Edith Frank

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Edith et Anne Frank

Edith Holländer-Frank (16 janvier 1900 à Aix-la-Chapelle - 6 janvier 1945 à Auschwitz) était la mère d'Anne Frank et de Margot Frank, et l'épouse d'Otto Frank.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle a deux frères aînés, Julius (1894) et Walter (1897) et une sœur, Bettina (1898). La famille Holländer célèbre les fêtes juives et respectent les règles de la nourriture kasher. Les membres de la famille sont des membres reconnus de la communauté juive d’Aix-la-Chapelle. Son père, Abraham Hollander, a une entreprise de ferraille et différentes entreprises de transformation des métaux. Edith Holländer fréquente une école privée protestante, la Victoriaschule. En 1914, la famille est frappée par un drame : peu après le début de la Première Guerre mondiale, Betti meurt d’une crise d’appendicite. Douze ans plus tard, Edith donnera à sa première fille le nom de sa sœur comme deuxième prénom. En 1916, Edith est reçue à son examen de fin d’études. Sur les années qui ont précédé ses fiançailles avec Otto Frank et sur leur rencontre, on sait peu de choses. Il existe des photos montrant une Edith heureuse pendant des vacances sur la côte, en Allemagne. En parlant de la vie de sa mère, Anne écrit dans son journal : « Mère n’était pas riche à ce point, mais tout de même très aisée et c’est pourquoi nous pouvons écouter bouche bée les récits de fiançailles avec deux cents cinquante invités, de bals privés et de dîners. »

Mariage[modifier | modifier le code]

Elle rencontra Otto Frank en 1924 et ils se marièrent le 12 mai 1925, le jour du 36e anniversaire d'Otto. Leur première fille, Margot Frank, naquit à Frankfurt en Allemagne le 16 février 1926, suivie par Anne Frank le 12 juin 1929.

Immigration de la famille Frank[modifier | modifier le code]

La progression de l'antisémitisme et l'introduction des lois discriminatoires en Allemagne ont forcé la famille à émigrer à Amsterdam en 1933, où Otto avait établi une branche de sa compagnie de distribution d'épices. Les frères d'Edith, Walter (1897-1968) et Jules (1894-1967) se réfugièrent aux États-Unis en 1938 et sa mère Rosa Holländer quitta Aix-la-Chapelle en 1939 pour rejoindre la famille Frank à Amsterdam.

La clandestinité[modifier | modifier le code]

En 1940, les nazis envahirent les Pays-Bas et commencèrent à procéder à l'extermination des Juifs. Les enfants d'Edith Frank durent quitter leur école et son mari dut démissionner de son travail ainsi que de ses collègues hollandais Johannes Kleiman et Victor Kugler, qui aidèrent la famille à se cacher en 1942.

Pendant deux ans, la famille Frank vécut dans la clandestinité de la fameuse annexe avec quatre autres personnes (leurs voisins Hermann van Pels, son épouse et son fils Peter et le dentiste Fritz Pfeffer). C'est à cette époque que Anne Frank tint son journal intime rendu célèbre sous le nom de Journal d'Anne Frank. Les relations d'Edith avec sa fille étaient tendues et Anne écrivit dans son journal qu'elles avaient peu de choses en commun car sa mère était trop distante. Edith prend souvent la défense de ses filles lorsqu’il y a des conflits. Ses idées sur l’éducation sont modernes et elle considère ses filles comme des amies. Anne n’est pas d’accord. « C’est bien beau tout cela, mais une amie ne peut remplacer une mère. J’ai besoin de voir en ma mère un exemple et de la respecter. Maman est pour moi un exemple dans beaucoup de domaines, mais c’est justement le mauvais exemple. » Anne estime qu’elle se fait disputer trop souvent. Selon elle, sa mère « n’a aucun tact, aucune finesse de sentiment, aucune compréhension maternelle. » (27 février 1944). Elle ne supporte pas que sa mère se montre si sarcastique et ne cesse de se moquer.

La déportation[modifier | modifier le code]

Le 4 août 1944, Edith, avec sa famille et ses amis, est arrêtée et emmenée par la Gestapo allemande.

Après avoir été transportés au quartier général de la Gestapo où ils furent interrogés et détenus toute la nuit, Edith et les siens, furent transférés à la Huis van Bewaring (maison de détention), une prison surpeuplée sur le Weteringschans le 5 août 1944. Deux jours plus tard les huit prisonniers juifs furent transportés au camp de transit de Westerbork situé aux Pays-Bas. À l'époque plus de 100 000 Juifs y transitèrent. Ayant été arrêtés alors qu'ils se cachaient, ils étaient considérés comme criminels et furent donc envoyés aux baraquements de punition pour réaliser de lourds travaux.

Le 3 septembre 1944, la famille Frank fut déportée dans le dernier convoi de Westerbork pour le camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau en Pologne où ils arrivèrent dans la nuit du 5 au 6 septembre 1944, après un voyage de trois jours. Lors de la sélection des déportés, Edith est séparée de son mari Otto mais échappe à la chambre à gaz avec ses filles, Margot et Anne. Bloeme Evers-Emden parlait parfois avec Edith et ses filles, qu’elle connaissait du lycée juif d’Amsterdam. Après la guerre, elle déclare : « Il m’est arrivé de leur parler. Elles étaient toujours ensemble, la mère et ses deux filles. Les irritations que l’on devine dans le Journal avaient complètement disparu par les circonstances. Il fallait survivre. Elles étaient toujours toutes les trois et elles se sont sûrement beaucoup soutenues mutuellement. » Edith se lie également d’amitié avec Rosa de Winter. Rosa survivra au camp d’Auschwitz. Elle décrit en 1945 ses souvenirs du camp : « Toujours la sélection. Edith, une bonne camarade, est là aussi avec ses deux filles de 15 et 18 ans. Nous nous consolons et devenons amies, nous nous préparons au pire… Edith et moi sommes toujours ensemble… »

Dans ses mémoires, Rosa de Winter décrit aussi la mort d’Edith Frank : « Edith tombe malade, elle a beaucoup de fièvre. J’insiste pour qu’elle aille à l’hôpital ambulant, mais elle craint d’être gazée. Chaque semaine, le docteur Mengele se rend à l’infirmerie et en fait sortir les femmes qui d’après lui sont trop maigres pour rester en vie. Malgré tout j’y conduis Edith. Avec 41 degrés de fièvre, elle est immédiatement admise. » Cela se passe fin novembre 1944. Peu après Rosa tombe malade elle aussi et va à l’infirmerie. Début janvier 1945, il fait alors 40 degrés au-dessous de 0, Rosa est toujours à l’infirmerie. « Un matin, de nouveaux malades arrivent. Je reconnais Edith, elle vient d’une autre baraque. Elle n’est plus qu’une ombre. » Edith Frank meurt de faim et d'épuisement à l'infirmerie d'Auschwitz-Birkenau le 6 janvier 1945.