié une anthologie annuelle de poésie contemporaine, intitulée Wheels.

Célèbre pour avoir déclamé ses propres textes à l'aide d'un porte-voix au son d'une musique de sir William Walton, Edith Sitwell est également l'auteur de plusieurs biographies, parmi lesquelles Alexander Pope (1930), et surtout d'un best-seller, The English Eccentrics (1933). L'une de ses œuvres fut mise en musique par sir Benjamin Britten.

Plusieurs artistes ont réalisé son portrait : les peintres John Singer Sargent, Pavel Tchelitchev, Wyndham Lewis et Roger Fry, les photographes Cecil Beaton et Mark Gerson.

Biographie[modifier | modifier le code]

Edith Sitwell naquit à Scarborough, Yorkshire, elle était la seule fille d'un aristocrate excentrique, sir George Sitwell, quatrième baronet de Renishaw Hall ; c'était un spécialiste de la généalogie, de l'héraldique et du paysagisme, mais aussi de sujets plus rares qui lui inspirèrent toutes sortes de monographies non publiées, aux titres tels que La Tonte de la laine au Moyen Âge ou Histoire de la Fourchette[1]. Sa mère, née Ida Emily Augusta Denison, était fille du comte de Londesborough et petite-fille d'Henry Somerset, 7e duc de Beaufort. Elle affirmait descendre par les femmes des Plantagenets.

Ses deux frères cadets, Osbert (1892-1969) et Sacheverell Sitwell (1897-1988), furent tous les deux des auteurs appréciés, bien connus dans le monde littéraire par leur mérite propre, et qui travaillèrent longtemps ensemble. Sacheverell épousa une femme canadienne, Georgia Doble, et, en 1925, s'installa à Weston Hall dans le Northamptonshire.

Ses relations avec ses parents furent au mieux houleuses, en particulier parce que son père, prétextant une déformation de la colonne vertébrale, lui fit subir un « traitement » qui l'obligeait à porter un corset de fer. Dans son autobiographie, plus tard, elle a dit que ses parents avaient toujours été pour elle des étrangers.

En 1912, à l'âge de 25 ans, elle emménagea dans un modeste appartement au quatrième étage à Pembridge Mansions, Bayswater (Londres), logement qu'elle partageait avec Helen Rootham (1875-1938), sa gouvernante depuis 1903.

Elle ne se maria jamais. On dit pourtant qu'en 1927 elle tomba amoureuse du peintre homosexuel russe Pavel Tchelitchev. Sa relation avec Tchelitchev dura jusqu'en 1928, l'année où Helen Rootham subit des opérations pour un cancer qui la rendit infirme par la suite. En 1932, Helen Rootham et Edith Sitwell s'installèrent à Paris, où elles vécurent avec Evelyn Wiel, la sœur cadette de Helen Rootham. Helen Rootham mourut de son cancer de la colonne vertébrale en 1938.

Quand sa mère mourut, en 1937, Edith Sitwell n'assista pas à ses funérailles en raison de ce qu'elle reprochait à ses parents depuis son enfance.

Edith Sitwell par Roger Fry

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, elle rentra de France et se retira à Renishaw avec son frère Osbert et son amant David Horner. Elle écrivait éclairée par des lampes à huile quand en Angleterre il fallait éteindre les lumières. Elle tricotait des vêtements pour leurs amis qui servaient dans l'armée. Un des bénéficiaires fut le jeune Alec Guinness, qui reçut une paire de chaussettes pour matelot.

Les poèmes qu'elle écrivit pendant la guerre ramenèrent sur elle l'attention du public. On y trouve Street Songs (1942), The Song of the Cold (1945) et The Shadow of Cain (1947), qui tous reçurent un bon accueil. Still the Rain Falls, consacré au Blitz sur Londres, reste peut-être le plus connu (il a été mis en musique par sir Benjamin Britten sous le titre de Canticle III: Still Falls the Rain).

En 1943, son père mourut en Suisse, ayant dilapidé sa fortune. En 1948, une rencontre avec Tchelitchev, qu'elle n'avait pas vu depuis avant la guerre, se termina mal.

En 1948 Edith Sitwell fit avec ses frères une tournée aux États-Unis, où elle récita ses poèmes et, surtout, fit une lecture de la scène de somnambulisme de Lady Macbeth. Ses récitals de poésie furent toujours des événements ; elle fit des enregistrements de ses poèmes, dont deux enregistrements de Façade, le premier avec Constant Lambert en tant que conarrateur, et le second avec sir Peter Pears.

Tchelitchev mourut en avril 1957. Osbert Sitwell lutta pendant de nombreuses années contre la maladie de Parkinson, diagnostiquée en 1950 et dont il mourut en 1969. En 1954, Edith Sitwell reçut le titre de Dame de l'ordre de l'Empire britannique. En 1955, elle se convertit au catholicisme.

Elle publia deux livres sur la reine Élisabeth Ire d'Angleterre, Fanfare for Elizabeth (1946) et The Queens and the Hive (1962). Elle a toujours affirmé que, si elle écrivait en prose, c'était simplement pour gagner de l'argent, et ces deux livres lui rapportèrent beaucoup, de même que son célèbre English Eccentrics (1933) et Victoria of England (1936).

Vers 1957, elle dut rester en fauteuil roulant. Sa dernière soirée de poésie se passa en 1962. Elle succomba à une hémorragie cérébrale à l'hôpital Saint-Thomas en Londres le 9 décembre 1964, âgée de 77 ans.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages traduits en français[modifier | modifier le code]

  • La Reine Victoria, Gallimard, 1938
  • Fanfare pour Elizabeth, Albin Michel, 1953
  • Les Excentriques anglais, Gallimard, 1995
  • Femmes anglaises, Gallimard, 2006
  • Chanson verte et autres poèmes, Confluences

Ouvrages en langue anglaise[modifier | modifier le code]

Poésie
  • Clowns' Houses (1918)
  • Rustic Elegies (1927)
  • Gold Coast Customs (1929)
  • The Song of the Cold (1948)
  • Façade, and Other Poems 1920-1935 (1950)
  • Gardeners and Astronomers (1953)
  • Collected Poems (1957)
  • The Outcasts (1962).
Essais
  • Alexander Pope (1930)
  • The English Eccentrics (1933)
  • Victoria of England (1936)
  • I Live under a Black Sun (1937)
  • Fanfare for Elizabeth (1946) (biography of Elizabeth I)
  • The Queens and the Hive (1962) (biography of Elizabeth I)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]